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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2502670

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2502670

vendredi 19 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2502670
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B, ressortissant gabonais, qui demandait la délivrance d'un récépissé de renouvellement de son titre de séjour "salarié". Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, d'une part car la demande de titre "salarié" constitue une première demande et ne bénéficie d'aucune présomption d'urgence, et d'autre part car M. B ne démontre pas sa situation de précarité, disposant déjà d'un récépissé valable. En outre, le silence gardé par la préfecture pendant plus de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet, rendant la mesure sollicitée sans objet. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2025, M. A B sollicite du juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance d'un récépissé de " renouvellement " de son titre de séjour " salarié ".

Il soutient avoir demandé le renouvellement de son titre de séjour arrivé à expiration le 1er novembre 2024 et que le silence gardé par la préfecture depuis le mois de juillet 2024 le place dans une situation d'extrême précarité " tant sur le plan personnel (objectif professionnel) que financier " ; ses relances auprès des services de la préfectures n'ont reçu aucune réponse ; il dispose d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour valable jusqu'au 25 septembre 2025 ; sans document de séjour valide il se trouvera dans l'impossibilité de travailler et ne percevra plus de ressources de sorte qu'il ne pourra plus " payer [ses] factures ", ni subvenir à ses besoins essentiels ; il est père d'un enfant né le 4 juillet 2025 ; il se trouve dans une situation de stress et d'incertitude ; il est dans l'impossibilité, en l'absence de document valide, de passer l'examen du permis de conduire ; sa situation est urgente.

Vu les pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant gabonais, est entré sur le territoire français le 8 septembre 2019 et a bénéficié d'un titre de séjour temporaire mention " étudiant - élève " valable du 2 novembre 2023 au 1er novembre 2024. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié " auprès de services de la préfecture du Puy-de-Dôme. Il bénéficie d'un récépissé de titre de séjour valable du 26 juin 2025 au 25 septembre 2025. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Aux termes de l'article R. 432-1 de ce code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

5. M. B a bénéficié d'un titre de séjour mention " étudiant - élève " valable du 2 novembre 2023 au 1er novembre 2024. Or dans sa requête, M. B déclare avoir déposé une demande de titre de séjour mention " salarié " auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme en juillet 2024. Dès lors, eu égard à la nature des titres de séjour sollicités, la demande de titre de séjour mention " salarié " doit être regardée comme une première demande et le requérant ne peut, par suite, bénéficier de la présomption d'urgence. Par ailleurs, si M. B se prévaut d'une situation de précarité personnelle, professionnelle et financière dans laquelle il se trouverait en raison de l'absence de document de séjour, aucune pièce n'est produite au soutien de ces allégations alors même qu'il ressort des pièces du dossier que M. B dispose actuellement d'un récépissé de sa demande de titre de séjour valable du 26 juin 2025 au 25 septembre 2025. Dans ces conditions, M. B ne démontre pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. En tout état de cause, il ressort des termes même de la requête que M. B déclare être dans " l'attente depuis le mois de juillet 2024 " sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Ainsi, en l'absence de réponse dans un délai de quatre mois et, en applications des dispositions citées au point 4, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née du silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme. Par suite, à la date de la présente ordonnance, la mesure sollicitée par M. B aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 19 septembre 2025.

La présidente,

Juge des référés

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

2502670BE

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