jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-1902811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCM MAUVEZIN SOULIE |
Vu les procédures suivantes :
Procédure devant le tribunal administratif de Toulouse :
Par une ordonnance de renvoi du 3 décembre 2019, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Pau, la requête de Mme F I, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 15 novembre 2019, sous le n° 1906487-4.
Procédure devant le tribunal administratif de Pau :
Par cette requête, enregistrée le 11 décembre 2019, Mme F I, représentée par Me Soulié, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme à parfaire de 6 405,28 euros au titre du supplément familial de traitement qu'elle estime lui être dû à compter du 15 septembre 2017, assortie des intérêts au taux légal à compter de l'introduction de la requête, et de la capitalisation des intérêts à chaque date anniversaire ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 4 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de l'introduction de la requête et de la capitalisation des intérêts à chaque date anniversaire, en réparation de ses préjudices moral et financier ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a la charge de ses deux enfants mais n'a pas perçu de supplément familial de traitement ; son ex-époux le perçoit à sa place ;
- elle a droit à un montant de 261,44 euros par mois de supplément familial de traitement à compter du 15 septembre 2017 ;
- son préjudice moral et financier peut être évalué à 4 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, le recteur de l'académie de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions présentées par Mme I sont irrecevables en ce qu'elles ont été déjà présentées au cours d'une autre instance ;
- l'Etat n'a commis aucune faute dans la gestion du dossier de Mme I ;
- M. B et Mme H n'ont jamais confirmé la solution proposée par le service gestionnaire, tendant à la cession d'un tiers du supplément familial perçu par M. B à Mme I ;
- Mme I ayant renoncé à la mise en œuvre de la cession, elle a perçu un supplément familial de traitement au titre de ses deux enfants ;
- l'Etat n'a pas commis de faute en lien avec la production de l'attestation du 9 novembre 2018 ;
- le recteur à ce jour ne peut plus lui verser de supplément familial de traitement dès lors qu'elle relève depuis le 1er septembre 2019 du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ;
- en tout état de cause, à compter du 1er octobre 2018, son fils D étant bénéficiaire de l'allocation personnalisée au logement, elle ne pouvait plus percevoir de supplément que pour un seul de ses enfants ;
- A I ne démontre pas la nature de ses préjudices financier et moral.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- et les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I, professeure certifiée de classe normale, est mère de deux enfants nés de son union avec M. B, également fonctionnaire et dont elle est divorcée depuis le 6 octobre 2017. Avant leur séparation, le supplément familial de traitement (SFT), pour la charge de leurs deux enfants, était perçu par M. B, désigné d'un commun accord comme bénéficiaire et calculé sur la base de l'indice de traitement de ce dernier. A la suite de leur séparation, M. B est demeuré bénéficiaire du supplément familial de traitement, dont il a néanmoins cédé la perception à Mme I, à hauteur de la somme mensuelle de 97,83 euros correspondant au montant du supplément familial de traitement calculé sur la base de l'indice de traitement de cette dernière, auquel s'ajoutait une indemnité différentielle représentant l'écart avec le montant calculé sur l'indice de traitement de M. B. Le 6 octobre 2017, le juge aux affaires familiales près le tribunal de grande instance de Tarbes a prononcé le divorce des époux B et fixé la résidence des deux enfants du couple chez leur mère. A la suite de la naissance, le 15 septembre 2017, de l'enfant issu de la relation de M. B, avec Mme H, mère de trois autres enfants, M. B a été informé par les services du rectorat le 9 novembre 2018, de ce que sur la base d'un supplément familial de traitement accordé pour la charge de six enfants et calculé sur son indice de rémunération, Mme I pouvait être bénéficiaire d'une cession de sa part, à hauteur du tiers des droits ainsi attribués à son ex-époux, soit la somme mensuelle de 261,44 euros. Par un courrier du 6 septembre 2019, Mme I a sollicité que son supplément familial de traitement soit calculé sur cette base. Le recteur ayant gardé le silence sur cette demande, elle sollicite du tribunal, la condamnation de l'Etat à lui verser la somme totale de 6 405,28 euros au titre du supplément familial de traitement qu'elle estime lui être dû, ainsi que celle 4 000 euros en réparation de ses préjudices moral et financier.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le versement du supplément familial de traitement :
2. D'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes de l'article 10 du décret du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert aux magistrats, aux fonctionnaires civils, aux militaires à solde mensuelle ainsi qu'aux agents de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation. / La notion d'enfant à charge à retenir pour déterminer l'ouverture du droit est celle fixée par le titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale. / Lorsque les deux membres d'un couple de fonctionnaires ou d'agents publics, mariés ou vivant en concubinage, assument la charge du ou des mêmes enfants, le bénéficiaire est celui d'entre eux qu'ils désignent d'un commun accord. Cette option ne peut être remise en cause qu'au terme d'un délai d'un an. / Les dates d'ouverture, de modification et de fin de droit fixées en matière de prestations familiales par l'article L. 552-1 du code de la sécurité sociale sont applicables au supplément familial de traitement. ". Aux termes de l'article 11 du même décret : " En cas de divorce, de séparation de droit ou de fait des époux ou de cessation de vie commune des concubins, dont l'un au moins est fonctionnaire ou agent public tel que défini au premier alinéa de l'article 10, chaque bénéficiaire du supplément familial de traitement est en droit de demander que le supplément familial de traitement qui lui est dû soit calculé : / - soit, s'il est fonctionnaire ou agent public, de son chef, au titre de l'ensemble des enfants dont il est le parent ou a la charge effective et permanente ; / - soit, si son ancien conjoint est fonctionnaire ou agent public, du chef de celui-ci au titre des enfants dont ce dernier est le parent ou a la charge effective et permanente. / Le supplément familial de traitement est alors calculé au prorata du nombre d'enfants à la charge de chaque bénéficiaire et sur la base de l'indice de traitement du fonctionnaire ou de l'agent public du chef duquel le droit est ouvert. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 513-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales sont, sous réserve des règles particulières à chaque prestation, dues à la personne physique qui assume la charge effective et permanente de l'enfant. ". Aux termes de l'article L. 512-3 du même code : " Sous réserve des règles particulières à chaque prestation, ouvre droit aux prestations familiales :1°) tout enfant jusqu'à la fin de l'obligation scolaire ; 2°) après la fin de l'obligation scolaire, et jusqu'à un âge limite, tout enfant dont la rémunération éventuelle n'excède pas un plafond. / Toutefois, pour l'attribution du complément familial et de l'allocation de logement mentionnés aux 3° et 4° de l'article L. 511-1, l'âge limite peut être différent de celui mentionné au 2° du présent article. () ". Et aux termes de l'article R. 513-1 du même code : " La personne physique à qui est reconnu le droit aux prestations familiales a la qualité d'allocataire. Sous réserve des dispositions de l'article R. 521-2, ce droit n'est reconnu qu'à une personne au titre d'un même enfant. / Lorsque les deux membres d'un couple assument à leur foyer la charge effective et permanente de l'enfant, l'allocataire est celui d'entre eux qu'ils désignent d'un commun accord. Ce droit d'option peut être exercé à tout moment. L'option ne peut être remise en cause qu'au bout d'un an, sauf changement de situation. Si ce droit d'option n'est pas exercé, l'allocataire est l'épouse ou la concubine. / En cas de divorce, de séparation de droit ou de fait des époux ou de cessation de la vie commune des concubins, et si l'un et l'autre ont la charge effective et permanente de l'enfant, l'allocataire est celui des membres du couple au foyer duquel vit l'enfant. ".
4. Au soutien de sa demande, Mme I invoque la faute qui aurait été commise par l'administration en lui versant à compter du 15 septembre 2017, au titre du supplément familial de traitement la seule somme de 77,86 euros, et non celle de 261,44 euros à laquelle elle avait droit. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été exposé au point 1, que durant leur vie commune, les époux B avaient opté, pour une perception du supplément familial par M. B et qu'il est demeuré après leur séparation et leur divorce attributaire de ce supplément familial de traitement, qu'il avait néanmoins cédé à la requérante. Toutefois, cette dernière a clairement manifesté, par des courriels en date des 13 et 28 novembre 2018 adressés aux services du rectorat de la région académique Occitanie, son souhait que le calcul du supplément familial de traitement qui lui est versé en raison de la charge effective de ses deux enfants, soit désormais effectué en fonction de sa seule situation personnelle et non plus cédé par M. B. Elle doit ainsi être regardée comme ayant dans le cadre de son droit d'option, renoncé à toute cession des droits au supplément familial de traitement par son ex-époux.
5. Dans ces conditions, alors même que Mme I pouvait effectivement prétendre, dans l'hypothèse d'une cession d'un tiers du supplément familial de traitement qui aurait été perçu par M. B pour la charge de six enfants, au versement de la somme de 261,44 euros mentionnée au point 1, l'administration n'a commis aucune faute dans la gestion de son dossier en lui versant la seule somme de 77,86 euros correspondant, en conséquence de son choix de renoncer à cette cession, au supplément familial de traitement calculé sur l'indice de son traitement. Il s'ensuit que Mme I n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 6 405,28 euros au titre du supplément familial de traitement qu'elle estime lui être dû.
En ce qui concerne la réparation des préjudices moral et financier :
6. En l'absence, ainsi qu'il vient d'être dit au point 5, de faute commise par l'administration dans la gestion des droits de Mme I au bénéfice du supplément familial de traitement, les conclusions tendant à la réparation des préjudices moral et financier qui résulteraient selon elle d'une telle faute, ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme que Mme I demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme I est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F I, au recteur de la région académique Occitanie et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Quéméner, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Signé : V. QUEMENERL'assesseur la plus ancienne,
Signé : M. E
La greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026