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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2500220

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2500220

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2500220
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion sans délai des occupants sans droit ni titre des parcelles du domaine public ferroviaire situées dans l'emprise de la gare de Randan. La société SNCF Réseau, gestionnaire du domaine public ferroviaire en vertu des articles L. 2111-1 et L. 2111-20 du code des transports, a démontré l'urgence liée aux risques de sécurité (proximité des voies, branchements électriques sauvages) et à l'obstacle aux travaux ferroviaires. La demande ne se heurtant à aucune contestation sérieuse, le juge a autorisé la SNCF à procéder à la libération des lieux, au besoin avec le concours de la force publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2025, la société SNCF Réseau, représentée par Me Büsch, demande au juge des référés d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à Mmes B et C Michelet et à M. A D ainsi qu'aux autres occupants sans droit ni titre de libérer sans délai les parcelles cadastrées n° 90 de la section AE et n° 41 de la section ZW situées dans l'emprise de la gare de Randan (Puy-de-Dôme), de l'autoriser à procéder, à compter de la notification de l'ordonnance, et au besoin avec le concours de la force publique, à la libération du domaine public et à l'expulsion des occupants et à évacuer et mettre au rebut l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par les occupants.

Elle soutient que :

- les parcelles en litige sont occupées par des personnes appartenant à la communauté des gens du voyage sans qu'une identification plus précise soit possible hormis celle de Mmes B et C Michelet et M. A D ; ces personnes ne bénéficient d'aucun droit ni titre à l'effet d'occuper les parcelles du domaine public ferroviaire ;

- la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- il y a urgence à ordonner l'expulsion des occupants dès lors que les caravanes sont situées à proximité des voies ferrées de la ligne Vichy-Riom et que des enfants sont susceptibles de jouer à proximité de celles-ci ; les occupants ont procédé à des branchements sauvages électriques qui compromettent leur sécurité et celles des agents de la SNCF et des salariés de l'occupant privatif autorisé ; cette occupation fait obstacle à l'occupation paisible et légale de la parcelle AE 41 par la société Maison Seguin Jacques qui exerce une activité de commerce de gros de matériaux de construction ; des travaux ferroviaires qui étaient prévus dans la nuit du 21 au 22 novembre 2024 ont été annulés en raison des problèmes de sécurité dus à la présence de ces occupants sans droit ni titre.

L'ensemble des diligences ont été accomplies par le greffe pour notifier la procédure aux défendeurs qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Caraës, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 février 2025 à 11h45 en présence de Mme Blanc, greffière :

- le rapport de Mme Caraës, juge des référés,

- les observations de Me Virassany, substituant Me Büsch, représentant la SNCF Réseau qui reprend les termes de ses écritures ;

- et les observations de M. A D, représentant les occupants sans droit ni titre, qui indique que leurs enfants sont scolarisés, qu'une personne est souffrante et ne peut être déplacée qu'avec difficulté, qu'ils sont prêts à participer financièrement à leur consommation d'eau et d'électricité, que, lors de leur installation, ils se sont signalés auprès de la mairie qui a fait livrer des conteneurs pour les déchets et que des agents leur auraient indiqué qu'ils pouvaient stationner sur le site.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La société SNCF Réseau demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre aux occupants sans droit ni titre de libérer sans délai les parcelles cadastrées n° 90 de la section AE et n° 41 de la section ZW situées dans l'emprise de la gare de Randan (Puy-de-Dôme).

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".

3. Saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'occupants sans titre, le juge des référés y fait droit dès lors qu'il est compétent pour en connaître, qu'au jour où il statue, la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.

4. Les biens immobiliers appartenant à une personne publique et affectés au service public du transport ferroviaire ont le caractère de dépendances du domaine public. L'article L.-2111-1 du code des transports dispose que : " () La société SNCF Réseau est attributaire des lignes du réseau ferré national, propriété de l'Etat ". Le I de l'article L. 2111-20 du même code précise que : " La société SNCF Réseau et sa filiale mentionnée au 5° de l'article L. 2111-9 exercent tous pouvoirs de gestion sur les biens immobiliers qui leur sont attribués par l'Etat ou qu'elles acquièrent au nom de l'Etat. () / Elles assument toutes les obligations du propriétaire. Elles agissent et défendent en justice aux lieu et place de l'Etat ". Il résulte de ces dispositions que la société SNCF Réseau assume, directement ou par l'intermédiaire d'une filiale, toutes les obligations du propriétaire pour les biens relevant du domaine public ferroviaire que l'Etat lui a attribués.

5. Il résulte de l'instruction et notamment d'un procès-verbal de constat d'un commissaire de justice du 27 décembre 2024, que trois véhicules légers et cinq caravanes sont stationnés, sans autorisation, sur une dépendance domaniale ferroviaire cadastrée n° 90 de la section AE et n° 41 de la section ZW situées dans l'emprise de la gare de Randan dont l'accès avait été condamné par la pose de blocs de béton à proximité des voies ferrées. Le commissaire de justice a également constaté qu'un tuyau d'eau a été tiré pour acheminer l'eau depuis le bâtiment de l'ancienne gare et qu'un branchement électrique illicite a été effectué depuis un compteur situé à proximité du site.

6. La présence des occupants sans droit ni titre sur le domaine public ferroviaire est susceptible de générer de graves conséquences pour leur sécurité et celle des installations compte tenu de la présence d'enfants et de la proximité de la voie ferrée mais aussi en raison d'un branchement sauvage en électricité dont le câble est posé à même le sol. Si les occupants sans droit ni titre font valoir qu'une personne du groupe souffre d'une pathologie grave et ne peut se déplacer, ils ne l'établissent pas. Par ailleurs, la circonstance que des enfants des familles occupant le site soient scolarisés n'est pas de nature à faire obstacle à la mesure d'expulsion sollicitée dès lors que des motifs de sécurité publique la justifient et que les enfants pourront bénéficier d'une scolarisation à proximité d'un lieu approprié, tels les aires prévues à cet effet dont il n'est pas établi qu'elles ne disposeraient pas de places disponibles, pour accueillir les familles.

7. Il en résulte que la mesure sollicitée, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, présente un caractère d'urgence et d'utilité au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

8. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à Mmes C et B Michelet, à M. A D ainsi qu'à tous les occupants sans droit ni titre des parcelles cadastrées n° 90 de la section AE et n° 41 de la section ZW situées dans l'emprise de la gare de Randan d'évacuer les lieux dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance en emportant avec eux les véhicules immatriculés CV 579 GF, EF 516 AB et FA 363 ZK ainsi que les caravanes 1742 XT 42, BY 565 AR, AC 053 YJ, DJ 426 XR et EF 639 LX. En cas de refus d'exécuter cette injonction, la société SNCF Réseau pourra faire procéder à leur expulsion, au besoin, avec le concours de la force publique. Il y a lieu, en outre, d'autoriser SNCF Réseau à évacuer l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par les occupants.

O R D O NNE :

Article 1er : Il est enjoint, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, à Mmes C et B Michelet, à M. A D ainsi qu'à tous les occupants sans droit ni titre d'évacuer les parcelles cadastrées n° 90 de la section AE et n° 41 de la section ZW situées dans l'emprise de la gare de Randan en emportant avec eux les véhicules immatriculés CV 579 GF, EF 516 AB et FA 363 ZK ainsi que les caravanes 1742 XT 42, BY 565 AR, AC 053 YJ, DJ 426 XR et EF 639 LX. A défaut, il pourra être procédé à l'évacuation du domaine public avec le concours de la force publique.

Article 2 : La société SNCF Réseau est autorisée à évacuer et mettre au rebut l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par les occupants.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société anonyme (SA) SNCF Réseau, à Mmes C et B Michelet, à M. A D ainsi qu'à tous les occupants sans droit ni titre des parcelles cadastrées n° 90 de la section AE et n° 41 de la section ZW situées dans l'emprise de la gare de Randan.

Fait à Clermont-Ferrand, le 6 février 2025.

La juge des référés,

R. CARAËS

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2500220

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