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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2403070

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2403070

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2403070
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantREMEDEM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. A, ressortissant albanais, qui contestait la décision du préfet du Puy-de-Dôme du 3 décembre 2024 l’assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a écarté les moyens d’incompétence, de défaut de motivation et d’absence d’examen réel de la situation, estimant que la décision était régulièrement signée et suffisamment motivée. Il a également rejeté le moyen d’erreur manifeste d’appréciation, faute de précisions apportées par le requérant. La solution retenue s’appuie sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, M. C A, représenté par Me Remedem, avocat, demande au tribunal d'annuler la décision du 3 décembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour la durée de 45 jours.

M. A soutient que la décision attaquée est :

- entachée d'incompétence dès lors que la compétence de son signataire n'est pas établie ;

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Le dossier de la présente instance a été communiqué, en son intégralité, au préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas présenté d'observation.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer en application de l'article L. 776-1 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jurie, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Remedem, représentant M. A, qui a repris les moyens de la requête et a indiqué qu'il n'avait pu avoir aucun contact avec le requérant depuis le dépôt de son recours.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision en date du 3 décembre 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a assigné à résidence M. A, ressortissant albanais, pour la durée de 45 jours. Le requérant demande l'annulation de cette décision.

2. La décision en litige a été signée par Mme B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la direction de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture du

Puy-de-Dôme, qui disposait d'une délégation de signature à l'effet de signer l'acte attaqué, en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 30 mai 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de ce département. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, préalablement à l'édiction de l'assignation à résidence en litige, l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.

4. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a assigné M. A à résidence comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

5. À l'appui de ses conclusions à fin d'annulation, M. A a soutenu que l'assignation à résidence en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, ni dans ses écritures, ni à l'audience, le requérant n'a exposé en quoi consisterait l'erreur manifeste d'appréciation ainsi invoquée. Dès lors, ce moyen qui n'est pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, ne peut qu'être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 décembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour la durée de 45 jours.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

G. JURIE

La greffière,

C. HUMEZ

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403070

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