mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000839 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 15 avril 2020, le 7 juillet 2021 et le 9 novembre 2021, l'association Les Amis de la Terre - Landes, représentée par sa présidente, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 27 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal applicable sur le territoire de la communauté de communes ;
2°) et de mettre à la charge de la communauté de communes, la somme de 1 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie, au vu de ses statuts et de son objet, d'un intérêt à agir et sa présidente est habilitée à agir en justice pour l'ensemble des actions contentieuses en lien avec son objet ;
- le rapport de présentation est insuffisant et méconnaît les exigences des articles L. 104-4 et R. 151-3 du code de l'urbanisme, en ce qui concerne les communes de Labenne, Capbreton, Soorts-Hossegor, Soustons, Messanges et Moliets-et-Maâ, le rapport de présentation ne contenant pas de précision sur l'état initial de secteurs boisés, ouverts à l'urbanisation ou faisant l'objet d'extensions de l'exploitation de carrières, ainsi que sur les descriptions et l'évaluation des incidences notables du projet de plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) et sur les mesures pour éviter, réduire et compenser ces incidences ;
- le règlement du PLUI méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, en ce qui concerne les extensions de l'urbanisation autorisées dans les communes de Labenne, Capbreton, Soorts-Hossegor, Seignosse, Messanges et Moliets-et-Maâ ;
- par ailleurs, la zone 2AU créée à Capbreton méconnaît également les articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme, ne respecte pas l'autorité de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Bordeaux dans son arrêt du 27 avril 2017, n° 15BX011314 et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la zone " naturelle et de sport " identifiée dans le secteur le Penon à Seignosse est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- la zone urbaine du secteur le Rey à Soorts-Hossegor méconnaît les articles L. 121-22 et L. 121-16 du code de l'urbanisme, ne respecte pas l'autorité de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Bordeaux dans son arrêt du 20 décembre 2001, n° 98BX01019, et méconnaît également les articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme ;
- enfin, l'extension d'une exploitation de carrière sur la commune de Messanges méconnaît l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 juin 2021 et le 25 octobre 2021, la communauté de commune Maremne Adour Côte-Sud, représentée par le cabinet Noyer-Cazcarra avocats, désormais représentée par le cabinet HMS Atlantique avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle précise que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 novembre 2022 à 12 heures.
Un mémoire, présenté pour la communauté de commune Maremne Adour Côte-Sud, a été enregistré le 31 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- la directive 92/43/CEE du 21 mai 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- les observations de l'association Les Amis de la Terre - Landes, représentée par Mme Letaconoux, présidente,
- et les observations de Me Cazcarra, représentant la communauté d'agglomération de Maremne Adour Côte-Sud, en présence de ses représentants Mme C et M. A.
Une note en délibéré, présentée par l'association Les Amis de la Terre - Landes, a été enregistrée le 31 mai 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Maremne Adour Côte-Sud a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal applicable sur son territoire. Par la présente requête, l'association Les Amis de la Terre - Landes demande au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'insuffisance du rapport de présentation :
2. Aux termes de l'article L. 104-4 du code l'urbanisme " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 : 1° Décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement ; / 2° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives ; / 3° Expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu ". Les dispositions de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme dispose qu'" Au titre de l'évaluation environnementale, le rapport de présentation : () 2° Analyse l'état initial de l'environnement et les perspectives de son évolution en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; / 3° Analyse les incidences notables probables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement, notamment, s'il y a lieu, sur la santé humaine, la population, la diversité biologique, la faune, la flore, les sols, les eaux, l'air, le bruit, le climat, le patrimoine culturel architectural et archéologique et les paysages et les interactions entre ces facteurs, et expose les problèmes posés par l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; / 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; / 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ".
3. Si les plans locaux d'urbanisme intercommunaux font l'objet d'une évaluation environnementale destinée à identifier, décrire, évaluer les effets notables que leur mise en œuvre peut avoir sur l'environnement et à exposer les motifs du choix des principales orientations retenues, cette évaluation n'a pas à porter sur chacun des grands projets structurants susceptibles de figurer sur le PLUI, lequel en l'espèce a vocation à s'appliquer sur le territoire de 23 communes dont 8 communes littorales. Le rapport de présentation doit être proportionné à l'importance du PLUI, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux des zones considérées.
4. En ce qui concerne la délimitation de zones dédiées aux carrières, situées lieu-dit " Lamian " à Labenne, il ressort du rapport de présentation que sont identifiés des enjeux environnementaux qualifiés de moyenne importance, pour ces carrières déjà existantes qui peuvent être étendues dans un secteur n'affectant aucun site protégé, et dont l'exploitation est conditionnée par le respect de certaines conditions, l'autorisation préfectorale délivrée à un exploitant, en 2008, étant en particulier jointe en annexe, et comprenant de nombreuses prescriptions (superficie, profondeur, mesures de prévention des dangers et risques pour l'ensemble des intérêts visés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement). Le rapport de présentation prend également en compte le schéma départemental des carrières des Landes qui recense l'impact général des carrières existantes sur l'environnement, évalue leurs besoins actuels et futurs, et justifie de la compatibilité du PLUI avec ce document supérieur.
5. En ce qui concerne le secteur du Grand Bruca à Capbreton, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est soutenu, le rapport de présentation comporte une étude environnementale dédiée à ce secteur. La zone 2 AU en litige est décrite comme comprenant un habitat naturel d'intérêt communautaire " pinède à sous-bois de chêne liège ", défini par la directive 92/43/CEE adopté par le Conseil le 21 mai 1992, identifié par l'étude environnementale d'avril 2019 du cabinet Terra Environnement et annexée au PLUI, tandis qu'en outre, la zone jouxte au Sud ainsi qu'à l'Est des zones naturelles dont certaines parcelles sont classées en " espace boisé classé " " hors loi littoral ". L'étude précitée conclut à un enjeu fort de conservation de cet habitat et l'étude environnementale figurant au rapport de présentation mentionne, décrit, évalue et présente les mesures d'évitement des incidences de cette ouverture à l'urbanisation, sur l'environnement, la faune et la flore présentes. Le rapport de présentation justifie également du choix du classement en zone 2 AU de cette zone par la carence de foncier public et privé à urbaniser, en dehors des zones à risques littoraux et des zones naturelles, mais aussi par la prise en compte du risque de submersion marine et le recul du trait de côte qui affectent la partie de la commune située au plus près de la bande littorale. Enfin, est soulignée la prise en compte de précédents jurisprudentiels ayant eu à connaître de cette zone, du principe de continuité de l'urbanisation dans les communes littorales, de l'absence d'atteinte au périmètre du site inscrit des Etangs Landais Sud, de la préservation des dunes littorales, et de la protection des espèces patrimoniales. A cet égard, à l'échelle du PLUI, les insuffisances alléguées de l'étude environnementale sur ce secteur ne peuvent donc être retenues.
6. En ce qui concerne le secteur du Rey, situé à Soorts-Hossegor, à l'Est du lac Marin d'Hossegor, il ressort du rapport de présentation que cette zone de superficie réduite, située en bordure du lac d'Hossegor, est décrite comme partiellement anthropisée, qualifiée de " forêt urbanisée ", ne présentant que des enjeux environnementaux faibles et qu'en conséquence, les auteurs du PLUI n'ont pas fait réaliser d'étude environnementale spécifique, dédiée à ce secteur. La circonstance alléguée que ce secteur aurait dû être considéré comme une coupure d'urbanisation, ne peut à ce stade être opposée. Le rapport de présentation apparaît proportionné à la sensibilité non sérieusement contestée de la zone.
7. En ce qui concerne la zone de sports et de loisirs, de superficie limitée, comprenant de la végétation, située dans le secteur du Hargous à Soorts-Hossegor, à proximité d'une zone densément urbanisée, il ressort du rapport de présentation que les auteurs du PLUI envisagent d'y créer un parcours d'accrobranches et, en l'état, en l'absence de toute sensibilité particulière de ce secteur démontrée ou ressortant des pièces du dossier, aucune insuffisance du rapport de présentation du PLUI ne peut être censurée.
8. En ce qui concerne l'analyse de l'état initial et la justification des zones 1AU et 2AU dont la création à Soustons est contestée, situées dans le secteur du port d'Albret, il ressort du rapport de présentation, d'une part, que la zone 2AU, fermée à toute urbanisation, ne porte pas sur un secteur écologiquement sensible et que son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification du PLUI et à une future évaluation environnementale. Dans ces conditions, aucune insuffisance sur ce point du rapport de présentation ne peut être retenue. D'autre part, il ressort du rapport de présentation que la zone 1AU correspond à la volonté de relier la plage et le bourg de Soustons, et de déplacer l'aire de camping-car. Une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 1 concerne ainsi cette nouvelle aire naturelle de camping-car, classée en zone 1AU, et elle est présentée comme illustrant la démarche " d'aménagement durable des stations ". En outre, si le PLUI met en évidence les " intersections entre les réservoirs de biodiversités et les différentes zones 1AU " instaurées, ces intersections étant des indicateurs du niveau d'enjeux environnementaux, aucune zone sensible n'apparaît dans la zone 1AU en litige, ou à proximité.
9. En ce qui concerne, par ailleurs, l'extension d'une carrière et la création d'une zone urbaine au Sud de la commune de Messanges, il ressort des pièces du dossier que la carrière existante, à l'Est de la commune, se situe dans un secteur ne présentant que des enjeux environnementaux qualifiés de faibles, des constructions pouvant être autorisées sous réserve du respect des prescriptions. Il ressort également du rapport de présentation qu'il est tenu compte du schéma départemental des Carrières des Landes, lequel recense l'impact général sur l'environnement des carrières existantes, et évalue les besoins actuels et futurs et qu'il est justifié de la prise en compte des incidences sur l'environnement de cette exploitation par un renvoi en annexe aux arrêtés préfectoraux et aux mesures d'évitement, de réduction et de compensation imposées aux exploitants. Par ailleurs, si un changement de zonage a été retenu, au Sud de la commune de Messanges, à la limite de la commune de Vieux-Boucau-les-Bains, pour une ouverture à l'urbanisation d'une zone de onze hectares correspondant à l'extension d'une zone d'activité artisanale existante (ZAE n° 1), l'absence d'enjeux environnementaux dans ce secteur ressort dudit rapport de présentation, que ce soit dans l'évaluation globale de ces enjeux dans le territoire de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS) ou dans l'étude plus particulière des effets du projet sur le réseau Natura 2000 présent sur le territoire de la communauté de communes. Aucune insuffisance du rapport de présentation ne peut donc être retenue pour ces secteurs.
10. En ce qui concerne, enfin, l'analyse et l'évaluation des impacts sur l'environnement de la création d'une zone urbaine, correspondant à une parcelle de petite superficie, comprise dans un ilot boisé situé au milieu du parcours de golf se trouvant au Sud-Ouest de la commune de Moliets-et-Maâ, il ressort du rapport de présentation que la zone humide de Moliets, la Prade et Moïsans, est située à l'Est de cette parcelle ouverte à l'urbanisation, et aucune incidence de cette ouverture limitée à l'urbanisation sur cette zone sensible protégée n'est démontrée ni ne ressort des pièces du dossier.
11. Ainsi, il n'est pas démontré et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une incidence notable sur l'environnement d'un des zonages contestés a été omise et, par conséquent, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme :
12. Aux termes de l'article L. 121-8, dans sa version applicable : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littoral de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs ".
S'agissant de l'extension de la zone 1AU à Labenne :
13. S'il ressort des pièces du dossier que cette zone, de superficie limitée, ne se situe pas en continuité du village ou de l'agglomération de Labenne, l'association requérante n'établit ni même n'allègue que ce secteur (ZA d'Housquit) qui présente un nombre important de constructions et d'entreprises déjà implantées, sur une superficie existante de 30 hectares, n'est pas susceptible d'être qualifié de secteur déjà urbanisé, au sens du 2ème alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme précité, ainsi que précisé en défense. Le moyen doit donc être écarté.
S'agissant de la zone 2AU du secteur du Grand Bruca à Capbreton :
14. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies aériennes produites en défense, que le secteur du Grand Bruca, à l'Est de la commune de Capbreton, dans lequel est prévue la zone 2AU en litige se trouve dans la continuité de l'agglomération de Capbreton, et longe un ensemble bâti, comportant des lotissements composés d'habitations et de lieux de services, d'une densité significative. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-8 doit donc être écarté.
S'agissant de la zone naturelle de sports et loisirs située dans le secteur Hargous à Soorts-Hossegor :
15. Il ressort des pièces du dossier que cette zone, à l'Est du lac d'Hossegor, destinée à accueillir un parcours d'accrobranches, n'a ni pour objet ni pour effet de faire obstacle à l'application de la loi Littoral et, en outre, le règlement applicable à cette zone n'autorise nullement la délivrance d'autorisations de construire pour un projet qui ne serait pas en continuité avec les agglomérations ou villages existants, ni n'énonce qu'une telle autorisation pourrait être délivrée.
S'agissant de la zone naturelle de sports et de loisirs située dans le secteur du Penon à Seignosse :
16. Cette zone correspond à un centre équestre existant, et il ressort des pièces du dossier qu'elle peut être considérée comme située en continuité avec le Penon, secteur construit, identifié dans le schéma de cohérence territoriale (SCoT) comme un village, au sens et pour l'application des dispositions précitées du 1er alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'extension d'une zone urbaine au Sud de la commune de Messanges d'un secteur 1AU au Nord de la commune, et de la création d'une zone naturelle et touristique Nt3 :
17. D'une part, la zone 1AU, créée au Sud du territoire de cette commune, correspond à une extension de la ZAE existante, en continuité directe avec un secteur densément construit de la commune de Vieux-Boucau-les-Bains. Ainsi, eu égard notamment aux caractéristiques particulières d'une zone d'activité, aucune méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ne peut être retenue. Il en est de même en ce qui concerne, d'autre part, l'extension de la zone 1AU située plus au Nord de la commune, qui fait l'objet de l'OAP n° 1, dès lors qu'elle jouxte, au Sud, des espaces densément construits. Cette extension, d'ailleurs limitée, de l'urbanisation se situe donc en continuité avec une zone déjà urbanisée.
18. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que des boisements se trouvent à l'Ouest de la zone dont le classement en 1AU est contesté, ainsi que, plus loin, les zones humides de Moliets, la Prade et Moïsans (zone humide Natura 2000), et des espaces boisés classés (EBC), aucune illégalité du PLUI consistant à ne pas avoir classé l'ensemble de ce secteur dans la trame verte du PLUI ou de ne pas l'avoir qualifié de coupure d'urbanisme, ne peut être retenue dès lors notamment, ainsi que précisé, qu'une zone artisanale existe, préalablement à cette extension.
19. Par ailleurs, la zone naturelle touristique Nt3, d'une superficie de 6 hectares, située au Nord de Messanges, correspond à un camping existant et aucune construction n'y est autorisée. Ainsi, aucune méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ne saurait davantage être retenue sur ce point.
S'agissant de la zone urbaine créée à Moliets-et-Maâ :
20. Il ressort des pièces du dossier que la zone U litigieuse se situe au centre d'une ancienne ZAC touristique. A l'Ouest de cette zone urbaine, de taille réduite, se trouve un vaste secteur densément construit, comprenant selon la communauté de communes qui n'est pas contestée sur ce point, 162 constructions, tandis qu'à l'Est se trouvent également des constructions. L'association requérante ne peut en outre se prévaloir d'un jugement rendu par le présent tribunal, en 2001, qui ne concernait pas exactement le même secteur et qui ne faisait pas application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans leur version issue de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, dite " ELAN ". Enfin, en l'espèce, il n'est pas démontré et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en ouvrant à l'urbanisation cette zone, comprise dans un secteur structuré par des voies de circulation, comprenant des zones très construites, et qui comprend tous les réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, de sorte qu'il doit être regardé comme urbanisé, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, les auteurs du PLUI auraient méconnu ces dispositions de la loi Littoral.
En ce qui concerne la méconnaissance d'une coupure d'urbanisation :
21. Aux termes de l'article L. 121-22 du code de l'urbanisme : " Les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme doivent prévoir des espaces naturels présentant le caractère d'une coupure d'urbanisation. ".
22. L'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le secteur du Rey devait être classé en coupure d'urbanisation dès lors que les constructions présentes, mêmes éparses, font obstacle à cette qualification. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que, pour ce motif, son classement serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et ne justifie pas que la situation de ce secteur serait restée identique à celle jugée par la cour administrative d'appel en 2001, dans son arrêt n° 98BX01019, où était en cause la légalité du PLU de Soorts-Hossegor adopté en 1998.
En ce qui concerne la méconnaissance de la protection des espaces remarquables :
S'agissant de la zone 2AU située secteur du Grand Bruca à Capbreton :
23. Aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. / Un décret fixe la liste des espaces et milieux à préserver, comportant notamment, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 79/409 CEE du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages. ". L'article R. 121-4 du même code dispose que : " En application de l'article L. 121-23, sont préservés, dès lors qu'ils constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral et sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentent un intérêt écologique : () 7° Les parties naturelles des sites inscrits ou classés en application des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l'environnement, des parcs nationaux créés en application de l'article L. 331-1 du code de l'environnement et des réserves naturelles instituées en application de l'article L. 332-1 du code de l'environnement () ".
24. Il ressort des pièces du dossier qu'une précédente ouverture à l'urbanisation par les auteurs du PLU de Capbreton, d'une surface de 24 hectares dans ce secteur, couverte par la création d'une ZACOM, a été annulée par un arrêt n° 15BX01314 de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 27 avril 2017, et que la zone 2AU en litige présente une superficie réduite désormais à environ 8 hectares. Pour autant, l'étude environnementale réalisée à la demande de la communauté de communes afin d'actualiser les intérêts environnementaux de certains secteurs du territoire intercommunal, comprenant la zone en litige, relève que cette zone est toujours vierge de construction, entièrement boisée, constituée essentiellement de chênes lièges, qualifiée de " stade pionnier de développement des chênaies ", d'une pinède vallonnée à sous-bois de chênes lièges et recèle une plantation de pins sénescents. L'étude précise également qu'au vue du développement et de l'intensification de la végétation au Nord-Est du secteur, la fauvette pitchou, espèce protégée, n'y a pas été recensée mais que " l'absence de contact () n'est pas un indicateur de son absence certaine ", tandis que l'engoulevent d'Europe a été aperçu à l'Est du château d'eau, présent à l'Ouest de ce secteur, et que la nidation et le développement de la lucane cerf-volant sont favorisés par la présence de chênes lièges. En outre, dans son avis défavorable sur le projet de PLUI du 30 octobre 2019, le préfet des Landes a fait état de difficultés majeures figurant dans ce projet, en particulier, en raison de cette ouverture à l'urbanisation d'un " espace naturel remarquable ", de sorte que les autorisations nécessaires à l'aboutissement des projets d'urbanisation risquent " de ce fait d'être refusées ".
25. Ainsi, quand bien même le milieu a été partiellement détruit au Nord de ce secteur, l'association requérante est fondée à soutenir que cet espace naturel et vierge de toute construction, présente un intérêt écologique et le caractère d'un espace remarquable nécessaire au maintien des équilibres biologiques. Son ouverture à l'urbanisation, même réduite à 8 hectares ainsi que le souligne la communauté de communes en défense, porte ainsi atteinte au patrimoine naturel et à l'intérêt écologique de cette zone. La création de cette zone 2AU méconnaît donc les dispositions précitées de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme et doit être annulée.
S'agissant des communes de Seignosse et de Messanges :
26. En revanche, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et notamment pas de la seule présence de dunes boisées, qu'en créant la zone naturelle de sports et de loisirs contestée, dans le secteur du Penon, à Seignosse, décrite au point 16 du présent projet, au demeurant non identifié par le schéma d'application de la loi Littoral du SCoT comme un paysage remarquable à protéger, les auteurs du PLUI ont méconnu les dispositions précitées des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme.
27. Et, s'il est encore soutenu que la zone d'extension de carrières, prévue à Messanges, se fera au détriment de boisements protégés par des classements en EBC, et que ce secteur devait être protégé en application des dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme dès lors qu'il est compris dans le massif dunaire situé à l'Est de la commune de Messanges, il ressort des pièces du dossier, notamment du SCoT adopté en 2014, que la zone concernée par la carrière ne fait pas partie des sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et des milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques, identifiés au titre de la Littoral, tandis qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une parcelle dotée de boisements classés serait comprise dans cette zone, l'extension concernant une parcelle située au Nord de la carrière n'ayant pas d'incidence sur lesdits boisements classés. Ainsi, aucune erreur d'appréciation ou inexacte application de ces dispositions du code de l'urbanisme ne peut être censurée.
S'agissant du secteur du Rey à Soorts-Hossegor :
28. Il ressort des pièces du dossier que le secteur du Rey, situé au Nord-Est du lac Marin d'Hossegor, comprend une partie située en bordure du lac et une partie, plus en hauteur, comprenant quelques constructions, qu'il s'ouvre à l'Est sur une vaste zone naturelle boisée classée en " boisement forestier, espace vert protégé " par le site patrimonial remarquable (SPR) approuvé le 28 juin 2018 à Soorts-Hossegor. Situé entre le lac d'Hossegor et la forêt des Landes, ce secteur constitue une unité paysagère justifiant dans son ensemble cette qualification de site ou paysage remarquable à préserver. Bien que des parcelles soient construites, cette circonstance ne pouvait faire par elle-même obstacle à ce qu'il soit regardé comme un espace remarquable au sens de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est donc fondé, ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste commise par les auteurs du plan local à avoir ouvert ce secteur à l'urbanisation.
29. Par ailleurs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme, en vertu desquelles, les constructions sont interdites dans une bande de 100 mètres du lac Marin d'Hossegor, en communication directe, naturelle et permanente avec l'océan Atlantique, peut également être retenu dès lors que s'il existe, ainsi que précisé, des parcelles construites dans le secteur du Rey, il s'agit de constructions disséminées au sein d'un site boisé, ce secteur ne peut être considéré comme urbanisé au sens et pour l'application de ces dispositions.
30. Il résulte de tout ce qui précède que l'association Les Amis de la Terre - Landes est seulement fondée à soutenir que la délibération du 27 février 2020 doit être annulée en ce que le PLUI adopté par la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud prévoit une zone 2AU dans le secteur du Grand Bruca, à Capbreton, et en ce qu'il ouvre à l'urbanisation le secteur du Rey situé à Soorts-Hossegor.
Sur les frais de l'instance :
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante, qui n'a pas la qualité de partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu de mettre à la charge de la communauté de communes, la somme de 150 euros au titre des frais exposés par l'association Les Amis de la Terre - Landes, et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 27 février 2020 du conseil communautaire de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud est annulée en tant que le plan local d'urbanisme intercommunal adopté prévoit une zone 2AU dans le secteur du Grand Bruca, à Capbreton, et en tant qu'il ouvre à l'urbanisation le secteur du Rey situé à Soorts-Hossegor.
Article 2 : La communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud versera à l'association Les Amis de la Terre - Landes une somme de 150 euros (cent cinquante euros) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association Les Amis de la Terre - Landes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Les Amis de la Terre - Landes ainsi qu'à la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La présidente-rapporteure,
Signé : S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,
Signé : M. DUCHESNE
La greffière,
Signé : M. B
La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026