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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2000833

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2000833

lundi 19 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2000833
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantPECASSOU-CAMEBRAC & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 avril 2020, et des mémoires, enregistrés les 25 janvier 2021 et 27 mai 2022, M. D C et la SCI d'Aguerrezahar, représentés par Me Coto, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre principal, de prononcer l'annulation totale de la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Lahonce et, à titre subsidiaire, de l'annuler partiellement, en tant qu'elle approuve le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée section AO n° 17 ainsi que des parcelles AL n°s 39 et 40, le classement pour partie en zone agricole et pour partie en zone naturelle de la parcelle cadastrée section AO n° 153 et le classement pour partie en zone urbanisée de la parcelle cadastrée section AK n° 129 ;

2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Pays Basque d'élaborer un nouveau classement des parcelles leur appartenant (AO 17 et 153, et AL 39 et 40) dans une zone autre qu'une zone A, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas établi que M. A disposait d'une délégation de signature régulière pour signer la délibération ;

- les conseillers communautaires n'ont pas disposé avant la séance du conseil communautaire au cours de laquelle a été adoptée la délibération du 29 juin 2019 arrêtant le projet de PLU, et pas davantage avant la séance au cours de laquelle la délibération du 22 février 2020 a été adoptée, de l'ensemble du projet de plan, ainsi que des modifications apportées aux projets, en vue de tirer les conséquences de l'enquête publique et des avis émis par les personnes publiques associées, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, applicables en vertu de l'article L. 5211-1 du même code ;

- il n'est pas non plus établi qu'ils avaient été régulièrement convoqués à la séance du 22 février 2020 ;

- la communauté d'agglomération Pays Basque doit démontrer que les mesures de publicités prévues aux articles R. 153-20 et 21 du code de l'urbanisme, à savoir l'affichage et la mention de cet affichage dans un journal diffusé dans le département, ont été respectées en ce qui concerne la délibération du 26 juillet 2016 prescrivant la révision du PLU, et les délibérations des 29 juin 2019 et 20 février 2020 ;

- il n'est pas démontré que le projet de plan arrêté en 2019 a été soumis pour avis à la commune de Lahonce, en méconnaissance de l'article L. 153-33 du code de l'urbanisme ;

- par ailleurs, le classement en zone agricole des parcelles en litige est entaché d'erreur de droit dès lors que les conditions de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme ne sont pas respectées ; il n'est en outre pas justifié et n'est pas compatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale (SCoT) ; il méconnait, également, les principes des articles L. 101-1 et 2 du code de l'urbanisme ;

- le classement en zone agricole de ces parcelles, ainsi que le classement en zone N d'une partie de la parcelle cadastrée section AO n° 153, sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation ;

- il en est de même du classement pour partie en zone urbanisable de la parcelle cadastrée section AK n° 129.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 décembre 2020 et le 10 décembre 2021, la communauté d'agglomération Pays Basque, représentée par la selarl Pecassou-Camebrac et associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme afin de procéder à une éventuelle régularisation, et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle précise qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé et, qu'en cas de besoin, le tribunal pourrait sursoir à statuer afin de laisser à la communauté d'agglomération un délai pour régulariser l'éventuelle irrégularité dont pourrait être entachée la délibération attaquée.

Par une ordonnance du 11 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 8 juin 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code générale des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,

- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Coto pour les requérants et de Me Logeais pour la communauté d'agglomération Pays Basque.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce. Par la présente requête, M. C et la SCI d'Aguerrezahar demandent au tribunal, à titre principal, de prononcer l'annulation totale de cette délibération et, à titre subsidiaire, de prononcer son annulation partielle, en tant seulement qu'elle classe en zone agricole (zone A) la parcelle cadastrée section AO n° 17 ainsi que les parcelles AL n°s 39 et 40, qu'elle classe également pour partie en zone agricole et pour partie en zone naturelle la parcelle cadastrée section AO n° 153 ainsi qu'en tant qu'elle classe pour partie en zone urbanisée la parcelle cadastrée section AK n° 129.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire de la délibération attaquée :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 23 décembre 2019, pris en application des dispositions de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales, régulièrement publié au recueil des actes de cet établissement public, le président de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a donné à, M. A, directeur général des services de la communauté d'agglomération, délégation pour signer notamment les copies des délibérations du conseil communautaire figurant au registre. Le moyen ne peut donc, en tout état de cause, qu'être écarté.

En ce qui concerne l'information des conseillers communautaires :

3. Aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relative au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. / Pour l'application des dispositions des articles L. 2121-8, L. 2121-9, L. 2121-11, L. 2121-12, L. 2121-19 et L. 2121-22, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus s'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus. Ils sont soumis aux règles applicables aux communes de moins de 3 500 habitants dans le cas contraire ". Aux termes de l'article L. 2121-10 du même code, dans sa rédaction en vigueur : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. () ". Et selon l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".

4. D'une part, et en tout état de cause, dès lors qu'en application du 2ème alinéa de l'article L. 600-1 ce moyen n'est plus recevable à l'encontre de la délibération du 29 juin 2019 arrêtant le projet de PLU, la CAPB produit la justification de la convocation du 21 juin 2019 adressée par voie postale aux conseillers communautaires s'agissant de la séance du conseil communautaire du 29 juin 2019 au cours de laquelle le projet de PLU a été arrêté. En outre, elle produit la convocation du 14 février 2020 qui leur a été adressée en vue de la séance du conseil communautaire du 22 février 2020 au cours de laquelle la délibération approuvant le PLU de Lahonce a été adoptée. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté en ces deux branches.

5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les ordres du jour complets, assortis des rapports de présentation correspondants, contenant, en particulier, les projets de délibération et, en qui concerne la séance du 22 février 2020, les modifications devant être apportées au projet de PLU arrêté, pour tenir compte des avis joints au dossier d'enquête publique, des observations du public, ainsi que du rapport et des conclusions du commissaire-enquêteur dont il est proposé de lever les réserves, lesquelles modifications figuraient dans un tableau, étaient annexés aux convocations. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les conseillers communautaires n'auraient pas été mis à même d'exercer, en tant que de besoin, leur droit à l'information en demandant des précisions en séance, afin d'être à même de délibérer en toute connaissance de cause. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 2121-10, L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, lors de la procédure d'adoption de la délibération du 29 juin 2019 arrêtant le projet de plan local d'urbanisme et de la délibération du 22 février 2020 adoptant ledit PLU, doivent être écartés.

En ce qui concerne les mesures de publicité de la délibération prescrivant la révision générale du plan local d'urbanisme, de la délibération approuvant le projet de plan et de celle approuvant ledit plan local d'urbanisme :

6. Ainsi que le souligne la communauté d'agglomération en défense, ce moyen ne peut plus être soulevé, en application des dispositions du 2ème alinéa de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme, à l'encontre de la délibération du 26 juillet 2016 prescrivant la révision générale du plan local d'urbanisme de Lahonce. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, en particulier des attestations d'affichage du maire de Lahonce et de la conseillère déléguée de la CAPB, ainsi que des extraits du journal " Les petites affiches " édition Pays Basque, que les formalités d'affichage de la délibération du 29 juin 2019 arrêtant le projet de PLU et de la délibération du 22 février 2020 approuvant ledit plan local d'urbanisme, ainsi que la mention de ces affichages, en caractères apparents, dans un journal diffusé dans le département, prévues aux articles R. 153-20 et 21 du code de l'urbanisme, ont été respectées. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne l'avis de la commune de Lahonce sur le projet de plan local d'urbanisme :

7. En vertu de l'article L. 153-33 du code de l'urbanisme, le projet de plan local d'urbanisme est soumis pour avis aux communes intéressées par la révision. En l'espèce, il ressort des mentions figurant sur la délibération du 29 juin 2019, qui font foi jusqu'à la preuve contraire, qui n'est apportée en l'espèce, que le conseil municipal de Lahonce a donné un avis favorable au projet de plan local d'urbanisme lors de sa séance du 17 juin 2020. Le moyen sera donc écarté.

En ce qui concerne la contestation de la zone 1AU1 :

8. En vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Et aux termes de l'article R 151-20 du même code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. "

9. Il ressort des pièces du dossier que les auteurs du PLU ont retenu que les espaces au sud du centre-bourg ne doivent pas connaître de développement conséquent au-delà des enveloppes urbaines, et que l'ouverture à l'urbanisation doit se faire dans le secteur Irigoin par le biais d'une opération d'aménagement et de programmation (OAP) qui se traduit dans le règlement du PLU de Lahonce par les zones 1AU1 (représentant environ 1 ha 67), 1AU2 (représentant 1 ha 60) et 1AU3 (représentant 1 ha 80) qui se situent en " couronne périphérique du bourg ", à la jonction entre les habitations pavillonnaires proches du bourg et les maisons un peu plus éloignées, proches des espaces agricoles naturels et forestiers. Le rapport de présentation précise également que les zones 1AU1, 1AU2 et 1AU3 correspondent à l'ordre dans lequel l'urbanisation sera envisagée, ordre qui pourra cependant être modifié, le principe étant une ouverture progressive de l'urbanisation dans le temps, et non une urbanisation concomitante de ces zones, en vue de réaliser au total environ 160 logements. Cette OAP est décrite comme s'inscrivant dans l'orientation du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) visant à affirmer le rôle structurant de la centralité du bourg, en proposant une offre diversifiée de logements (individuels et collectifs, mixité sociale) et à préserver, sur le reste du territoire, les milieux naturels et agricoles.

10. Si les requérants reprennent à leur compte les avis émis par les services de l'Etat et par le commissaire enquêteur selon lesquels, l'urbanisation de ces zones devra être programmée, ainsi que le prévoit le schéma de cohérence territoriale (SCoT), après l'aménagement des secteurs situés dans l'enveloppe urbaine, pour autant, aucune incohérence entre ce zonage et le rapport de présentation ne peut être censurée dès lors que deux de ces zones (1AU1 et 1AU2) se situent, précisément, dans l'enveloppe urbaine identifiée dans le rapport de présentation et que cette opération d'aménagement et de programmation (OAP) traduit la volonté des auteurs du PLU de contrôler le développement urbain.

11. En outre, il est soutenu que le potentiel de densification retenu dans le rapport de présentation, tenant compte des espaces retirés des zones urbanisables pour des motifs de protection des paysages, permet déjà d'atteindre les objectifs de création de logements, de sorte que le classement critiqué de la parcelle AO n° 153 en zone A et N, alors qu'elle était précédemment classée en zone urbanisable, méconnaîtrait tant les intentions des auteurs du PLU, que les objectifs du SCoT. Toutefois, ainsi que déjà précisé, si certes le parti pris d'urbanisme des auteurs du PLU, conformément aux objectifs du SCoT, vise à recentrer l'urbanisation dans les secteurs déjà bâtis, pour les mêmes raisons que celles précisées au point précédent, aucune incohérence entre ce classement et les intentions des auteurs du plan local d'urbanisme, ou entre le PLU et le SCoT, à l'échelle du territoire communal, ne peut être retenu. En outre, le document d'orientations et d'objectifs (DOO) du SCoT de Bayonne et Sud des Landes indique que des zones à urbaniser pourront être créées en épaississement de l'enveloppe urbaine, laquelle enveloppe devra être préalablement déterminée. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le classement en zone 1AU2 du secteur Irigoin, particulièrement contesté, situé à proximité des parcelles appartenant aux requérants, correspondant aux caractéristiques indiquées au point 10. Dans ces conditions, aucune erreur manifeste d'appréciation de ce zonage, et aucune incohérence entre le règlement du PLU sur ce point et le SCoT, à supposer ce moyen soulevé, ne peuvent davantage être censurées.

12. Enfin, s'il est également soutenu que la création, en application de l'article L 151-13 du code de l'urbanisme, d'un secteur de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL) dans lequel les constructions peuvent être autorisées sous conditions, aurait été plus adapté à ces secteurs, il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité des classements retenus.

En ce qui concerne la contestation du classement de parcelles :

S'agissant du classement en zone agricole des parcelles cadastrées section AO n° 17, AL n°s 39 et 40 et d'une partie de la parcelle AO n° 153 :

13. Aux termes de l'article R. 151-22 dudit code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Et aux termes de l'article R. 151-23 de ce code : " Peuvent être autorisées, en zone A : / 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci. ".

14. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils ne sont ainsi pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Ces derniers peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone agricole, pour les motifs énoncés aux articles R. 151-22 du code de l'urbanisme, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un détournement de pouvoir.

15. Il ressort des pièces du dossier, notamment du projet d'aménagement et de développement durables, que les auteurs du plan local d'urbanisme de Lahonce ont entendu réduire de 40% la consommation des espaces naturels, agricoles et forestier, enrayer la réduction du nombre d'exploitations agricoles, redéployer cette activité, en préservant des potentialités agricoles afin qu'elles puissent être utilisées, et également protéger des espaces agricoles qui participent à la biodiversité (espaces de prairies de fauche, de prairies humides) ainsi qu'à la valeur paysagère de certains sites. En outre, la parcelle AO 17, et la majeure partie de la parcelle AO 153, qui est de superficie plus importante et présente une déclivité, et qui a servi de pâturage pour des chevaux, sont toutes deux comprises dans un secteur à vocation agricole, naturelle et forestière. Ainsi, même si une construction figure sur la parcelle AO 17, en tenant compte du parti pris d'urbanisme retenu, ledit classement en zone A ne méconnait nullement les dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme et n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

16. En revanche, les parcelles AL 39 et 40, de faible superficie, figurent dans l'enveloppe urbaine cartographiée dans le rapport de présentation, sont desservies par les réseaux, et comportent toutes les deux des constructions, qui ne font pas partie des structures agricoles bâties, recensées en 2018. Il est justifié de ce que ces constructions ont été réalisées en vertu de permis de construire délivrés en 2010 et 2019, et qu'il s'agit de logements réalisés dans les anciennes écuries de l'exploitation agricole transformées par le propriétaire des parcelles et gérant de cette ancienne exploitation, M. C, ainsi que d'un garage, situé sur la parcelle AL 39 de superficie très réduite, qui a lui-même fait l'objet de changements d'affectation. Ces parcelles sont, en outre, en contact, au nord, avec une zone 1AU3 où la construction de logements est projetée par la commune, et se situent, au sud, en face de parcelles construites et formant un ensemble bâti cohérent. Dans ces conditions, quand bien même ces parcelles formaient, avec les parcelles AO 17 et 153, un ensemble autrefois destiné à l'activité équine exercée par M. C, leur classement en zone A procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la partie de la parcelle cadastrée section AO n° 153 classée en zone N :

17. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; /3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; () ".

18. En l'espèce il ressort des pièces du dossier que la partie sud/sud-ouest de la parcelle AO n° 153, classée en zone N, est composée de boisements et se trouve en contact direct avec d'autres parcelles boisées, également classées en zone N. Par suite, à supposer que ce moyen soit soulevé, aucune incohérence ni aucune erreur manifeste d'appréciation de ce classement ne peut être retenue.

S'agissant du classement pour partie en zone urbanisée de la parcelle AK n° 129 :

19. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AK n° 129 est classée pour partie en zone A et pour partie en zone UB, tout en étant grevée d'un emplacement réservé pour la réalisation d'un programme de logement. La partie de la parcelle classée en zone urbanisable se situe entre deux parcelles construites, dans le centre bourg de Lahonce, ce qui justifie que la réalisation de logements soit envisagée et fonde la servitude dont elle fait l'objet. Aucune erreur manifeste d'appréciation ne peut donc être censurée.

En ce qui concerne la méconnaissance des articles L. 101-1 et L.101-2 du code de l'urbanisme :

20. Le moyen tiré de la méconnaissance, par les auteurs du PLU de Lahonce, des dispositions des articles L. 101-1 et 2 du code de l'urbanisme, relatives en particulier au principe d'équilibre et à l'utilisation économes des espaces qu'un document d'urbanisme doit poursuivre, n'est pas assorti des précisions permettant d'en trancher le bien-fondé.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et la SCI d'Aguerrezahar sont seulement fondés à soutenir que le classement en zone agricole des parcelles cadastrées section AL n°s 39 et 40 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Sur la régularisation :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

23. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme : " En cas d'annulation partielle par voie juridictionnelle d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente élabore sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation. / () " .

24. En l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer l'injonction et l'astreinte demandées.

Sur les frais de l'instance :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions présentées par la communauté d'agglomération, dirigées contre les requérants qui n'ont pas la qualité de partie perdante. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays Basque une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et la SCI d'Aguerrezahar sur le fondement de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération du 22 février 2020 de la communauté d'agglomération Pays Basque approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce est annulée en tant qu'elle classe en zone agricole les parcelles cadastrées section AL n° 39 et n° 40.

Article 2 : La communauté d'agglomération Pays Basque versera à M. C et à la SCI d'Aguerrezahar la somme de 1 000 euros (mille euros) au titre de l'article L. 761- du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par M. C et la SCI d'Aguerrezahar est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Pays Basque sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-9 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à la SCI d'Aguerrezahar et à la communauté d'agglomération Pays Basque.

Copie sera adressée pour information à la commune de Lahonce.

Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Perdu, présidente,

Mme Duchesne, conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,

M. B

La greffière,

P. UGARTE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

N° 20000833

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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