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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2502859

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2502859

jeudi 16 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2502859
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKHANIFAR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. A... contestant son assignation à résidence pour 45 jours, décidée par le préfet du Puy-de-Dôme le 30 septembre 2025. Le tribunal a écarté les moyens d’incompétence du signataire, de défaut d’examen et d’erreur manifeste d’appréciation, en se fondant sur les articles L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et L. 922-2 du même code. La solution retenue confirme la légalité de la mesure d’éloignement, l’étranger faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français depuis moins de trois ans.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Khanifar, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 30 septembre 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision a été prise par une personne incompétente ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n’a pas produit de mémoire en défense dans la présente instance mais des pièces qui ont été enregistrées le 14 octobre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Nivet, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Nivet a été entendu au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 15 octobre 2025 à 10h00, en présence de Mme Humez, greffière.

Considérant ce qui suit :

Par une décision du 30 septembre 2025, le préfet du Puy-de-Dôme a assigné M. A... à résidence pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. A... demande au tribunal l’annulation de cette décision.

En premier lieu, la décision en litige est signée par M. Jean-Paul Vicat, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme, qui bénéficiait d’une délégation de signature selon un arrêté du 10 décembre 2024 du préfet du Puy-de-Dôme, régulièrement publié le 13 décembre 2024 au recueil des actes administratifs spécial de ladite préfecture, à l’effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l’exception d’actes au nombre desquels ne figure pas la décision portant assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.

En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision en litige, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, qu’elle serait entachée d’un défaut d’examen de la situation de M. A....

En troisième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. A..., ressortissant roumain, a fait l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 5 décembre 2023 et qu’aucun élément ne permet de considérer que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable. La circonstance qu’il travaille en qualité de commercial pour une entreprise française, en contravention avec les règles concernant l’embauche de salariés étrangers sur le territoire, est sans incidence sur la légalité de la décision. Il s’ensuit que le moyen tiré de ce que la décision est entachée d’erreur d’appréciation doit être écarté.








Il suit de là que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision qu’il conteste.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Puy-de-Dôme.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2025.

Le magistrat désigné,





C. NIVETLa greffière,





C. HUMEZ

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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