jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | SCP CAPDEVIELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 9 juillet 2020 et le 19 octobre 2022 M. A C, représenté par Me Capdevielle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2019 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 6 325,92 euros et un indu de 152,45 euros de prime de Noël ainsi que la décision du 6 février 2020 par laquelle le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a rejeté le recours administratif préalable formé à l'encontre de l'indu de revenu de solidarité active ;
2°) mettre à la charge du défendeur une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les sommes perçues par sa mère ne constituent pas un revenu mais une avance qu'il n'a pas, à juste titre, déclarée ;
- sa situation justifie que le président du conseil départemental fasse application des dispositions de l'article R. 262-14 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un courrier du 5 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 28 octobre 2019 en tant qu'elle met à la charge du requérant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 325,92 euros dès lors que s'y est substituée, par l'effet du recours administratif préalable obligatoire, la décision du président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques du 6 février 2020.
Par un mémoire, enregistré le 6 octobre 2022, M. C a présenté des observations en réponse à la communication de ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 20 octobre 2022 à 15 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 28 octobre 2019, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a informé M. C, à la suite de la révision de ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active, d'une part, que " son dossier a été clôturé à compter du 31 décembre 2018 ", et d'autre part, qu'était mis à sa charge un indu d'un montant de 6 325,92 euros, ainsi qu'une somme de 152,45 euros correspondant à la prime de fin d'année perçue à tort au titre de l'année 2018. M. C a formé un recours préalable dirigé contre l'indu d'allocation de solidarité active. Par une décision du 6 février 2020, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a confirmé la créance. Par la présente requête, M. C doit être regardé, dans le dernier état de ses écritures, comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 28 octobre 2019 en tant qu'elle concerne l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année ainsi que la décision du 6 février 2020 confirmant l'indu d'allocation de revenu de solidarité active.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
Sur l'indu d'allocation de revenu de solidarité active :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent () l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
4. La caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a corrigé les déclarations trimestrielles de ressources de M. C en procédant à la réintégration des sommes versées par sa mère d'un montant stable de 850 euros, le 29 juin 2018, le 6 août 2018, le 3 octobre 2018, le 15 février 2019, le 3 mai 2019 et le 10 mai 2019. Pour contester la réintégration de ces sommes, le requérant prétend qu'il s'est agi d'un prêt familial momentané pour faire face à des dépenses circonstancielles qu'il a faites pour ses parents, rendues nécessaires pour faciliter la vie quotidienne de ces derniers devenus dépendants et qu'il assiste. Toutefois, les pièces versées au dossier ne corroborent pas ces allégations, notamment pas les factures établies pour l'achat de produits de commodités dont on ne retrouve pas le paiement dans les extraits des relevés bancaires du requérant. Dans ces conditions, il ne peut être considéré que les sommes perçues par le requérant ont été intégralement consacrées à des dépenses effectuées en lieu et place de ses parents. Par ailleurs, eu égard à leur montant et à leur fréquence, ces aides financières ne peuvent être considérées comme une aide ponctuelle de secours qu'il n'y aurait pas lieu d'intégrer dans les ressources servant de base au calcul de l'allocation de revenu de solidarité active. Il s'ensuit que M. C ne conteste pas sérieusement l'indu de revenu de solidarité active de 6 325,92 euros mis à sa charge résultant de la réintégration de ces sommes dans ses ressources trimestrielles.
5. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 262-14 du même code : " Sur décision individuelle du président du conseil départemental au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas tenu compte des libéralités consenties aux membres du foyer. ".
6. D'une part, M. C ne justifie pas avoir adressé au président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques une demande de dispense de prise en compte des libéralités reçues de sa mère. D'autre part, le requérant ne justifie pas d'une situation exceptionnelle au regard de son insertion sociale ou professionnelle au sens et pour l'application des dispositions précitées en faisant valoir qu'il a cessé son activité d'artisan pour seconder ses parents devenus dépendants. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu de considérer qu'il pouvait bénéficier de la dispense visée à l'article R. 262-14 du code de l'action sociale et des familles.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 février 2020 par laquelle le président du conseil départemental a confirmé l'indu d'allocation de revenu de solidarité active mis à sa charge.
Sur l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :
8. Le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 prévoient qu'une aide exceptionnelle de fin d'année est accordée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre des mois de novembre ou de décembre de l'année.
9. Au vu de ce qui vient d'être dit au point 7, et compte tenu de ce qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. C avait des droits ouverts à l'allocation de revenu de solidarité active au titre du mois de novembre 2018 ou de décembre 2018, c'est à bon droit que la caisse d'allocation familiales des Pyrénées-Atlantiques a récupéré la prime exceptionnelle de fin d'année versée à tort au titre de l'année 2018. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 octobre 2019 en tant qu'elle concerne l'indu de prime de fin d'année.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de s'interroger sur leur tardiveté, l'ensemble des conclusions de la requête doit être rejeté, en ce compris les conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée pour information au département des Pyrénées-Atlantiques et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La présidente,
V. QUEMENER
La greffière,
M.DANGENG
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026