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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402909

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402909

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402909
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A, qui contestait le refus implicite du préfet du Puy-de-Dôme de modifier sa date de naissance sur sa carte de résident permanent. Le juge a estimé que le silence gardé par l'administration sur cette demande n'avait pas fait naître une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir, car il ne modifiait ni l'ordonnancement juridique ni la situation matérielle de l'intéressé. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 novembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de modifier la date de naissance figurant sur sa carte de résident permanent ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une nouvelle carte de résident permanent sur laquelle il y serait inscrit une date de naissance fixée au 3 septembre 1940, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette même autorité de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 25 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité tunisienne, est titulaire depuis le 25 mai 2022 d'une carte de résident permanent, dont la validité expire le 24 mai 2032. Ce document mentionne, comme date de naissance, le 3 décembre 1940. Par un courrier en date du 18 septembre 2024, réceptionné le lendemain, l'intéressé, a par le biais de son conseil, adressé au préfet du Puy-de-Dôme une demande de modification de cette mention, compte tenu de son caractère erroné. Toutefois, alors qu'il est constant que M. A est titulaire de son titre de séjour depuis le mois de mai 2022, soit plus de deux ans, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait fait mention de cette prétendue inexactitude auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme lorsque ledit document lui a été délivré, alors qu'il lui était pourtant loisible de procéder à une telle démarche. Par ailleurs, si le courrier précité du 18 septembre 2024 mentionne notamment que l'erreur figurant sur sa carte de résident lui cause " d'importantes difficultés lors de ses déplacements en Tunisie, notamment auprès des services de l'immigration de cet Etat ", il ne l'établit pas. En tout état de cause, à supposer même que l'erreur alléguée par le requérant soit avérée, le silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme sur sa demande du 18 septembre 2024 n'a, quant à elle, aucunement modifié l'ordonnancement juridique, ni la situation matérielle de l'intéressé et n'a donc pu faire naître une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

3. Il résulte ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de M. A, qui est entachée d'une irrecevabilité manifeste, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 9 décembre 2024.

La présidente du tribunal,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.zr

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