jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402761 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2024, M. A B, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, Me Demars, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 22 octobre 2024 par laquelle le préfet du
Puy-de-Dôme a refusé de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jours de retard ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme en l'absence de signature de son auteur, de son nom, de son prénom et de sa qualité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le refus d'enregistrement de sa demande est fondé sur le motif tiré de l'incomplétude de son dossier ; il a transmis l'avis favorable rendu par la plateforme en charge de la main-d'œuvre étrangère aux services de la préfecture du Puy-de-Dôme ; l'avis d'imposition n'est pas au nombre des pièces justificatives exigées par l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 4 novembre 2024.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance, hors Nouvelle-Calédonie, des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ". Aux termes de l'article R. 431-11 de ce code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ".
3. Le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour en raison du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence notamment de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.
4. Par un courrier du 18 juin 2024 réceptionné par les services de la préfecture du Puy-de-Dôme le 20 juin 2024, M. B a déposé une demande de titre de séjour d'une durée de dix ans sur le fondement des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-tunisien et, à titre subsidiaire, une demande de carte de séjour temporaire mention " entrepreneur profession libérale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un courrier du 22 octobre 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour en l'absence d'un avis d'impôt sur le revenu de 2023 établi en 2024 et d'un avis favorable émis par la plateforme en charge de la main d'œuvre étrangère.
5. Toutefois, si le requérant soutient avoir produit cet avis par un courrier du 3 juillet 2024, il ressort des pièces du dossier que par un courriel du 15 octobre 2024, les services de la préfecture l'ont informé de l'absence de dossier de demande de titre de séjour à son nom. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutient M. B, il ressort du point 2.4 de l'annexe relative à la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " entrepreneur profession libérale " que celle-ci est soumise à la production de l'avis d'impôt sur le revenu qui lui est réclamé. Dans ces conditions, M. B n'établit pas que son dossier de demande de titre de séjour est complet, notamment au regard des pièces à fournir, en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 30 avril 2021. Dès lors, la décision susmentionnée par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ne constitue pas une décision faisant grief pouvant faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
6. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au Préfet du Puy-de-Dôme.
Fait à Clermont-Ferrand, le 7 novembre 2024.
La présidente du tribunal,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.AA
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