Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre une décision du ministre de l’intérieur invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. En cours d’instance, le ministre a rectifié le solde de points du requérant (désormais crédité de 2 points) et supprimé la décision contestée. En conséquence, le tribunal a constaté, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales à fin d’annulation et d’injonction. Les conclusions accessoires, notamment celles fondées sur l’article L. 761-1 du même code, ont été rejetées.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2025, M. A... B..., représenté par Me Demars, demande au tribunal :
d’annuler la décision référencée 48 SI du 24 avril 2025 par laquelle le ministre de l’intérieure l’a informé d’un retrait de 6 points, ainsi que de l’ensemble des retraits de points antérieurs, et l’a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de restituer ledit permis ;
d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
d’enjoindre au ministre de l’intérieur de restituer son permis de conduire ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation administrative, dans un délai d’un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros hors taxe sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, si le bénéfice de l’aide juridictionnelle lui était refusé, la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut :
au non-lieu à statuer sur les conclusions principales ;
au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B....
M. B... a déposé une demande d’aide juridictionnelle le 30 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : / 3° constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
2. M. B... demande l’annulation de la décision 48SI du 24 avril 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Il ressort des pièces du dossier que le ministre de l’intérieur a, postérieurement à l'introduction de la requête, rectifié le solde de points du permis de conduire du requérant, crédité actuellement de 2 points, et a supprimé la décision 48SI contestée. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B....
3. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B... sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions principales à fin d’annulation et d’injonction de la requête de M. B....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Clermont-Ferrand, le 7 novembre 2025.
La Présidente,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.