mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001438 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPUELLE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 30 juillet 2020 sous le n° 2001438, un mémoire et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 12 août 2020 et le 31 mai 2021, Mme D C, représentée par Me Lapuelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 25 février 2020 par lequel le président du conseil départemental du Gers a rejeté sa demande de placement en congé de longue durée et l'a maintenue en disponibilité d'office pour maladie, ensemble la décision par laquelle cette même autorité a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Gers, à titre principal, de la placer en congé de longue durée à compter du 11 octobre 2018, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge du département du Gers une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré de la composition irrégulière du comité médical départemental, de l'absence d'avis de ce comité sur la demande de congé de longue durée et de l'absence de contre-visite réalisée par un médecin spécialiste de l'affection en cause ;
- l'avis du comité médical supérieur du 3 décembre 2019 s'est illégalement prononcé en premier ressort sur la demande de congé de longue durée, sans avoir eu connaissance de l'expertise du docteur B ni s'être réuni dans sa formation compétente pour les maladies mentales, et s'est fondé sur les dispositions de l'arrêté du 14 mars 1986 qui ne s'appliquent pas au congé de longue durée ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur dans la qualification juridique de son état anxio-dépressif qui doit être regardé comme une maladie mentale au sens des dispositions du 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- il est entaché d'erreur de droit dans la mesure où l'affection dont elle est atteinte lui donne droit au congé de longue durée.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2021, le département du Gers, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 18 août 2020 sous le n° 2001534, et un mémoire en production de pièce, enregistré le 29 octobre 2021, Mme D C, représentée par
Me Lapuelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 7 août 2020 par lequel le président du conseil départemental du Gers a retiré son arrêté du 25 février 2020 et l'a maintenue en disponibilité d'office pour maladie ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Gers, à titre principal, de la placer en congé de longue durée à compter du 11 octobre 2018, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge du département du Gers une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- il est entaché d'un vice de compétence dès lors que le département du Gers disposait des informations médicales nécessaires pour accorder un congé de longue durée sans avoir besoin de saisir à nouveau le comité médical départemental et la commission de réforme ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré de la composition irrégulière du comité médical départemental, de l'absence d'avis de ce comité sur la demande de congé de longue durée et de l'absence de contre-visite réalisée par un médecin spécialiste de l'affection en cause ;
- l'avis du comité médical supérieur du 3 décembre 2019 s'est illégalement prononcé en premier ressort sur la demande de congé de longue durée, sans avoir eu connaissance de l'expertise du docteur B ni s'être réuni dans sa formation compétente pour les maladies mentales, et s'est fondé sur les dispositions de l'arrêté du 14 mars 1986 qui ne s'appliquent pas au congé de longue durée ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur dans la qualification juridique de son état anxio-dépressif qui doit être regardé comme une maladie mentale au sens des dispositions du 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- il est entaché d'erreur de droit dans la mesure où l'affection dont elle est atteinte lui donne droit au congé de longue durée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 mai et le 29 octobre 2021, le département du Gers, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
III. Par une requête enregistrée le 20 janvier 2021 sous le n° 2100138, et des mémoires en production de pièces, enregistrés le 31 mai 2021 et le 29 octobre 2021, Mme D C, représentée par Me Lapuelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 décembre 2020 par lequel le président du conseil départemental du Gers l'a maintenue en disponibilité d'office pour maladie ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Gers, à titre principal, de la placer en congé de longue durée à compter du 11 octobre 2018, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge du département du Gers une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré de la composition irrégulière du comité médical départemental, de l'absence d'avis de ce comité sur la demande de congé de longue durée et de l'absence de contre-visite réalisée par un médecin spécialiste de l'affection en cause ;
- l'avis du comité médical supérieur du 3 décembre 2019 s'est illégalement prononcé en premier ressort sur la demande de congé de longue durée, sans avoir eu connaissance de l'expertise du docteur B ni s'être réuni dans sa formation compétente pour les maladies mentales, et s'est fondé sur les dispositions de l'arrêté du 14 mars 1986 qui ne s'appliquent pas au congé de longue durée ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur dans la qualification juridique de son état anxio-dépressif qui doit être regardé comme une maladie mentale au sens des dispositions du 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- il est entaché d'erreur de droit dans la mesure où l'affection dont elle est atteinte lui donne droit au congé de longue durée ;
- il est illégal en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de l'avis du 23 juin 2020 de la commission de réforme du Gers qui s'est prononcée en faveur de sa mise à la retraite pour invalidité sans disposer d'éléments démontrant que l'administration avait d'abord cherché à la reclasser ;
- il est illégal en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la lettre du 28 septembre 2020 du comité médical départemental fondée sur l'avis illégal du comité médical supérieur du
3 décembre 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 octobre 2021 et les 24 février et 30 mars 2022, le département du Gers, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- les observations de Mme C, et de Me Nogaret, représentant le département du Gers.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2001438, n° 2001534 et n° 2100138, présentées pour
Mme C concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. Titularisée le 1er septembre 2013 en tant qu'adjointe technique des établissements d'enseignement du département du Gers, Mme C a été placée en congé de maladie du
9 octobre 2013 au 10 octobre 2015 pour une rupture de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite dont l'imputabilité au service a été reconnue par la commission de réforme des fonctionnaires territoriaux. Elle a bénéficié, à sa demande, d'un congé de longue maladie du 11 octobre 2015 au 10 octobre 2018 pour une affection de l'épaule gauche dont le traitement a nécessité une intervention chirurgicale et généré une algodystrophie soignée par la prise d'antalgiques morphiniques. A la suite de l'avis du 9 octobre 2018 par lequel le comité médical départemental du Gers a constaté l'inaptitude totale et définitive de la requérante à exercer ses fonctions, par arrêté du 12 octobre 2018, le président du conseil départemental du Gers a placé Mme C en disponibilité d'office dans l'attente d'un reclassement. Le 23 octobre 2018, cette dernière a sollicité un congé de longue durée. Après avoir saisi le comité médical départemental, qui a opposé une fin de non-recevoir à cette demande le 2 avril 2019, puis recueilli l'avis défavorable du comité médical supérieur en date du 3 décembre 2019, le président du conseil départemental du Gers a décidé, par un arrêté du 25 février 2020, de maintenir Mme C en disponibilité d'office pour maladie, dans l'attente de sa mise à la retraite pour invalidité. Par un arrêté du 7 août 2020, cette autorité a retiré son arrêté du 25 février 2020 et a maintenu Mme C en disponibilité d'office dans l'attente de l'avis du comité médical départemental sur sa demande de congé de longue durée. Ce comité ayant de nouveau refusé d'examiner le dossier de Mme C, par arrêté du
11 décembre 2020, cette même autorité a maintenu cette dernière en disponibilité d'office dans l'attente de son admission à la retraite pour invalidité. Mme C demande l'annulation des arrêtés du 25 février, du 7 août et du 11 décembre 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version en vigueur le 11 décembre 2020 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an. () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. () / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée ne peut être attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée. / Sur demande de l'intéressé, l'administration a la faculté, après avis du comité médical, de maintenir en congé de longue maladie le fonctionnaire qui peut prétendre à un congé de longue durée. ". Aux termes de l'article 25 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version applicable au litige : " Pour bénéficier d'un congé de longue maladie ou de longue durée le fonctionnaire en position d'activité, ou son représentant légal, doit adresser à l'autorité territoriale une demande appuyée d'un certificat de son médecin traitant spécifiant qu'il est susceptible de bénéficier des dispositions de l'article 57 (3° ou 4°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. () / Au vu de ces pièces, le secrétaire du comité médical fait procéder à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé compétent pour l'affection en cause () ".
4. Un état anxio-dépressif chronique revêt le caractère d'une maladie mentale au sens des dispositions du 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984. La légalité de la décision qu'il appartient à l'autorité territoriale de prendre en vue du placement d'un fonctionnaire en congé de longue durée, pour les motifs et, lorsqu'elles sont réunies, dans les conditions déterminées par les dispositions précitées, s'apprécie au regard de l'ensemble des pièces et renseignements propres à établir la réalité de la situation effective de santé de ce fonctionnaire au jour de cette décision, y compris au regard de ceux de ces renseignements ou pièces qui n'auraient pas été communiqués à l'autorité territoriale préalablement à sa décision ou qui auraient été établis ou analysés postérieurement à celle-ci, dès lors qu'ils éclairent cette situation.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'une tentative de sevrage, la requérante a été hospitalisée pendant une semaine au mois de mars 2018 pour un syndrome de manque avec délirium. Le diagnostic de Mme C établi le 17 décembre 2018 par le docteur E, médecin psychiatre de la requérante, a fait ressortir un " syndrome dépressif d'évolution chronique évoluant sur fond d'algodystrophie invalidante particulièrement douloureuse ". Le 14 novembre 2019, le docteur B, médecin psychiatre chargé de réaliser une expertise pour le comité médical départemental, a constaté que " Mme C présente un état anxio-dépressif sévère partiellement réactionnel sur une personnalité fragilisée. Elle est incapable d'assumer une activité professionnelle. L'octroi d'un congé de longue durée à compter du 11/10/2018 pour une période de 6 x 3 mois est médicalement justifié ". Le 23 mars 2021, le docteur A, médecin agréé, a examiné Mme C dans le cadre de l'expertise confiée par la commission de réforme du Gers et a relevé " sur le plan psychologique, une nette amélioration de son syndrome anxiodépressif ". Il est donc établi que Mme C a été affectée par un état anxio-dépressif chronique sévère pendant plusieurs mois à partir de 2018, et qu'elle avait ainsi droit au congé de longue durée, en application des dispositions précitées de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984. Il s'ensuit qu'en refusant d'accorder ce congé à la requérante alors qu'il disposait des éléments lui permettant de s'écarter de l'avis du comité médical supérieur rendu, au demeurant, sans examen préalable du dossier par le comité médical départemental, le président du conseil départemental du Gers n'a pu légalement prendre les arrêtés attaqués.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, Mme C est fondée à demander l'annulation des arrêtés du président du conseil départemental du Gers du 11 décembre 2020 et du 7 août 2020 ainsi que de celui du 25 février 2020, remis en vigueur par l'effet de l'annulation de l'arrêté du 7 août 2020 qui procédait à son retrait.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L.911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Aux termes de l'article 26 du décret du 30 juillet 1987 : " Un congé de longue maladie ou de longue durée peut être accordé par période de trois à six mois ".
8. Eu égard au motif d'annulation mentionné au point 5 et dès lors que Mme C avait épuisé ses droits à congé de longue maladie à plein traitement à la date du 11 octobre 2018, l'annulation des arrêtés attaqués implique que le président du conseil départemental du Gers place Mme C en congé de longue durée. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'avis du
15 juin 2021 par lequel le comité médical départemental a déclaré Mme C apte à ses fonctions d'adjoint technique avec aménagement, la requérante a pris ses nouvelles fonctions dans les services du département du Gers le 1er novembre 2021. Cette dernière date doit ainsi être regardée comme celle de sa première guérison de son état anxio-dépressif sévère. Dès lors que le congé de longue durée ne peut être accordé que par période de trois à six mois, il y a lieu d'enjoindre au président du conseil départemental du Gers de placer Mme C en congé de longue durée, pour maladie mentale du 11 octobre 2018 au 31 octobre 2021, soit onze périodes de trois mois et une dernière période de trois mois et vingt et un jours, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du département du Gers une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du président du conseil départemental du Gers en date du 25 février 2020, du 11 décembre 2020 et du 7 août 2020 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental du Gers de placer Mme C en congé de longue durée du 11 octobre 2018 au 31 octobre 2021, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Le département du Gers versera à Mme C une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme D C et au département du Gers.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. F
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Nos 2001438,2001534,2100138
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026