LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2000376

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2000376

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2000376
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3
Avocat requérantLEPLAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 mars 2020 et le 17 février 2020, Mme F G, représentée par Me Leplat, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 27 décembre 2019 par laquelle le département des Hautes-Pyrénées ne lui a accordé qu'une remise de dette partielle d'un indu de revenu de solidarité active, ensemble la décision du 1er juillet 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées l'a informé de cet indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 790,70 euros pour la période du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019 ;

2°) d'annuler la décision du 12 février 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées l'a informé d'un indu de revenu de solidarité active supplémentaire de 936,99 euros ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées la restitution des sommes recouvrées au titre des indus de revenu de solidarité active.

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Elle soutient que :

- le père de sa fille perçoit à tort des allocations de la part de la Familienkasse, si bien que la créance qu'elle rembourse n'est pas la sienne ;

- elle a la garde exclusive de sa fille A D ;

- le père de sa fille lui verse une pension alimentaire de 161 euros par mois.

Par des lettres, enregistrées le 31 mai 2021 et le 4 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées indique au tribunal qu'il appartient au département des Hautes-Pyrénées de produire des observations en défense en application d'une convention de gestion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le département des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- Mme G perçoit des allocations familiales de la part de la Familienkasse, si bien que ces revenus ont été pris en compte dans le calcul de son revenu de solidarité active, faisant naitre un indu ;

- le versement des allocations familiales allemandes à M. D relève du choix de Mme G.

Par un courrier du 22 juillet 2022 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 février 2020 de la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées en l'absence de recours administratif préalable obligatoire formé auprès du département des Hautes-Pyrénées.

Par un mémoire, enregistré le 8 août 2022, Mme G, représentée par Me Leplat, entend répondre au moyen d'ordre public, maintenir ses conclusions et demande au tribunal de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées la somme de de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a jamais fraudé ;

- elle a bien exercé le recours administratif préalable auprès de la caisse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 8 septembre 2022 à 14 heures, en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :

- le rapport de Mme H,

- les observations de Me Marcel, substituant Me Leplat, représentant Mme G qui s'en remet aux productions écrites.

En présence de M. C et Mme B, représentants le département des Hautes-Pyrénées.

La clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, présentée par Mme G, été enregistrée le 10 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G est bénéficiaire du revenu de solidarité active, et par ailleurs, allocataire d'un organisme allemand, la Familienkasse, versant des prestations familiales pour sa fille A D dont elle a la garde, son ex-conjoint étant travailleur frontalier. Par un courrier du 1er juillet 2019, la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées a notifié à Mme G un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 790,70 euros pour la période allant du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019. Elle en a sollicité la remise gracieuse par un courrier du 8 juillet 2019. Par une décision du 27 décembre 2019, le département des Hautes-Pyrénées a fait partiellement droit à sa demande, à hauteur de la moitié de l'indu et laissé à sa charge la somme de 768 euros. Par un courrier du 12 février 2020, la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées a notifié à la requérante un second indu de revenu de solidarité active d'un montant de 936,99 euros. Par la présente requête, Mme G demande l'annulation des décisions des 27 décembre 2019 et du 12 février 2020.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 12 février 2020 :

2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil général dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée () ". Il résulte de ces dispositions qu'une réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès du président du conseil départemental.

3. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, vise à laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Pour autant, dès lors que le recours administratif obligatoire a été adressé à l'administration préalablement au dépôt de la demande contentieuse, la circonstance que cette dernière demande ait été présentée de façon prématurée, avant que l'autorité administrative ait statué sur le recours administratif, ne permet pas au juge administratif de la rejeter comme irrecevable si, à la date à laquelle il statue, est intervenue une décision, expresse ou implicite, se prononçant sur le recours administratif. Il appartient alors au juge administratif, statuant après que l'autorité compétente a définitivement arrêté sa position, de regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours administratif préalable, qui s'y est substituée.

4. En l'espèce, et d'une part, Mme G ne saurait se prévaloir, pour justifier de l'exercice du recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions précitées, du courrier adressé le 8 juillet 2019 au département des Hautes-Pyrénées. En effet ce courrier qui, au demeurant présente le caractère d'une demande de remise gracieuse, était dirigé à l'encontre de l'indu notifié le 1er juillet 2019, ne saurait être regardé comme valant recours administratif à l'encontre de la décision du 12 février 2020 qui lui est postérieure et qui porte sur un second indu.

5. D'autre part, si Mme G a effectivement formé un recours administratif à l'encontre de l'indu qui lui a été notifié le 12 février 2020, recours qui a d'ailleurs été rejeté par une décision du 6 juillet 2020 prise en cours d'instance, il résulte de l'instruction que ce recours a été formé le 13 mars 2020, soit postérieurement à l'introduction de la présente requête et reçu par le département des Hautes-Pyrénées le 23 mars suivant. Il s'ensuit que Mme G ne justifie pas, comme l'exigent les dispositions précitées, avoir adressé son recours administratif obligatoire préalablement au dépôt de la présente demande contentieuse de sorte que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 février doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur la remise gracieuse :

5. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".

6. Il résulte de l'instruction que le recours formé par Mme G le 8 juillet 2019 à l'encontre de l'indu mis à sa charge par la décision du 1er juillet 2019 présente le caractère d'une demande de remise gracieuse, à laquelle l'administration a fait partiellement droit par la décision attaquée du 27 décembre 2019. De sorte que les moyens tenant au bien-fondé de l'indu sont inopérants à l'encontre de cette décision.

7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

8. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité mis à la charge de Mme G a pour origine l'absence de déclaration par cette dernière des prestations familiales perçues de la part de la Familienkasse. Mme G fait valoir qu'elle ne peut être redevable d'un indu de revenu de solidarité active dès lors qu'en réalité, les prestations familiales de la Familienkasse sont perçues par son ex-conjoint M. D ; qu'elle a déjà commencé à rembourser une dette qui n'est pas la sienne, et qu'elle n'a jamais fraudé. Si Mme G peut dans ces conditions être regardée comme invoquant sa bonne-foi, elle ne soutient néanmoins pas se trouver dans une situation de précarité qui ferait obstacle au paiement de l'indu de 768 euros laissé à sa charge par la décision du 27 décembre 2019. Au demeurant, s'il résulte de l'instruction que Mme G perçoit une pension alimentaire de 161,97 euros de la part de son ex-conjoint, et que son revenu fiscal de référence était de 2 156 euros pour l'année 2018, elle n'apporte toutefois aucun élément permettant d'apprécier ses ressources actuelles, ni l'importance des charges supportées par son foyer. Dans ces conditions, Mme G ne justifie pas être en situation d'obtenir le bénéfice d'une remise gracieuse totale ou plus importante que celle qui lui a déjà été accordée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme G doit être rejetée, en ce compris ses conclusions présentées en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme F G, au département des Hautes-Pyrénées et à la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

La présidente,

Signé : V. QUEMENERLa greffière,

Signé : M. E

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions