mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2403072 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Deme, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 4 mai 2022 par laquelle la préfète de l'Allier a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de lui délivrer un titre de séjour, mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que :
* sa requête en annulation auprès du tribunal a été enregistrée il y a plus de deux ans et demi et le délai de traitement de son dossier génère une situation d'urgence ; il est continuellement maintenu dans une situation de précarité, il lui est matériellement impossible de se loger décemment et il est sans domicile fixe ;
* sa drépanocytose s'est aggravée, particulièrement depuis le mois de juillet 2024 et il doit subir une nouvelle intervention en mars 2025 ; or, il est inquiétant d'imaginer la perspective de son futur suivi et sa prochaine rééducation alors qu'il se trouve sans domicile fixe ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète n'a pas saisie au préalable la commission du titre de séjour ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et sérieux de sa situation ;
* la préfète a commis une erreur de droit dès lors qu'elle ne lui a pas communiqué, notamment par la délivrance de documents complémentaires et l'ajout de mentions adéquates sur la décision attaquée, la teneur des anomalies retenues sur ses documents d'identité ;
* la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la requête n° 2201665 enregistrée le 26 juillet 2022 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;
- l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien, est entré irrégulièrement en France le 12 janvier 2019. Après avoir été placé auprès de l'aide sociale à l'enfance par un jugement en date du 7 mars 2019, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " le 31 décembre 2021. Par un arrêté du 4 mai 2022, la préfète de l'Allier a refusé de faire droit à cette demande. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision précitée portant refus de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision attaquée, M. A se prévaut du délai de traitement de sa requête en annulation ainsi que de son état de santé et de ses conditions de vie actuelles sur le territoire français. Il soutient à ce titre que la maladie dont il est affecté, la drépanocytose, s'est aggravée au cours de l'année 2024 et qu'il devra subir une prochaine opération en mars 2025, ceci alors même qu'il est actuellement sans domicile fixe. Toutefois, ces éléments sont sans incidence sur l'appréciation de la condition d'urgence à suspendre la décision attaquée, qui a été édictée il y a un peu plus de deux ans. De plus, la requête au fond n° 2201665 sera appelée au rôle d'une audience en janvier 2025. Dans ces conditions, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 décembre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.zr
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