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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2500550

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2500550

mercredi 5 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2500550
TypeDécision
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDROBNIAK

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. A, ressortissant albanais, qui contestait son assignation à résidence dans le département du Puy-de-Dôme pour 45 jours. Le requérant invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale, car cette mesure l'empêchait d'exercer un droit de visite mensuel chez ses enfants à Grenoble. Le tribunal a jugé que la décision n'était pas entachée d'erreur d'appréciation, l'intéressé pouvant solliciter une autorisation préalable pour se déplacer. La solution retenue s'appuie sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bentéjac, vice-présidente, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 mars 2025 à 10 heures :

- le rapport de Mme Bentéjac ;

- les observations de Me Vaz-de-Azevedo, substituant Me Drobniak, qui fait valoir que la décision attaquée fait obstacle à ce que M. A puisse exercer son droit de visite à ses enfants.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais, est entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2019 où sa demande d'asile a été rejetée définitivement par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 26 février 2020. Par une décision du 12 décembre 2019, confirmée par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 11 mars 2020, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une décision du 19 décembre 2023, confirmée par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 21 février 2025, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par une décision du 22 février 2025, le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours avec l'obligation de se présenter tous les jours aux services de police de Clermont-Ferrand et l'interdiction de sortir du département du Puy-de-Dôme sans autorisation préalable. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette dernière décision.

2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. Jean-Paul Vicat, secrétaire général de préfecture, qui disposait d'une délégation de signature établie par arrêté du préfet du 10 décembre 2024 publié au recueil des actes administratifs spécial du 13 décembre 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

4. En troisième lieu, M. A soutient que la décision portant assignation à résidence en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale dès lors qu'elle lui interdit de sortir du département du Puy-de-Dôme alors qu'il dispose, par ordonnance du 19 mars 2024 du juge de la mise en état du tribunal judiciaire de Grenoble d'un droit de visite mensuel de ses deux enfants qui résident à Grenoble. Toutefois, si l'arrêté indique qu'il est interdit à M. A de sortir du département, il précise également, en son article 3, qu'une telle interdiction est édictée sauf autorisation préalable de sorte qu'il est loisible à l'intéressé de solliciter une autorisation auprès de l'administration afin qu'il puisse honorer son droit de visite mensuel. La décision n'est, dès lors, pas entachée d'erreur d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 février 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2025.

La magistrate désignée,

C. BENTÉJAC La greffière,

P. CHEVALIER

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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