mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2020, M. et Mme A et C B, représentés par Me Garcia, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2020 par lequel le maire d'Espèche les a mis en demeure de rétablir l'assiette du chemin sis au droit de leur propriété et leur a enjoint de retirer tout élément de nature à entraver le passage au public, ensemble la décision du 3 avril 2020 par laquelle le maire a refusé de retirer cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Espèche une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le maire n'était pas compétent pour prendre l'arrêté attaqué dès lors que le chemin concerné ne peut être qualifié de chemin rural ;
- l'arrêté attaqué n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'erreur de droit, dès lors qu'il ne pouvait se fonder sur les articles L. 161-1 et L. 161-5 du code rural, le chemin concerné ne pouvant être qualifié de chemin rural ;
- la mesure de police prise n'est ni nécessaire ni proportionnée ; elle est ainsi inadaptée ;
- l'arrêté attaqué est, enfin, entaché de détournement de pouvoir.
Une mise en demeure a été adressée le 22 janvier 2021 à la commune d'Espèche.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Garcia, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 mars 2020, le maire d'Espèche (Hautes-Pyrénées) a mis en demeure M. et Mme B de rétablir la circulation sur le chemin rural n° 5 dit de " Goutaou " en retirant la clôture et les végétaux qui en barrent l'accès. M. et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime : " Les chemins ruraux sont les chemins appartenant aux communes, affectés à l'usage du public, qui n'ont pas été classés comme voies communales. Ils font partie du domaine privé de la commune. ". Aux termes de l'article L. 161-2 du même code : " L'affectation à l'usage du public est présumée, notamment par l'utilisation du chemin rural comme voie de passage ou par des actes réitérés de surveillance ou de voirie de l'autorité municipale. / La destination du chemin peut être définie notamment par l'inscription sur le plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée. ". L'article L. 161-5 du même code précise que l'autorité municipale est chargée de la police et de la conservation des chemins ruraux et l'article D. 161-11 du même code ajoute que : " Lorsqu'un obstacle s'oppose à la circulation sur un chemin rural, le maire y remédie d'urgence. / Les mesures provisoires de conservation du chemin exigées par les circonstances sont prises, sur simple sommation administrative, aux frais et risques de l'auteur de l'infraction et sans préjudice des poursuites qui peuvent être exercées contre lui. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que si la clôture dont le maire d'Espèche demande le retrait, par l'arrêté attaqué, est positionnée sur l'emprise d'un chemin figurant au cadastre, toutefois le chemin en question, qui, s'oriente vers le Nord depuis l'intersection entre les voies communales dénommées Goutaou et Las Oulles, et qui longe par l'ouest la maison des requérants, est entièrement recouvert de végétaux, herbes ou arbustes, voire en état de culture, et planté d'arbres fruitiers. Il n'est plus visuellement identifiable d'après les photographies produites par les requérants, et il est soutenu qu'il n'est plus ouvert au public depuis de très nombreuses années et que les maires précédents de la commune n'ont jamais revendiqué son existence ou pris des mesures tenant à son libre accès. Dans ces conditions, ce " chemin " ne peut être considéré comme une voie de passage, tandis que la commune d'Espèche n'établit ni même n'allègue la réitération d'actes de surveillance ou de voirie par ses services sur l'emprise concernée. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la propriété dudit chemin, ce dernier ne peut être qualifié de chemin rural. Par suite, le maire d'Espèche a fait une inexacte application des articles L. 161-5 et D. 161-11 du code rural et de la pêche maritime.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, pour ce seul motif, l'arrêté du maire d'Espèche du 19 mars 2020, ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 3 avril 2020 par laquelle le maire a refusé de retirer cet arrêté doivent être annulés.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Espèche la somme de 1 500 euros que demandent M. et Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Espèche du 19 mars 2020 et la décision de cette autorité du 3 avril 2020 sont annulés.
Article 2 : La commune d'Espèche versera à M. et Mme B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme A et C B et à la commune d'Espèche.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sylvande Perdu, présidente,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,
Mme Lola Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
V. D
La présidente,
Signé
S. PERDULa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026