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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402682

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402682

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402682
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A qui demandait la restitution de son passeport et de sa carte d'identité, ainsi que l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen. La juge des référés a estimé que la requérante ne justifiait pas de l'urgence nécessaire à la mise en œuvre de cette procédure, alors même qu'un précédent jugement du 3 septembre 2024 avait déjà enjoint ces mesures au préfet. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, la requête étant considérée comme manifestement dénuée de fondement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2024, Mme B A, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de procéder, d'une part à la restitution de son passeport ainsi que de sa carte d'identité et, d'autre part, à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dans un délai de 48h suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence fixée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie, dès lors, d'une part, que dépourvue de tout document d'identité, elle est obligée de limiter ses déplacements, et d'autre part, qu'étant signalée dans le système SIS aux fins de non-admission, elle risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français ;

- la situation dans laquelle elle se trouve caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à une vie privée et familiale et au droit à un recours effectif.

Une demande d'aide juridictionnelle au bénéfice de M. A a été enregistrée le 25 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Il résulte de l'instruction que par un jugement n° 2401996 du 3 septembre 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a enjoint au préfet du Puy-de-Dôme, à l'article 2 du jugement, de procéder sans délai à la suppression du signalement de Mme A aux fins de non-admission dans le Système d'Information Schengen et à la restitution de son passeport et de sa carte d'identité. Mme A soutient que le jugement n'a pas été exécuté. Toutefois, la requérante, à qui il appartient, si elle s'en croit fondée, de présenter une demande d'exécution de ce jugement sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, n'apporte aucun élément de nature à démontrer l'urgence de sa situation qui impliquerait qu'une mesure soit prise dans les quarante-huit heures.

4. Il suit de là que Mme A ne justifie pas de l'urgence conditionnant la mise en œuvre des pouvoirs dont le juge des référés est investi, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en vue d'assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

6. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". L'article 7 de la même loi dispose : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas manifestement irrecevable ou dénuée de fondement ". La requête de Mme A étant manifestement dénuée de fondement, il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La demande d'aide juridictionnelle provisoire de Mme A est rejetée.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 29 octobre 2024.

La juge des référés,

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240268

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