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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402973

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402973

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402973
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme B épouse C, qui demandait le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d’un récépissé. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions tendant à l’annulation d’une décision administrative ou à la condamnation d’une personne publique, mais seulement une demande d’injonction. À supposer qu’elle ait saisi le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, l’urgence n’était pas démontrée. La décision a été prise en application des articles R. 222-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2024, Mme A B épouse C saisit le tribunal d'un litige relatif à sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance :() / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n'appartient au juge administratif ni d'adresser des injonctions à l'administration ni de faire lui-même œuvre d'administrateur en se substituant à celle-ci.

4. Dans sa requête, Mme B épouse C se borne à demander au tribunal de " considérer [sa] requête " afin qu'elle puisse obtenir un récépissé de sa demande de titre de séjour. En l'absence de conclusions aux fins d'annulation d'une décision administrative implicite ou expresse, ni aux fins de condamnation d'une personne publique, il n'appartient pas au juge administratif de faire œuvre d'administrateur, si bien que les conclusions présentées par Mme B épouse C sont entachées d'une irrecevabilité manifeste.

5. D'autre part, et en tout état de cause, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

6. Mme B épouse C saisit le tribunal d'un " recours devant le juge administratif pour demande urgente de renouvellement de titre de séjour ". A supposer que la requérante, qui ne précise pas le fondement juridique de sa demande, entende saisir le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administratif, afin qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, elle se borne à évoquer, pour justifier de l'urgence de sa demande, un risque de perdre son contrat de travail, sans toutefois apporter d'éléments au soutien de cette allégation. Dans ces conditions, la requérante ne démontre pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

7. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions précitées des articles R. 222-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de Mme B épouse C comme étant manifestement irrecevable.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C.

Fait à Clermont-Ferrand, le 3 décembre 2024.

La présidente du tribunal,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.JC

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