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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2500873

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2500873

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2500873
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFAURE-CROMARIAS

Texte intégral

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bentéjac, vice-présidente, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendu au cours de l'audience publique du 9 avril 2025 :

- le rapport de Mme Bentéjac, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Faure-Cromarias, avocate de Mme D, qui entend soulever l'illégalité de la décision d'assignation à résidence par voie d'exception de l'illégalité de l'arrêté du 3 mai 2024 portant transfert de Mme D aux autorités espagnoles ; Mme D a accouché d'une fille de nationalité guinéenne pour laquelle elle a sollicité l'asile en France ; la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'elle a pour effet de la séparer de sa fille et de son conjoint qui se trouve en situation régulière sur le territoire français. Elle demande également d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme d'enregistrer la demande d'asile de sa fille.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante guinéenne, a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 3 mai 2024 portant transfert aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile. Mme D ayant été déclarée en fuite, le préfet du Puy-de-Dôme l'a, par une décision du 21 mars 2025, assignée à résidence pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cette dernière décision.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme E C, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration à la préfecture du Puy-de-Dôme, qui avait reçu délégation de signature à cet effet par un arrêté du préfet du 30 mai 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen attentif et sérieux de la situation personnelle de Mme D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

5. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation, de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne sont pas assorties des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peuvent, dès lors, qu'être écartés.

6. En cinquième lieu, Mme D soutient que la décision attaquée méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors que cette décision aura pour effet de la séparer de son concubin, M. A, de nationalité ivoirienne, et de sa fille. Toutefois, cette décision a pour seul objet d'assigner à résidence Mme D au domicile de M. A, où réside également sa fille, pour une durée de 45 jours. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

7. Enfin, si Mme D entend soulever ce moyen à l'encontre de la décision portant transfert aux autorités espagnoles dont elle fait l'objet, ce moyen ne peut qu'être écarté comme irrecevable dès lors que cette décision, individuelle, est devenue définitive.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée en toutes ses concluions.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

9. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 7 de cette loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive () ". Ces dispositions ont pour objet d'éviter que soient mises à la charge de l'Etat les dépenses afférentes aux actions qui, de manière manifeste, apparaissent dépourvues de toute chance de succès.

10. Il résulte des points précédents que la requête de Mme D ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés et des moyens stéréotypés non assortis d'éléments circonstanciés. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2025.

La magistrate désignée,

C. BENTEJAC La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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