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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2403147

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2403147

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2403147
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B. Celui-ci demandait la suspension d'une décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier d'une situation nécessitant une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La requête a donc été rejetée sans examen de l'atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2024, M. A B, représenté par la SELARL Environnement Droit Public, Me Metenier-Grand, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision du 14 décembre 2023 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon ayant refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident qu'il a déclaré le 8 juin 2023 ;

2°) d'enjoindre à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon de mettre fin aux diverses violations des libertés fondamentales dont il estime être victime ;

3°) d'enjoindre à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon le réexamen de sa situation dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite : il n'est pas en capacité de se soigner correctement et a besoin de faire reconnaître sa souffrance ; sa situation financière est dégradée d'autant qu'il est en instance d'être placé en position de disponibilité dès lors qu'il passe outre les avis des experts missionnés ;

- la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale est remplie dès lors que l'absence de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ne lui permet pas de se soigner correctement et de subvenir correctement aux besoins de sa famille et l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime est justifiée au regard des faits de harcèlement moral dont il a été victime.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, () qu'elle est mal fondée (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais particulièrement brefs.

3. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, justifiant l'intervention d'un juge dans un bref délai, M. B fait valoir qu'il n'est pas en capacité de se faire soigner et de subvenir aux besoins de sa famille du fait du refus de l'administration de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont il estime avoir été victime le 8 juin 2023. Toutefois, la décision de refus d'imputabilité au service d'un accident n'est pas à l'origine directement des difficultés financières du requérant. En outre, M. B ne justifie pas, en l'état de l'instruction, d'une situation d'urgence particulière nécessitant l'intervention du juge des référés dans un délai de seulement quarante-huit heures. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'atteinte grave et manifestement illégale à une ou plusieurs libertés fondamentales, la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 17 décembre 2024.

La juge des référés

C. BENTÉJAC

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403147

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