jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001341 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | GEBELIN-NAACKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2020, M. B C, représenté par Me Gebelin-Naacke, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a prononcé des retraits de points à la suite des infractions relevées le 28 octobre 2011, le 12 octobre 2012, le 28 juillet 2014, et le 22 août 2016 ;
2°) d'annuler, par voie de conséquence, la décision référencée " 48SI " du 14 juin 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire assorti des points illégalement retirés ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- les différentes pertes de points ne lui sont pas opposables en l'absence de notification de sorte qu'à la date de la décision 48SI le capital de points de son permis n'était pas nul ;
- les infractions constatées le 28 octobre 2011, le 12 octobre 2012, le 28 juillet 2014, et le 22 août 2016 ne sont pas établies au regard de l'article L. 223-1 du code de la route, dès lors qu'il n'a jamais payé les amendes relatives à ces infractions ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant le paiement des amendes relatives aux diverses infractions relevées à son encontre le 28 octobre 2011, le 12 octobre 2012, le 28 juillet 2014, et le 22 août 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- à titre principal que la requête et le recours gracieux sont tardifs, dès lors que la décision " 48 SI " en litige a été notifiée à M. C le 14 juin 2017 ;
- subsidiairement que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme D été entendu au cours de l'audience publique tenue le 22 septembre 2022 à 14 heures, en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a fait l'objet de décisions portant respectivement retrait de 1, 3, 2 et 3 points à la suite d'infractions relevées à son encontre le 28 octobre 2011 à Lattes, le 12 octobre 2012 à Boulogne sur Gesse, le 28 juillet 2014 à Seysses et le 22 août 2016 à Tosse. Par une décision référencée " 48 SI " notifiée le 14 juin 2017, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces quatre décisions de retrait de points, ainsi que, par voie de conséquence, la décision portant invalidation de son titre de conduite.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () en cas de commission d'une infraction ayant entrainé le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points () ".
3. I résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de l'intéressé, qu'en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, le point retiré consécutivement à l'infraction commise le 28 octobre 2011 à Lattes a été restitué à M. C le 17 mai 2012, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de point consécutive à cette infraction sont irrecevables.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de se prononcer sur la légalité des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises le 12 octobre 2012 à Boulogne sur Gesse, le 28 juillet 2014 à Seysses et le 22 août 2016 à Tosse ainsi que de la décision référencée " 48 SI " figurant sur le relevé d'information intégral comme ayant été notifiée le 14 février 2017.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre et tiré de la tardiveté e la requête :
5. En premier lieu, et d'une part, il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé. En effet, il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière, le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier. Il doit également être indiqué, sur l'enveloppe ou sur l'avis de réception, le motif pour lequel il n'a pu être remis.
6. D'autre part, la notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé. Il en résulte qu'alors même que l'intéressé n'aurait pas signalé ce changement aux services compétents, la présentation à une adresse où il ne réside plus du pli notifiant une décision relative à son permis de conduire et prise à l'initiative de l'administration n'est pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux dès lors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'avis de réception produit par le ministre, que le pli de notification de la décision " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire de M. B C et comportant les voies et délais de recours lui a été notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, au 77, avenue du général de Gaulle à Tosse (40230), sous le n° 2C 122 713 8808 4 et a été retourné à l'administration revêtu des mentions " pli avisé et non réclamé " et " présenté / avisé le 14 juin 2017 ". Toutefois, l'adresse inscrite sur l'avis de réception ne correspondait pas à l'adresse effective du requérant, comme l'atteste son avis d'impôt sur les revenus de l'année 2016, établi le 10 juillet 2017, qui lui a été envoyé à l'adresse de l'appartement 406 de la résidence Bel Area, 1 rue de Bel Air à Tosse, et l'attestation d'abonnement fournie le 6 septembre 2017 par le fournisseur Direct énergie, qui indique que M. C était client à cette même adresse. Dès lors, la présentation du pli notifiant la décision " 48 SI " à une adresse où le contrevenant ne résidait pas effectivement n'a pu faire courir le délai de recours contentieux.
7. En second lieu, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. Dans une telle hypothèse, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction, que M. C a formé le 10 juin 2020 un recours tendant à obtenir la restitution de ses points et le retrait de la décision d'invalidation de son titre de conduite. Une telle circonstance révèle qu'il a eu connaissance, au plus tard à cette date, de la décision référencée " 48 SI " constatant la perte de validité de son titre. La requête de M. C ayant été enregistrée le 17 juillet 2020 au greffe du tribunal, soit moins d'un an après cette restitution, ce dernier doit être regardé comme ayant exercé son recours dans un délai raisonnable, lequel est dès lors recevable.
9. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par le ministre doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points relatives aux infractions relevées le 12 octobre 2012, le 28 juillet 2014 et le 22 août 2016 :
En ce qui concerne les conditions de notification :
10. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie, et partant, la légalité de ces retraits. Il s'ensuit que ce moyen est inopérant à l'encontre des décisions successives de retrait de points.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
11. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant le retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".
12. Il résulte de l'instruction et notamment des mentions du relevé d'information intégral produit en défense, d'une part, que le requérant a procédé, le 3 novembre 2012, au paiement de l'amende forfaire afférente à l'infraction du 12 octobre 2012 établissant ainsi la réalité de cette infraction et d'autre part, que les infractions du 28 juillet 2014 et du 22 août 2016 ont respectivement donné lieu, le 20 octobre 2014 et le 31 janvier 2017, à l'émission des titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées, établissant ainsi la réalité de ces infractions quand bien même le requérant n'aurait pas payé les amendes forfaitaires. Il s'ensuit que la réalité des infractions en litige est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence d'information préalable :
13. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à un retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant de l'infraction du 12 octobre 2012 :
14. Il résulte de l'instruction, notamment des écritures du ministre de l'intérieur et du relevé d'information intégral versé à l'instance, que l'infraction commise par M. C le 12 octobre 2012 a été constatée par un procès-verbal électronique et a donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire. Si l'administration ne produit, s'agissant de cette infraction, ni le procès-verbal électronique ni l'attestation de paiement établie par la comptable public, l'indication du paiement de l'amendes forfaitaire sur le relevé intégral de M. C, formalisé pour cette infraction par la mention " AF amende forfaitaire ", suffit à établir que l'intéressé a nécessairement été mis en possession d'un avis de contravention et d'une carte de paiement, dont la détention est indispensable pour payer l'amende forfaitaire. Par suite, alors que M. C n'apporte aucun élément tendant à démontrer que les documents qui lui ont été envoyés seraient inexacts ou incomplets au regard des dispositions précitées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve que les informations pertinentes lui ont été délivrées. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information préalable ne peut être qu'écarté.
S'agissant des infractions du 28 juillet 2014 et du 22 août 2016 :
15. D'une part, il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles de ses articles A. 37-10 à A. 37-13 dans leur rédaction issue de l'arrêté du 2 juin 2009 que lorsqu'une infraction au code de la route est constatée au moyen d'un procès-verbal dématérialisé, le service verbalisateur adresse au domicile du contrevenant ou à celui du titulaire du certificat d'immatriculation, un avis de contravention, une notice de paiement et un formulaire de requête en exonération comportant les informations requises par la loi. S'il résulte de l'instruction qu'en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale, à défaut du paiement de l'amende forfaitaire ou du dépôt régulier d'une requête tendant à son exonération, cette infraction a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée devenu définitif laquelle établit la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code la route, cette circonstance n'est toutefois pas de nature à démontrer que M. C aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du même code.
16. D'autre part, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaitre sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entrainant retrait de points, l'ensemble des informations exigées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, de sorte que pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservé par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'information légale, dès lors que seule l'indication du nombre de points dont l'infraction le retrait figurait sur la page écran présentée au contrevenant et non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
17. En l'espèce, il résulte de la mention " procès-verbal électronique " portée sur le relevé intégral d'information que les infractions 28 juillet 2014 et du 22 août 2016 ont été constatées à l'aide d'un procès-verbal dématérialisé. Toutefois les documents produits par le ministre s'agissant de l'infraction relevée 22 août 2016, ne permettent pas d'établir que M. C aurait reçu l'ensemble des informations requises à l'occasion de cette infraction. Par ailleurs et en tout état de cause, ainsi qu'il a été exposé au point 13 la seule émission des titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées afférentes à cette infraction et à celle relevée le 28 juillet 2014 ne suffisent pas à établir aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du code de la route. Dans ces conditions, et faute pour le ministre d'établir que le requérant se serait acquittée desdites amendes forfaitaires majorées, il n'établit pas davantage s'être acquitté envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de ces amendes, les informations requises. Dans ces conditions le moyen tiré du vice de procédure est fondé.
18. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation des décisions prononçant la perte de deux points et de trois points à la suite des infractions commises les 28 juillet 2014 et 22 août 2016.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de décision 48 SI :
19. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route dans sa rédaction antérieure à la loi du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de trois ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points ". L'article 76 de la loi du 14 mars 2011 a modifié ces dispositions en ramenant à deux ans à compter de l'un des quatre évènements qu'elles mentionnent le délai de reconstitution du nombre maximal de points et a ajouté un deuxième alinéa disposant que : " Le délai de deux ans mentionné au premier alinéa est porté à trois ans si l'une des infractions ayant entrainé un retrait de points est un délit ou une contravention de la quatrième ou de la cinquième classe. ". L'article 138 de la loi du 14 mars 2011 prévoit que la modification apportée par cette loi à l'article L. 223-6 du code de la route " s'applique aux infractions commises à compter du 1er janvier 2011 et aux infractions antérieures pour lesquelles le paiement de l'amende forfaitaire, l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution de la composition pénale ou la condamnation définitive ne sont pas intervenus ".
20. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nul, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
21. Il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
22. Il résulte de l'instruction que M. C a commis différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de la totalité des points de son permis de conduire et qu'il a fait l'objet d'une décision portant invalidation de son permis de conduire notifiée le 14 juin 2017. Toutefois, n'ayant pas reçu notification de cette décision et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait commis une nouvelle infraction ayant entraîné un retrait de points pendant trois ans à compter du 31 janvier 2017, date du paiement de la dernière amende forfaitaire majorée, il s'est trouvé remplir le 31 janvier 2020 les conditions prévues par les dispositions précitées pour bénéficier d'une reconstitution intégrale de son capital de points.
23. Il résulte de ce qui précède que la décision d'invalidation du permis de conduire de M. C doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction de restitution du permis de conduire :
24. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'exécution de celui-ci implique nécessairement la restitution du titre de conduite de M. C, affecté d'un capital de douze points, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
25. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions prononçant la perte de deux points et de trois points à la suite des infractions commises les 28 juillet 2014 et 22 août 2016 et la décision 48 SI notifiée le 14 février 2017 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer au requérant son titre de conduite affecté d'un capital de douze points, et ce dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La présidente
V. QUEMENERLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026