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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402700

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402700

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402700
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, Mme A C, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail, dans un délai de 48 h suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence fixée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie, dès lors que les versements de son aide personnalisée au logement et de sa bourse d'étude sont suspendus ; se retrouvant dans une situation extrêmement précaire, elle se trouve dans l'obligation de limiter ses déplacements, étant dans la crainte d'un contrôle de police, dans l'impossibilité de voyager pour rendre visite à sa mère atteinte d'une pathologie chronique et dès lors que les obstacles administratifs à sa régularisation ont un impact important sur sa santé mentale ;

- la situation dans laquelle elle se trouve caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à une vie privée et familiale, à son droit à se déplacer hors du territoire français et à son droit à exercer une activité professionnelle.

Une demande d'aide juridictionnelle au bénéfice de Mme C a été enregistrée le 25 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Il résulte de l'instruction que Mme C est entrée régulièrement en France le 14 août 2022 sous couvert d'un visa de long séjour mention " mineur scolarisée " valable jusqu'au 6 octobre 2023. Elle a présenté auprès du préfet du Puy-de-Dôme, par un courrier du 22 septembre 2023 reçu le 25 suivant, une demande de carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale ". Par un courrier du 19 octobre 2023, les services de la préfecture du Puy-de-Dôme ont retourné le dossier à l'intéressée en précisant que celui-ci était incomplet et ce, en précisant les documents manquants. Par courrier du 6 septembre 2024, reçu le 9 septembre 2024 par les services de la préfecture, Mme C a de nouveau présenté une demande de carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale ". Par courrier du 14 octobre 2024, la requérante a demandé à l'administration de lui remettre un récépissé de sa demande de titre de séjour. La requérante invoque sa situation précaire, son état de santé, la limitation de ses déplacements et son souhait de pouvoir rendre visite à sa mère qui réside au Maroc et qui est atteinte d'une pathologie. Toutefois, la requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer l'urgence de sa situation qui impliquerait qu'une mesure soit prise dans les quarante-huit heures. Il suit de là que Mme C ne justifie pas de l'urgence conditionnant la mise en œuvre des pouvoirs dont le juge des référés est investi, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en vue d'assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". L'article 7 de la même loi dispose : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas manifestement irrecevable ou dénuée de fondement ". La requête de Mme C étant manifestement dénuée de fondement, il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La demande d'aide juridictionnelle provisoire de Mme C est rejetée.

Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Clermont-Ferrand, le 30 octobre 2024.

La juge des référés,

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402700

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