jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP CASADEBAIG & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 avril 2020 et le 21 juillet 2022, la confédération générale du travail (CGT) du centre hospitalier de la Côte Basque, représentée par la Selarl Casadebaig et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 179/2020 du 16 janvier 2020 de la direction des ressources humaines du centre hospitalier de la Côte Basque portant organisation du temps de travail en douze heures des assistants de régulation médicale ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de la Côte Basque de procéder au réexamen et à la modification des plannings applicables depuis le 1er janvier 2020 aux assistants de régulation médicale dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque à lui verser la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque au paiement des entiers dépens.
Elle soutient que :
-la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
-la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'information préalable des agents dans un délai de quinze jours du tableau de service ;
-la décision attaquée méconnaît les dispositions sur le temps de travail hebdomadaire prévues par l'article 6 du décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 ;
-le centre hospitalier a fait une inexacte application des dispositions de l'article 7 du décret du 4 janvier 2002 à défaut de contraintes de continuité du service public fondant en permanence le régime dérogatoire relatif aux cycles de travail de douze heures mis en œuvre ; la décision contestée est disproportionnée, le service fonctionnant de manière continue et sans difficulté avec les cycles de travail de 7 h 45.
Par un mémoire, enregistré le 30 novembre 2021, le centre hospitalier de la Côte Basque, représenté par Mme E B, directrice des ressources humaines, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 juillet 2022, la clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 23 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gourgues, représentant la confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque.
Considérant ce qui suit :
1. Le service d'aide médicale urgente du centre hospitalier de la Côte Basque (SAMU 64) comprend des assistants de régulation médicale qui participent à la régulation médicale permanente des situations d'urgence en assurant les fonctions de réception et d'orientation des appels parvenant au standard sous la responsabilité de médecins régulateurs. Leur temps de travail quotidien est organisé en cycles comportant des tranches horaires d'une durée de sept heures et quarante-cinq minutes chacune afin d'assurer la permanence de la régulation médicale. Le centre hospitalier a souhaité augmenter ce temps de travail quotidien à douze heures. Par courriel du 8 octobre 2019, Mme D F, cadre de santé urgences/SAMU/SMUR du centre hospitalier de la Côte Basque, a demandé à ces agents de signer une version de planning avec des durées de travail de sept heures et quarante-cinq minutes et deux versions de planning avec des durées de travail de douze heures. La confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque a présenté un recours administratif contre cette décision par courrier du 29 novembre 2019, réceptionné le 4 décembre 2019. Par courrier du 29 janvier 2020, le centre hospitalier a rejeté ce recours. Par décision n° 179/2020 du 16 janvier 2020, la directrice des ressources humaines doit être regardée comme informant de la décision du directeur de mettre en application à compter du 1er janvier 2020 des tableaux de service des assistants de régulation médicale avec des cycles de travail comportant des temps de travail quotidiens d'une durée de douze heures pendant plus de quarante-huit heures de travail effectif pour une période de sept jours de travail glissants. Par une requête enregistrée le 15 avril 2020, la confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision ainsi que des tableaux de service concourant à sa mise en œuvre effective.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2002-9 : " La durée du travail est fixée à 35 heures par semaine dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " L'organisation du travail doit respecter les garanties ci-après définies. / La durée hebdomadaire de travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder quarante-huit heures au cours d'une période de 7 jours. / Les agents bénéficient d'un repos quotidien de 12 heures consécutives minimum et d'un repos hebdomadaire de 36 heures consécutives minimum. / Le nombre de jours de repos est fixé à 4 jours pour 2 semaines, deux d'entre eux, au moins, devant être consécutifs, dont un dimanche. ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail définis par service ou par fonctions et arrêtés par le chef d'établissement après avis du comité technique d'établissement ou du comité technique paritaire. / Le cycle de travail est une période de référence dont la durée se répète à l'identique d'un cycle à l'autre et ne peut être inférieure à la semaine ni supérieure à douze semaines ; le nombre d'heures de travail effectué au cours des semaines composant le cycle peut être irrégulier. / Il ne peut être accompli par un agent plus de 44 heures par semaine. / Les heures supplémentaires et repos compensateurs sont décomptés sur la durée totale du cycle. Les repos compensateurs doivent être pris dans le cadre du cycle de travail ". Enfin, aux termes du dernier alinéa de l'article 11 du même décret : " () Il ne peut être effectué plus de 39 heures hebdomadaires en moyenne sur le cycle, hors heures supplémentaires, ni plus de 44 heures par semaine, hors heures supplémentaires, en cas de cycle irrégulier ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la durée de travail effectif des agents de la fonction publique hospitalière ne peut excéder quarante-huit heures, heures supplémentaires comprises, au cours d'une période de sept jours, ni quarante-quatre heures, heures supplémentaires non comprises, au cours d'une semaine civile, ni trente-neuf heures en moyenne par semaine civile, heures supplémentaires non comprises, au cours d'un cycle irrégulier. Les articles 6 et 16 à 19 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail, qui disposent que la durée hebdomadaire du travail calculée sur une période de référence pouvant aller de quatre à douze mois ne peut excéder quarante-huit heures en moyenne par semaine civile, heures supplémentaires comprises, sont sans incidence sur l'interprétation à retenir des dispositions de l'article 6 du décret cité ci-dessus, selon lesquelles la durée hebdomadaire maximale de travail, calculée de façon absolue et non en moyenne, " ne peut excéder quarante-huit heures au cours d'une période de 7 jours ". Eu égard à la lettre et à l'objet des dispositions relatives au temps de travail, qui visent à assurer la protection de la santé et la sécurité des salariés, ces dernières dispositions doivent être interprétées comme imposant que la durée du travail effectué par un agent de la fonction publique hospitalière au cours de toute période de sept jours, déterminée de manière glissante, et non au cours de chaque semaine civile, n'excède pas quarante-huit heures.
4. Il ressort des pièces du dossier que la réorganisation du temps de travail des assistants de régulation médicale du service d'aide médicale d'urgence du centre hospitalier de la Côte Basque par la mise en place de cycles de travail comportant des journées de douze heures, actée par la décision attaquée, met en œuvre des tableaux de services, présentés en comité technique d'établissement lors du recueil de l'avis de ce comité sur la décision attaquée, fixant pour les assistants de régulation médicale du SAMU 64 une durée de travail excédant la durée maximale établie par ce décret à quarante-huit heures, heures supplémentaires comprises, sur toute période de sept jours, déterminée de manière glissante. Par suite, la confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque est fondée à soutenir que, par la décision attaquée accompagnée des tableaux de service communiqués par le syndicat à l'appui de sa requête, le centre hospitalier de la Côte Basque a méconnu les dispositions de l'article 6 du décret précité en tant que la décision contestée prévoit la mise en œuvre de cycle de travail des assistants de régulation médicale comportant une durée quotidienne de travail dérogatoire de douze heures pendant plus de quarante-huit heures de travail effectif pour une période de sept jours de travail glissants.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 16 janvier 2020 en ce qu'elle prévoit la mise en œuvre de cycle de travail des assistants de régulation médicale comportant une durée quotidienne de travail dérogatoire de douze heures pendant plus de quarante-huit heures de travail effectif pour une période de sept jours de travail glissants doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique que les modalités d'organisation du temps de travail des assistants de régulation médicale soient réexaminées dans le respect des dispositions applicables. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au centre hospitalier de la Côte Basque de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent
jugement.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque une somme de 1 200 euros à verser à la confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision n° 179/2020 du 16 janvier 2020 du centre hospitalier de la Côte Basque en tant qu'elle prévoit la mise en œuvre de cycle de travail des assistants de régulation médicale comportant une durée quotidienne de travail dérogatoire de douze heures pendant plus de quarante-huit heures de travail effectif pour une période de sept jours de travail glissants est annulée à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier de la Côte Basque de procéder au réexamen des modalités d'organisation du temps de travail des assistants de régulation médicale dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de la Côte Basque versera à la confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque une somme de 1 200 (mille deux cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la confédération générale du travail du centre hospitalier de la Côte Basque et au centre hospitalier de la Côte Basque.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
Z. CLa présidente,
signé
M. A
La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026