jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2020, Mme C E, représentée par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a demandé aux héritiers de Mme E le remboursement de la somme totale de 4 653 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale (ALS) versé à tort du 1er octobre 2016 au 30 avril 2018 à sa mère décédée, Mme A E. ;
2°) d'annuler la décision du 2 septembre 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques l'a informée de l'existence d'un indu de 775,50 euros correspondant à sa quote-part de l'indu total, ensemble la décision du 7 février 2020 rejetant son recours devant la commission de recours amiable ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision réclamant un indu d'allocation de logement sociale à l'ensemble des héritiers :
- elle est entachée d'erreur de droit et d'inexactitude des faits ; Mme A E vivait effectivement dans son logement, si bien qu'elle pouvait bénéficier de ladite allocation.
En ce qui concerne les décisions mettant à sa charge une quote-part de cet indu :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'inexactitude des faits ; sa mère Mme A E vivait effectivement dans son logement, de sorte qu'elle pouvait bénéficier de ladite allocation ;
- le montant réclamé est inexact dès lors que la somme réclamée au notaire le 31 janvier était de 3 683,62 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er septembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de Mme D a été entendu, puis les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A E, décédée le 14 avril 2018, était bénéficiaire de l'allocation de logement sociale. Par courrier du 13 mars 2019, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a informé Me Massip, notaire en charge de sa succession de l'existence d'un indu à hauteur de la somme totale de 4 653 euros. Par un courrier du 2 septembre 2019, la même autorité a informé Mme C E, fille de la défunte, de la quote-part de cet indu, d'un montant de 775,50 euros, mise à sa charge en sa qualité d'héritière. Par décision du 10 février 2020, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a rejeté le recours formé par Mme C E à l'encontre de cette décision. Par la présente requête, Mme C E demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 2 septembre 2019 :
2. Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
3. Il résulte de l'instruction que le 22 novembre 2019, Mme E a formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 2 septembre 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques lui a notifié un indu d'allocation de logement sociale pour un montant de 775, 50 euros. La décision du 7 février 2020 portant rejet de ce recours administratif préalable obligatoire s'est ainsi nécessairement substituée à la décision du 2 septembre 2019 de sorte que les conclusions tendant à son annulation ne sont pas recevables.
Sur la régularité de la décision du 7 février 2020 :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. La décision du 7 février 2020, qui vise notamment les dispositions applicables du code de la construction et de l'habitation, énonce que Mme A E n'occupait pas son logement, de sorte qu'elle ne remplissait pas les conditions d'octroi de l'allocation de logement sociale. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation.
Sur le bien-fondé de l'indu d'allocation de logement sociale :
6. Aux termes de l'article de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° l'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocation de logements : () b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 822-2 du même code : " I. Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : 1° Les personnes de nationalité française ; () / II. Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. () ".
7. De plus, selon l'article R. 351-1 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur : " L'aide personnalisée au logement instituée par l'article L. 351-1 est attribuée, pour leur résidence principale, aux personnes qui occupent : () soit un logement à usage locatif, () La notion de résidence principale doit être entendue au sens du logement effectivement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure () ". Cette disposition est, depuis le 24 juillet 2019, repris par l'article R. 822-23 du même code, qui précise ainsi : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ".
8. Il résulte des termes de la décision du 7 févier 2020 que l'indu en litige a pour origine l'absence d'occupation effective de son logement par Mme A E, la mère de la requérante, laquelle ne remplissait dès lors plus les conditions lui permettant de bénéficier de l'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er octobre 2016 au 30 avril 2018. Si Mme E soutient néanmoins que sa mère occupait effectivement son logement durant cette période, il résulte de l'avis de la commission de recours amiable du 7 février 2020 que devant cette commission, le conseil de Mme E a notamment indiqué que Mme A E ne pouvait plus vivre seule et qu'elle " se rendait régulièrement chez elle pour ouvrir l'appartement et a continué à payer son loyer, refusant de donner congé à son bailleur malgré les conseils de ses enfants. ". Dans ces conditions, Mme E, qui n'apporte dans le cadre de la présente instance, aucune pièce susceptible de remettre en cause ces éléments, ne conteste pas utilement le bien-fondé de l'indu mis à la charge de la succession de sa défunte mère, et donc la quote-part qui lui est réclamée par la décision du 7 février 2020. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur de fait doivent donc être écartés.
9. Enfin, si le courrier adressé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques le 31 janvier 2020 au cabinet notarial chargé de la gestion de la succession de Mme A E, mentionne que le solde de l'indu s'établissait alors à la somme de 3 683,62 euros, il ressort des écritures en défense produites par cet organisme, lesquelles ne sont pas utilement contredites, que la différence avec le montant de l'indu initialement notifié le 8 octobre 2018, résulte seulement des remise partielles de dette accordées à certains des héritiers. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'indu initialement réclamé, et par voie de conséquence la quote-part mise à sa charge, seraient erronés dans leur montant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme E, tendant à l'annulation des décisions par lesquelles la caisse d'allocation familiale des Pyrénées-Atlantiques a mis à la charge de la succession de Mme A E et à défaut à celle de la requérante, en sa qualité d'héritière, un indu d'allocation de logement sociale, doivent être rejetées. De même par voie de conséquence que ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C E et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. B
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026