jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MORAND MONTEIL NICOLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 décembre 2019, n° 1906048/10, le président du tribunal administratif de Bordeaux a transmis au tribunal la requête présentée par l'indivision D.
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 janvier 2020 et le 28 mai 2020, l'indivision D, comportant deux membres indivis, Mme G F et M. A F, représentée par Me Esteve de Palmas, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de réformer l'ordonnance de taxation du 25 novembre 2019 par laquelle le président du tribunal administratif de Bordeaux a mis à sa charge les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C en modifiant le montant de 4 500 (quatre mille cinq cent) euros alloué à celui-ci en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative et en le ramenant à un montant en adéquation avec les diligences effectuées qui ne sauraient dépasser 1 500 (mille cinq cent) euros ;
2°) de rejeter les conclusions indemnitaires de la communauté de commune Bastides Dordogne-Périgord et de la commune de Couze et Saint Front d'un montant de 360 (trois cent soixante) euros chacune.
Elle soutient que
- l'ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux du 25 novembre 2019, rectifiée le 2 décembre 2019, a alloué une somme excessive à l'expert, M. C, au regard du travail que ce dernier a réalisé, à savoir prise de connaissance du dossier, rédaction de deux notes aux parties, présence à une seule réunion d'expertise, rédaction du compte-rendu de réunion (note aux parties n°3) ;
- il ressort de la note comptable de l'expert du 25 novembre 2019 que les missions exercées par l'expert ont été facturées à des montants excessifs ;
* ainsi les frais de photocopie s'élèvent à la somme de 394,55 euros ; le simple envoi de la note aux parties n°1 est chiffré à 160 euros ; les frais liés à la seule réunion d'expertise sont évalués au montant de 683 euros ; les frais de relecture de la note aux parties n°3 sont comptabilisés deux fois pour un montant total de 242 euros ; la note n°2 de convocation à la réunion d'expertise est évaluée au montant de 660 euros ;
* la note aux parties n°2 ne correspond qu'à une simple convocation à la réunion d'expertise ;
* la note aux parties n°3 rédigée par l'expert Jacques C ne comporte aucune analyse technique ;
- les demandes indemnitaires formées par la communauté de commune Bastides Dordogne-Périgord et la commune de Couze et Saint Front sont irrecevables en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 22 janvier 2020, M. E C doit être regardé comme concluant au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- ses frais et honoraires établis par note comptable du 25 novembre 2019 d'un montant de 6 054,65 euros ont été rapportés à la somme de 4 500 euros par l'ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux du 25 novembre 2019 ;
- la somme allouée par le tribunal administratif de Bordeaux est justifiée au regard des frais de transport et de déplacement, d'affranchissements, de reprographie, de photocopies, du temps consacré aux différentes actions de ce dossier telles que les déplacements, les visites et réunions effectuées ainsi que la rédaction de notes et la consultation des sapiteurs ;
- la requérante n'avait apparemment pas conscience des frais engendrés par une expertise judiciaire et sa note aux parties n°3 a permis de lui faire prendre conscience de l'importance de ces frais.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 11 février 2020, la communauté de commune Bastides Dordogne-Périgord et la commune de Couze et Saint Front, représentées par le cabinet d'avocat Morand-Monteil, doivent être regardées comme s'en remettant à la sagesse du tribunal et comme demandant, chacune, au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 360 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- l'indivision D ne justifie pas en quoi les postes de la facture sont manifestement démesurés ;
- le pré-rapport de l'expert, M. E C, est le résultat d'un travail documenté et techniquement fondé que l'indivision D n'a jamais contestée ;
- l'indivision D ne fait pas référence aux frais d'expertise.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er août 2022 par une ordonnance du 4 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B, présidente- rapporteure,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Marie-Valentine F et son fils A F sont propriétaires indivis d'une maison à Couze et Saint Front dont le mur de soutènement présente des dégradations pour lesquelles ils ont sollicité une expertise judiciaire afin d'en connaître les causes. Par une ordonnance du 29 mai 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a ordonné une expertise et a désigné M. E C en qualité d'expert. Par ordonnance du 4 novembre 2019 du président du tribunal administratif de Bordeaux, une allocation provisionnelle a été accordée à hauteur de 4 500 euros à M. C. Par courrier en date du 15 novembre 2019, l'indivision D s'est désistée de sa demande d'expertise. Par ordonnance du 25 novembre 2019, rectifiée le 2 décembre 2019, le président du tribunal administratif de Bordeaux a donné acte de ce désistement et a liquidé et taxé à la somme de 4 500 euros les frais et honoraires d'expertise. Par une requête enregistrée le 14 janvier 2020, l'indivision D demande au tribunal de réformer l'ordonnance du 25 novembre 2019 du tribunal administratif de Bordeaux.
Sur les conclusions tendant à la réformation de l'ordonnance de taxation :
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative: " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours./ Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours./ Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction () fixe () conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. () ". Aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, () ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / () la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / () ".
3. L'ordonnance par laquelle le président de la juridiction liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que les frais de transport pour un aller-retour de la commune de Celles à celle de Couze Saint Front, d'une distance de 180 kilomètres le 15 octobre 2019, fixés à 0,55 euro par kilomètre pour un montant global de 99 euros par la note du 25 novembre 2019 établie par M. C, les frais d'affranchissement pour l'envoi de six lettres en recommandé avec avis de réception pour un montant unitaire de 6,50 euros, l'envoi de huit courriels pour un montant total de 38,30 euros ainsi que de quatre courriers simples pour un montant unitaire de 2,10 euros, fixés à un montant total de 105,10 euros par la même note, de reprographie pour soixante copies des pièces en noir et blanc, dix copies en noir et blanc de la note n°1 de dix pages, dix copies en noir et blanc de la note n°2 de sept pages, de vingt-sept copies en noir et blanc de la note n°3 de onze pages et quarante copies en noir et blanc de diverses pièces d'un montant unitaire de 65 centimes d'euro, fixés au montant global 394,55 euros par la même note, ainsi que le montant des honoraires relatifs à la réunion et à la visite des lieux, fixés à 594 euros par la même note, sont justifiés au regard du travail réalisé et n'apparaissent pas excessifs. Par suite, il sera fait une exacte évaluation des frais de transport et d'affranchissement en les fixant à la somme totale de 1 192,65 euros.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a travaillé sur deux des dix points que comprend la mission d'expertise, en l'occurrence " se rendre sur les lieux et décrire la nature et l'étendue des désordres affectant la propriété de l'indivision D ; d'examiner le mur de soutènement, les remblais et tout bâtiment concerné par les dégradations, d'entendre les parties " et " se faire communiquer tous les documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ". Il résulte également de l'instruction que le travail facturé par M. C a consisté à préparer le dossier par l'analyse des pièces, évaluée à cinq heures de travail par l'expert et à rédiger trois notes aux parties, la première relative à l'analyse des pièces dont le temps de travail consacré est évalué à cinq heures par l'expert, la deuxième convoquant les parties dont le temps de travail est évalué à cinq heures par l'expert, la troisième relative au compte-rendu des opérations du 15 octobre 2019 dont le temps de travail est évalué à seize heures par l'expert. M. C a également comptabilisé deux heures de recherche de documents, une heure de synthèse, une heure de mise en forme des tirages sous plis pour la Poste, et une heure de relecture. En conséquence, le temps de travail réalisé par l'expert concernant ce dossier est estimé à trente-six heures par M. C. Au regard de la nature et de la consistance des documents rédigés par l'expert, dont le sérieux de l'expertise n'est pas contesté, cette durée de trente-six heures apparaît excessive et peut raisonnablement être fixée à douze heures en se décomposant comme suit : trois heures de travail préparatoire, une heure de travail rédactionnel pour chacune des deux premières notes aux parties qui ne comportent pas d'expertise technique et trois heures de travail rédactionnel pour la note aux parties n° 3. Le montant des honoraires étant raisonnablement établi à 132 euros de l'heure, il y a lieu d'allouer 1 584 euros à M. C pour le travail préparatoire et rédactionnel effectué.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a comptabilisé des frais de secrétariat pour relecture d'un montant total de 110 euros mais a également comptabilisé des frais d'une heure de relecture à son niveau de la note n°3 d'un montant de 38 euros et des frais de mise en forme de tirage sous plis pour la Poste d'une heure pour 35 euros. Ces cumuls de frais ne sont pas justifiés par M. C. Le travail de relecture est pris en compte dans le travail rédactionnel mentionné au point n°5. Le travail de mise en forme de tirage relève des tâches de relecture du secrétariat. Il n'y a donc pas lieu d'allouer une somme au titre de la relecture et de la mise en forme réalisées par M. C. Il sera fait une exacte évaluation des frais de secrétariat en les fixant à la somme de 110 euros.
7. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a comptabilisé une durée de deux heures et trente minutes de temps de déplacements aller-retour pour une réunion pour un montant total de 330 euros et une durée de deux heures au titre de la visite des lieux et des opérations d'expertise pour un montant total de 264 euros. Le temps consacré aux déplacements ne constituant pas du temps de travail effectif, il ne peut être pris en compte qu'à hauteur de la moitié du temps décompté, soit une heure et quinze minutes. Ainsi qu'il a été constaté au point n°4, le montant de ses honoraires établi à 132 euros de l'heure n'apparaissant pas excessif, il sera fait une exacte évaluation des frais de déplacement, de visite des lieux et d'opération d'expertise en les fixant à la somme de 429 euros.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'indivision D est fondée à demander la réformation de l'ordonnance litigieuse. La somme totale devant être allouée à M. C doit être ramenée à 3.315,65 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'indivision D le versement des sommes demandées par la communauté de commune de Bastides Dordogne-Périgord et par la commune de Couze et Saint-Front.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant des frais et honoraires de l'expertise confiée à M. E C taxés et liquidés par l'ordonnance du tribunal administratif de Bordeaux du 25 novembre 2019, rectifiée par l'ordonnance du 2 décembre 2019, est ramenée à la somme de 3.315,65 euros (trois mille trois cent quinze euros et soixante-cinq centimes).
Article 2 : L'ordonnance du 25 novembre 2019, rectifiée par l'ordonnance du 2 décembre 2019, du président du tribunal administratif de Bordeaux est modifiée conformément à l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à l'indivision D, au garde des sceaux, ministre de la justice, au préfet de la Dordogne, à M. E C, à la communauté de commune Bastides Dordogne-Périgord, à la commune de Couze et Saint-Front, et l'association Le Roseau Lindois.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
signé
M. B
L'assesseure,
signé
Z. CORTHIER
La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
P. SANTERRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026