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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2500035

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2500035

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2500035
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a été saisi en référé suspension par M. A, ressortissant guinéen, contestant le refus implicite du préfet du Puy-de-Dôme de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle "bénéficiaire de la protection subsidiaire". En cours d'instance, le préfet a délivré un nouveau titre de séjour à M. A, abrogeant la décision contestée. M. A s'est alors désisté de ses conclusions principales, mais a maintenu sa demande de frais irrépétibles. Le tribunal a pris acte de ce désistement et a condamné l'État à verser 900 euros à son avocat au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, en raison des dysfonctionnements de l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Drobniak, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 janvier 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa requête tendant à l'annulation de cette décision, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est caractérisée dès lors qu'il a sollicité le renouvellement de sa carte pluriannuelle mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ; il s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction valable du 8 septembre 2023 au 7 mars 2024 qui n'a pas été renouvelée ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ; il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs par courrier du 14 juin 2024 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions des articles L. 424-9 et L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été accordé par l'office français de protection des réfugiés et apatrides ; il justifie de la régularité de son séjour en France sur la période du 22 octobre 2019 au 7 mars 2024 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis plus de 14 ans et depuis sa majorité en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire ; il s'est vu reconnaître, ainsi que son épouse, la qualité de réfugié.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 janvier 2025, le préfet du Puy-de-Dôme conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer dès lors que par une décision du

10 janvier 2025, il a été décidé de délivrer à M. A une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " valable du 11 janvier 2024 au 10 janvier 2028 qui est en cours de fabrication, et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- M. A a présenté tardivement sa demande de renouvellement de titre de séjour au regard du délai fixé par l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- une décision favorable sur sa demande de titre de séjour a été prise le

10 janvier 2025 abrogeant la décision implicite de rejet en litige.

Par un mémoire enregistré le 27 janvier 2025, M. A déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation et maintient ses conclusions au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 3 décembre 2024.

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;

- M. Drobniak, avocate de M. A, qui fait valoir que la demande présentée au titre des frais au litige est fondée au regard du retard et des dysfonctionnements des services de la préfecture du Puy-de-Dôme dans la délivrance du titre de séjour.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ", arrivée à expiration le 21 octobre 2023, auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme le 8 septembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 janvier 2024 née du silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme sur cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Si par un mémoire enregistré le 27 janvier 2025 M. A entend se désister de ses conclusions " tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet " en litige, ce dernier doit être regardé, eu égard aux précisions apportées par son conseil lors de l'audience publique, comme se désistant de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Ce désistement partiel étant pur et simple, il y a lieu d'en donner acte.

4. Dans les circonstances de l'espèce, sans qu'il soit besoin d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 28 janvier 2025.

La présidente,

Juge des référés

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.AA

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