mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000223 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TEJAS AVOCATS PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2020, Mme C D, représentée par le cabinet Sphere avocats[DM1][PS2], demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 18 février 2019 et du 2 décembre 2019 par lesquelles la communauté d'agglomération Pays Basque a refusé de modifier l'implantation de la canalisation du réseau d'assainissement installée sur un terrain lui appartenant, cadastré section AT n° 11 à Bassassury ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Pays Basque, à titre principal, la démolition de la canalisation et, à titre subsidiaire le déplacement de la canalisation conformément aux stipulations de la convention qu'elle a conclue le 13 mai 2008 avec le syndicat des eaux aux droits desquels est venue la communauté d'agglomération Pays Basque ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Bayonne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que les décisions attaquées ne comportent pas de mentions des voies et délais de recours et ne peut, par suite, être considérée comme tardive ;
- les courriers du 18 février 2019 et du 2 décembre 2019 sont des actes décisoires dès lors qu'ils portent atteinte à son droit de propriété ;
- l'auteur des décisions attaquées, M. A, doit justifier d'une délégation légalement consentie faute de quoi, la décision est prise par une autorité incompétente ;
- les décisions attaquées méconnaissent l'article 1103 du code civil dès lors qu'elles méconnaissent les stipulations de la convention qu'elle a conclue le 13 mai 2008 avec le syndicat des eaux, aux droits desquels est venue la communauté d'agglomération Pays Basque ;
- les décisions attaquées révèlent la mauvaise foi de la communauté d'agglomération Pays Basque dès lors qu'en invoquant des raisons techniques pour ne pas déplacer la canalisation litigieuse à une distance respectant les stipulations de la convention conclue en 2008, difficultés qu'elle n'établit pas, elle reconnaît, en réalité, son erreur.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 17 décembre 2021, la communauté d'agglomération Pays Basque, représentée par Me Pecassou-Camebrac, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et demande que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les courriers attaqués ne font pas grief à la requérante ; le courrier du 18 février 2019 est un échange préparatoire afin de trouver une solution amiable, une déclaration d'intention non impérative et n'a pas de caractère décisoire, tandis que le courrier du 2 décembre 2019 n'est qu'une confirmation du premier courrier, et n'a pas davantage de caractère décisoire ;
- la requête est également irrecevable car elle n'identifie pas les parties ; elle est, par ailleurs, tardive ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code rural et de la pêche maritime ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Logeais, représentant la communauté d'agglomération Pays Basque.
Considérant ce qu'il suit :
1. Mme D est propriétaire d'un terrain cadastré section AT n° 11, situé chemin Simonenia, sur le territoire de la commune de Bassussarry. Le 13 mai 2008, Mme D a conclu avec le syndicat mixte d'assainissement URA, aux droits duquel est venue la communauté d'agglomération Pays Basque le 1er janvier 2018, une convention reconnaissant au syndicat, après avoir pris connaissance du tracé d'une canalisation publique d'évacuation d'eaux usées sur son terrain, les droits nécessaires à la réhabilitation, à la construction, la surveillance et l'entretien de la canalisation, " à une seule condition que cette canalisation soit placée le plus près de la clôture existante soit à 2 m maximum ". A partir de 2018, en raison d'un projet de vente d'un lot détaché de son terrain, Mme D a demandé à la communauté d'agglomération Pays Basque le déplacement de la canalisation dont l'implantation ne respecte pas le tracé prévu par la convention. Par un courrier du 18 février 2019, un technicien de la communauté d'agglomération lui a proposé le déplacement de la canalisation selon un tracé alternatif, précisant qu'il n'était pas techniquement possible de la positionner plus près de la limite de propriété. Par un courrier du 2 décembre 2019, le vice-président de la communauté d'agglomération a réitéré la teneur du courrier du 18 février 2019. Mme D demande au tribunal le déplacement de la canalisation litigieuse.
Sur le cadre juridique applicable :
2. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition ou le déplacement d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition ou le déplacement à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
Sur l'existence d'une emprise irrégulière :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code rural et de la pêche maritime : " Il est institué au profit des collectivités publiques, des établissements publics ou des concessionnaires de services publics qui entreprennent des travaux d'établissement de canalisations d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales une servitude leur conférant le droit d'établir à demeure des canalisations souterraines dans les terrains privés non bâtis, excepté les cours et jardins attenant aux habitations./ L'établissement de cette servitude ouvre droit à indemnité. Il fait l'objet d'une enquête publique réalisée selon les modalités prévues au livre Ier du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article afin notamment que les conditions d'exercice de la servitude soient rationnelles et les moins dommageables à l'utilisation présente et future des terrains. ". Aux termes de l'article R. 152-1 du même code : " Les personnes publiques définies au premier alinéa de l'article L. 152-1 et leurs concessionnaires, à qui les propriétaires intéressés n'ont pas donné les facilités nécessaires à l'établissement, au fonctionnement ou à l'entretien des canalisations souterraines d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales, peuvent obtenir l'établissement de la servitude prévue audit article, dans les conditions déterminées aux articles R. 152-2 à R. 152-15. "
4. La réalisation, par une personne publique, de travaux dans le sol et le sous-sol d'une propriété privée, qui dépossède les propriétaires de la parcelle concernée d'un élément de leur droit de propriété, ne peut intervenir régulièrement qu'après, soit l'accomplissement d'une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique, soit l'institution de servitudes légales, soit l'intervention d'un accord amiable avec les propriétaires de cette parcelle.
5. Il résulte de l'instruction que, par une convention conclue le 13 mai 2008 avec le syndicat mixte d'assainissement URA, aux droits duquel est venue la communauté d'agglomération Pays Basque, Mme D, après avoir pris connaissance du tracé, dont le plan n'est pas annexé à ladite convention, a donné son accord pour l'implantation sur son terrain d'une canalisation publique servant à l'évacuation d'eaux usées, reconnaissant ainsi au syndicat les droits nécessaires à la réhabilitation, la construction, la surveillance et l'entretien de la canalisation, " à une seule condition que cette canalisation soit placée le plus près de la clôture existante soit à 2 m maximum ". Il résulte cependant de l'instruction que la canalisation traversant sur toute la largeur la parcelle en cause est implantée au-delà de la limite de 2 mètres, à environ une dizaine de mètres, ce qui diffère substantiellement de la condition susmentionnée, de sorte que cette implantation ne peut être regardée comme autorisée par cette convention. Dès lors, l'implantation de la canalisation litigieuse constitue une emprise irrégulière sur la propriété de la requérante.
Sur les conclusions à fin de démolition de la canalisation existante :
6. Il résulte de l'instruction qu'un espace boisé classé occupe la partie nord de la parcelle de la requérante, en limite de propriété, empiétant sur la bande des deux mètres prévue dans la convention initialement conclue pour l'installation de la canalisation litigieuse. La canalisation, située en majeure partie dans cet espace boisé, n'emporte ainsi qu'une restriction limitée au droit de propriété de la requérante, sur une partie de terrain présentant, en outre, une forte déclivité. S'il apparaît sur un plan produit, d'ailleurs, en défense, que la parcelle fait l'objet d'un projet de lot à détacher d'une superficie de 994 m² au sein duquel se situe la canalisation litigieuse, la CAPB fait également valoir que l'ouvrage litigieux est indispensable au fonctionnement du service public de l'assainissement dès lors que le linéaire de canalisation, en amont de la propriété, représente 42 % du réseau raccordé, soit 17,6 km sur 33,9 km et 2 080 habitants sur 4 490. Elle précise encore, que le réseau est actuellement en gravitaire, et que la démolition de l'ouvrage ou son déplacement dans la bande des deux mètres, en forte déclivité et boisée, nécessiterait la mise en place d'un poste de refoulement accompagnée des contraintes financières, foncières, d'exploitation que cela engendre.
7. Dans ces conditions, la démolition comme le déplacement de la canalisation en bordure de la propriété de la requérante porterait une atteinte excessive à l'intérêt général. Au demeurant, la communauté d'agglomération justifie d'une proposition de déplacement de ladite canalisation qui, s'en aboutir au respect de la bande des deux mètres, permettrait de réduire les inconvénients de sa présence sur la propriété de Mme D.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la CAPB, les conclusions de la requérante à fin de démolition ou de déplacement de la canalisation, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge, en tout état de cause, de la commune de Bayonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il ne sera pas fait droit aux conclusions présentées par la communauté d'agglomération Pays Basque sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Pays Basque sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la communauté d'agglomération Pays Basque et à la commune de Bassussarry.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022 .
La rapporteure,
Signé : M. BLa présidente,
Signé : S. PERDU
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
[DM1]Tejas dans télérecours mais sur la requête c'est le cabinet Sphere Avocats. '
[PS2R1]Ouierreur de saisie à l'enregistrement '
4
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026