vendredi 27 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2501663 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SHVEDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire, enregistrés les 13 juin 2025 et 24 juin 2025, M. G B, représentée par Me Shveda, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2025 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du même jour du préfet du Puy-de-Dôme l'assignant à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet de procéder à la suppression de l'inscription aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, en l'état de ses dernières écritures, que :
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision est suffisamment motivée ;
- il n'a pas été procédé à un examen attentif et personnalisé de sa situation alors qu'il est père de quatre enfants dont deux sont scolarisés ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant compte tenu de ce qu'il dispose de liens personnels en France puisqu'il comprend le français, qu'il a tissé des liens amicaux avec des ressortissants français, que son épouse est présente sur le territoire français, que son deuxième enfant est né en France le 17 mai 2025 et que deux de ses enfants sont scolarisés.
Sur la légalité de la décision d'assignation à résidence :
- il n'a pas été procédé à un examen approfondi et personnalisé de sa situation ;
- la mesure est disproportionnée au but recherché et n'est nullement justifiée dès lors qu'il n'entend pas s'enfuir et qu'il n'a aucun endroit où aller.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense mais un mémoire en production de pièce, enregistré le 23 juin 2025 et qui a été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. L'hirondel, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juin 2025 à 10h00, en présence de Mme LLorach, greffière d'audience :
- le rapport de M. L'hirondel,
- et les observations de Me Shveda, représentant M. B, présent et assisté par téléphone de Mme F, interprète en langue portugaise, qui a repris le contenu de ses écritures. Il a insisté sur le fait que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français était insuffisamment motivée alors qu'il avait fui son pays en raison des craintes de persécution qu'il pourrait y subir pour un meurtre qu'il n'a jamais commis ; en outre, un nouvel élément est intervenu avec la naissance de son second enfant en France et qu'il a entrepris des démarches pour pouvoir s'insérer dans la société française en prenant des cours de français, en étant membre de diverses associations et en scolarisant ses enfants ; la décision d'assignation à résidence est disproportionnée dès lors qu'elle l'empêche de pouvoir accompagner ses enfants à l'école, ce qui ne peut être assuré par son épouse qui ne peut quitter le lieu d'assignation puisqu'elle doit s'occuper des autres enfants.
Le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G B, né le 13 mai 1985 et de nationalité angolaise, demande au tribunal d'annuler, d'une part, l'arrêté du 12 juin 2025 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'arrêté du même jour pris par la même autorité administrative l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de cet article et eu égard à l'urgence à statuer, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
4. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
5. La décision attaquée a été signée par Mme D A, directrice de la direction de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture du Puy-de-Dôme, qui disposait d'une délégation de signature à cet effet par un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 26 mars 2025, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
6. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les motifs de la décision relative à l'interdiction de retour doivent être indiqués. Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
7. Il ressort des termes mêmes des dispositions citées au point précédent que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
8. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
9. Il ressort des énonciations de la décision attaquée que le préfet s'est fondé, pour prendre sa décision, sur les dispositions précitées de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'est fondé, en fait, sur les circonstances tirées de ce que le requérant était entré sur le territoire français en août 2022 en provenance d'Allemagne sans justifier de la régularité des conditions d'entrée et de séjour en France, de ce qu'il faisait l'objet d'une mesure d'éloignement prise le 3 juin 2024 par la préfète de l'Oise, notifiée le 10 juin 2024, accordant un délai de départ volontaire de trente jours dont le recours introduit contre cette décision a été rejeté par un jugement du tribunal administratif d'Amiens du 22 août 2024 et qu'il ne justifiait pas de circonstance humanitaires particulières dès lors que son épouse est dans la même situation administrative que la sienne. Il a également tenu compte de ce que si M. B est père de quatre enfants mineurs, trois sont nés en Angola, de sorte qu'il ne peut se prévaloir de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables sur le territoire français. Il a également pris en considération le fait que l'intéressé n'établissait pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, ni être dans l'impossibilité de pouvoir y reconstituer la cellule familiale. Il a également pris en compte dans son appréciation de ce que M. B n'avait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement ne constituait pas une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, la décision litigieuse, qui mentionne les dispositions sur lesquelles elle se fonde et fait état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels le préfet l'a édictée, dans son principe et dans sa durée, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
10. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la motivation de la décision en litige, telle que rappelée au point précédent, laquelle fait état des principaux éléments caractérisant la situation personnelle et administrative du requérant, que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
12. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'arrêté de la préfète de l'Oise du 3 juin 2024 portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile et dont les énonciations ne sont pas utilement contestées, que M. B qui déclare être entré récemment en France en août 2022, a déposé une demande de reconnaissance de statut de réfugié qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 décembre 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 10 mai 2024. Les demandes d'asile formées par son épouse et ses enfants ont également été rejetées. Dans ces conditions, si le couple a quatre enfants mineurs dont deux sont nés en France et deux scolarisés, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer hors de France, notamment dans le pays d'origine de l'intéressé alors qu'en tout état de cause, la décision attaquée n'a pas pour objet de fixer le pays de renvoi, cette décision ayant été prise par la préfète de l'Oise dans son arrêté du 3 juin 2024. M. B ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays. Dans ces conditions, et compte tenu de la date récente d'arrivée en France de M. B, ce dernier ne justifie pas d'une intégration ancienne, intense et stable sur le territoire français. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision et méconnaîtrait, par suite, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté. Pour le même motif, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation
13. En quatrième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12 du présent jugement et dès lors que la décision en litige portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an n'a pas pour effet de séparer M. B de ses enfants, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être rejetées.
Sur la légalité de la décision portant assignation à résidence :
16. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 de ce code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ". Aux termes L. 733-4 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger assigné à résidence la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 " tandis qu'aux termes de l'article R. 733-1 : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". Il revient au juge administratif de s'assurer que les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative sur le fondement de ces dispositions, sont adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent.
17. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet a décidé d'assigner le requérant à résidence vise les articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'arrêté de la préfète de l'Oise faisant obligation à l'intéressé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'arrêté du même jour du préfet du Puy-de-Dôme portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an. Elle précise que si l'intéressé est démuni de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité, ce qui nécessite d'obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire et de prévoir l'organisation matérielle de son départ, son éloignement demeurant cependant une perspective raisonnable. Par suite, il ne résulte pas de cette motivation que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation en assignation à résidence l'intéressé pendant quarante-cinq jours.
18. En deuxième lieu, si M. B soutient qu'il n'a aucune intention de s'enfuir dès lors qu'il n'a aucun endroit où aller, il est constant que l'intéressé n'a pas déféré à l'arrêté de la préfète de l'Oise du 3 juin 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. L'intéressé entrait ainsi dans le cas des étrangers visés au 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pouvant faire l'objet d'une assignation à résidence. Si au cours de l'audience, il a allégué que la mesure serait disproportionnée pour l'empêcher de pouvoir accompagner ses enfants à l'école, il n'apporte au soutien de son allégation aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé alors que, selon l'arrêté attaqué, il n'est astreint qu'à une assignation à résidence dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand avec une seule présentation quotidienne auprès des services de police à 8h 30. A supposer même que cet horaire l'empêcherait de conduire ses enfants à l'école le matin, il n'établit pas ni même n'allègue avoir sollicité un aménagement des heures de présentation devant les services de police et qui lui aurait été refusé. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait disproportionnée et ne serait pas justifiée doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête présentée par M. B tendant à l'annulation des arrêtés en litige doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761 1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, tout ou partie de la somme que le conseil de M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2025.
Le magistrat désigné,
M. E
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.1
N° 25016618
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026