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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402712

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402712

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402712
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, Mme C A, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 h suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence fixée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie, dès lors que son titre de séjour étudiant expirant le 27 octobre 2024, elle ne peut pas poursuivre l'exécution de son contrat de travail mettant ainsi en danger le bon déroulement de sa formation. Par ailleurs, son employeur menace de la licencier faute de document régularisant son séjour en France et le versement de son aide personnalisée au logement va être suspendu. Enfin, elle se trouve dans l'impossibilité de voyager pour rendre visite à sa famille ;

- la situation dans laquelle elle se trouve caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à une vie privée et familiale, à son droit de se déplacer hors de France, et à son droit à exercer une activité professionnelle.

Une demande d'aide juridictionnelle au bénéfice de Mme A a été enregistrée le 31 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Il résulte de l'instruction que Mme A est titulaire de titres de séjour en qualité d'étudiante depuis le 22 décembre 2022, dont le dernier a expiré le 27 octobre 2024. Afin qu'elle puisse effectuer une troisième année de licence DI Informatique et modélisation à l'université Clermont Auvergne, son employeur a obtenu une autorisation provisoire de travail pour un contrat d'apprentissage le 30 août 2024. L'intéressée a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour le 21 août 2024. La requérante soutient que son titre de séjour expirant, elle ne peut plus poursuivre l'exécution de son contrat d'apprentissage et ses aides au logement vont être suspendues. Toutefois, la requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer l'urgence de sa situation qui impliquerait qu'une mesure soit prise dans les quarante-huit heures. Il suit de là que Mme A ne justifie pas de l'urgence conditionnant la mise en œuvre des pouvoirs dont le juge des référés est investi, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en vue d'assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". L'article 7 de la même loi dispose : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas manifestement irrecevable ou dénuée de fondement ". La requête de Mme A étant manifestement dénuée de fondement, il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La demande d'aide juridictionnelle provisoire de Mme A est rejetée.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 4 novembre 2024.

La juge des référés,

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240271

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