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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402877

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402877

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402877
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. A, qui contestait un arrêté préfectoral l’assignant à résidence pour 45 jours. Le requérant invoquait notamment l’insuffisance de motivation, l’illégalité de la décision de refus de séjour sous-jacente, et l’absence de perspective raisonnable d’éloignement en raison de tensions diplomatiques avec l’Algérie. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’exception d’illégalité comme inopérant, l’assignation à résidence n’étant pas fondée sur le refus de séjour. Il a également jugé que les tensions diplomatiques invoquées ne suffisaient pas à démontrer l’absence de perspective raisonnable d’éloignement au sens de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et un mémoire, enregistrés le 15 novembre 2024 et le 26 novembre 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, Me Bourg, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer l'entier dossier en sa possession ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de l'admettre au séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'en raison de tensions diplomatiques, l'Algérie ne délivre plus de laissez-passer consulaires pour ses ressortissants et, qu'en conséquence, il n'y a pas de perspective raisonnable à son éloignement.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Nivet, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 novembre 2024 à 10h00, en présence de Mme Petit, greffière :

- le rapport de M. Nivet,

- Me Bourg, représentant M. A, qui fait valoir que la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, qu'il n'y a pas de perspective raisonnable à l'éloignement de son client en raison des tensions diplomatiques qui existent avec l'Algérie et qui déclare abandonner le moyen tiré de la méconnaissance du droit à la vie privée et familiale de son client.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux décisions du 8 septembre 2022, le préfet du Rhône a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 18 mois et l'a assigné à résidence. Par une première décision du 13 novembre 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par une seconde décision du même jour, il l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cette dernière décision.

2. En premier lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.

4. En l'espèce, la décision d'assignation à résidence n'a pas été prise pour l'application de la décision de refus de titre de séjour, décision de refus de séjour qui ne constitue pas la base légale de la décision d'assignation à résidence. En conséquence, un tel moyen doit être écarté comme inopérant.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

6. La seule circonstance qu'il existe des tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie ne suffit pas à établir que l'éloignement de M. A ne demeure pas une perspective raisonnable alors qu'il ressort des termes de la décision attaquée que ce dernier est démuni de document d'identité et de voyage et qu'il est nécessaire d'obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner le supplément d'instruction demandé, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente à fin d'injonction et au titre des frais du litige doivent être écartées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

C. NIVETLa greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402877

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