vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402716 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | NUGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2024, Mme C B et M. A F, représentés par la SCP Loiacono-Morel-Massénat, Me Loiacono, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au contradictoire de la communauté de communes Moulins Communauté aux fins de déterminer la nature et l'étendue des désordres affectant leur propriété située au 58 route de Montilly à Moulins ;
2°) de mettre à la charge de Moulins Communauté la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de réserver les dépens.
Ils soutiennent que :
- dans le cadre de la construction d'un pont sur l'Allier, Moulins Communauté a fait procéder à un référé préventif dans lequel ils étaient parties et dont l'expert, M. E, a rendu son rapport le 16 novembre 2021 ;
- suite à ces travaux, ils ont constaté une aggravation des fissures en façade et l'apparition de fissures à l'intérieur, et sollicitent une nouvelle mesure d'expertise qui s'inscrit dans le strict respect des principes régissant le référé ;
- ils n'ont fait l'objet d'aucune indemnisation alors que leur propriété est la plus touchée par les premiers travaux de préparation du chantier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, la communauté d'agglomération de Moulins, représentée par l'AARPI Adaltys Avocats, Me Nugue, demande au juge des référés :
- de prendre acte de ses protestations et réserves et de modifier la mission de l'expert ;
- de rejeter les conclusions des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de réserver les dépens.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Aux termes de l'article R. 532-1-1 du même code, il peut " charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / (). / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. (). / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12 "
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R.532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait de dommages imputés à des travaux publics, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit ou de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert désigné par le président du tribunal préalablement à la réalisation des travaux de construction d'un deuxième pont sur l'Allier, que la maison de Mme B et de M. F est " probablement la plus touchée par les premiers travaux et présente des fissurations principales localisées en façade sur rue et en mur long (pan Sud-Est), les façades Nord-Ouest et Nord-Est étant moins touchées ". Mme B et de M. F font valoir que les fissurations se sont aggravées et apparaissent même à l'intérieur de leur maison. L'expertise demandée apparaît donc utile pour déterminer les causes exactes de l'aggravation des désordres sur leur propriété. Elle entre ainsi dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à leur demande et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. Il n'appartient pas à la juridiction administrative de donner acte de protestations et de réserves. Par suite les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
5. Il appartient à la présidente de la juridiction et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Les conclusions tendant à réserver les dépens ne peuvent être accueillies.
6. Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit aux conclusions de Mme B et de M. F, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. D E, 4 rue des Poilus à Ceyrat (63122), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre toutes les parties concernées et tout sachant ; prendre connaissance de tous documents utiles et établir tous plans, croquis, schémas ou photographies utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2° - procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres qui affectent la propriété des requérants en indiquant leur date d'apparition, leur progression, et indiquer si une aggravation a été constatée, notamment depuis le dépôt du premier rapport le 18 novembre 2021, en précisant les périodes concernées ; dire si ceux-ci compromettent la solidité de l'ouvrage immobilier ou le rendent impropre à sa destination ;
3° - donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres dont s'agit, déterminer si ces désordres sont directement ou indirectement liés aux travaux de construction du pont sur l'Allier, et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ; fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, de déterminer les responsabilités encourues ;
4° - indiquer la nature, la durée et le coût des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la conformité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination ; en cas d'urgence, prescrire toute mesure conservatoire ;
5° - donner son avis sur les préjudices de toute nature causés à Mme B et M. F par lesdits désordres et en évaluer le montant ;
6° - tenter de concilier les parties, si faire se peut, sous réserve d'en informer préalablement la présidente du tribunal, et après le dépôt de son rapport.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Les mesures d'expertise se dérouleront au contradictoire de Mme B et/ou M. F et de Moulins Communauté.
Article 4 : L'expert qui se rendra sur les lieux, se fera communiquer tous documents nécessaires à l'accomplissement de sa mission et il pourra entendre toute personne susceptible de l'éclairer.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Il déposera son rapport au greffe du tribunal sous forme électronique par le biais de la plateforme TransfertPro dans le délai de 3 mois à compter de la notification de la présente décision accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée Mme C B, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à Moulins Communauté et à M. D E, expert.
Fait à Clermont-Ferrand, le 13 décembre 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026