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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2403199

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2403199

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2403199
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFAURE-CROMARIAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Faure Cromarias, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 25 septembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour du 16 septembre 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé de cette demande l'autorisant à travailler, valable pendant la durée de l'instruction de sa demande, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est caractérisée dès lors qu'il se trouve dans l'impossibilité de faire reconnaître son droit au séjour mais également de faire examiner sa demande de droit au séjour ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- le refus d'enregistrer sa demande de titre de séjour s'analyse en un refus de titre de séjour ; il n'existe aucune base légale pour refuser d'enregistrer une demande de titre de séjour ; sa situation a changé depuis le 22 décembre 2021 ;

- il justifie d'une présence en France depuis plus de dix ans qui lui permette de prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne fait pas référence à sa situation personnelle ; elle ne vise pas de dispositions applicables ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale au regard de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il justifie d'une présence sur le territoire français depuis plus de dix ans ; il s'est parfaitement intégré à la vie et à la société française ; il a effectué de multiples contrats de travail que ce soit dans le cadre du travail temporaire ou de contrats à durée déterminée afin de subvenir à ses besoins ; il souffre de troubles psychiques et psychiatriques importants ; il réside chez son père depuis son arrivée en France.

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 16 septembre 2024 auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme sur le fondement des articles 6-1 de l'accord franco-algérien et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par une décision du 25 octobre 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision et d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme d'enregistrer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A se prévaut de ce qu'il se trouve dans l'impossibilité de faire examiner et reconnaître son droit au séjour. Toutefois, il est constant que le requérant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 22 décembre 2021, notifiée le

6 janvier 2022 et confirmée par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 20 octobre 2023, qu'il n'a pas mis à exécution. Compte tenu de la situation administrative dans laquelle se trouve l'intéressé, la décision attaquée n'opère aucun changement de situation et, en particulier, elle n'a pas pour conséquence de le priver de moyen de subsistance. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 26 décembre 2024.

La présidente,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.AA

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