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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402586

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402586

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402586
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLOISEAU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A, qui contestait le rejet implicite de sa demande de titre de séjour "vie privée et familiale". Le tribunal a estimé que la requérante n'établissait pas avoir déposé un dossier de demande complet, les pièces jointes ne correspondant pas aux exigences du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 30 avril 2021. En conséquence, aucune décision implicite de rejet n'était née, rendant la requête irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Loiseau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 août 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle vit en concubinage sur le territoire français ; son compagnon vit régulièrement sur le territoire français depuis plus de neuf années ; elle participe à l'entretien et à l'éducation de sa fille au quotidien ; des membres de sa famille résident sur le territoire français ; elle s'est intégrée dans la société française ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant au sens des dispositions de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance, hors Nouvelle-Calédonie, des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Mme A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 10 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ". Aux termes de l'article R. 431-11 de ce code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". En vertu des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant quatre mois sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet.

3. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 11 août 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté implicitement sa demande de titre de séjour " vie privée et familiale ". Toutefois, si Mme A produit un courrier de demande adressé aux services de la préfecture du Puy-de-Dôme accompagné de son accusé-réception daté du 11 avril 2024, elle n'établit ni n'allègue que son dossier de demande est complet. Par ailleurs, si ce courrier fait état de pièces jointes, ces dernières ne correspondent pas aux pièces à fournir prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et par l'arrêté du 30 avril 2021. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'une décision implicite de rejet de sa demande est née à l'expiration d'un délai de quatre mois en application des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de Mme A est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 5 novembre 2024.

La présidente du tribunal,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA

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