vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | APPAULE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 10 août 2020, le 14 mai 2021 et le 17 mai 2021, Mme B D, M. C D et M. A D représentés par Me Appaule, avocat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal de cet établissement public de coopération intercommunale, ensemble la décision du 26 mai 2020 par laquelle le président de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées a rejeté leur recours gracieux contre cette délibération ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées une somme de 3500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 2121-12 et L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales ;
- les modalités de la concertation n'ont pas été pleinement respectées ;
- la note explicative de synthèse adressée aux conseillers communautaires préalablement à la séance du 19 décembre 2019 était insuffisante ;
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales ;
- le rapport de présentation est insuffisant en ce qui concerne la capacité de densification et de mutation des espaces bâtis et la capacité de stationnement ;
- l'évaluation environnementale est insuffisante, eu égard aux observations émises par la mission régionale de l'autorité environnementale ;
- la délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 16 mars 2017 a été prise en méconnaissance de l'article L. 153-9 du code de l'urbanisme ;
- la délibération attaquée méconnaît l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme est incompatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale dès lors qu'il crée une rupture d'égalité entre les territoires et qu'il ne respecte ni les densités minimales d'urbanisation, ni le principe de réduction de la consommation foncière d'au moins 50 % ;
- le classement de certains hameaux en zone urbaine est incohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables ;
- le classement de la parcelle cadastrée section AD n° 15 dans la commune de Mazères-Lezons en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement des parcelles cadastrées section AD n° 26 et 27, et section AI n° 51 dans cette même commune en zone UBr est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation dénommée Rue du gave dans la commune de Mazères-Lezons est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'emplacement réservé sur la parcelle cadastrée section AD n° 15 dans la commune de Mazères-Lezons est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 février 2021 et le 15 juillet 2021, la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées, représentée par Me Dunyach, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les consorts D ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de retenir un moyen tenant à la méconnaissance de l'article L.151-4 du code de l'urbanisme, en ce qui concerne plus particulièrement l'inventaire des capacités de stationnement des véhicules motorisés, hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public, et de faire application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, et ont été invitées à émettre des observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dunyach, représentant la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 19 décembre 2019, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal de cet établissement public de coopération intercommunale. Par décision du 26 mai 2020, le président de de la communauté d'agglomération a rejeté le recours gracieux formé par les consorts D contre cette délibération. Ces derniers demandent l'annulation de cette délibération et de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 19 décembre 2019 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : 1° Les procédures suivantes : a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme ; () ". Aux termes de l'article L. 103-3 du même code : " Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : () 3° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas. () ". Aux termes de l'article L.153-9 du même code : " I.- L'établissement public de coopération intercommunale mentionné au 1° de l'article L. 153-8 peut achever toute procédure d'élaboration ou d'évolution d'un plan local d'urbanisme ou d'un document en tenant lieu, engagée avant la date de sa création, y compris lorsqu'elle est issue d'une fusion ou du transfert de cette compétence. Lorsque la procédure a été engagée par une commune, l'accord de celle-ci est requis. L'établissement public de coopération intercommunale se substitue de plein droit à la commune ou à l'ancien établissement public de coopération intercommunale dans tous les actes et délibérations afférents à la procédure engagée avant la date de sa création, de sa fusion, de la modification de son périmètre ou du transfert de la compétence. II.- L'établissement public de coopération intercommunale mentionné au I de l'article L. 153-6 peut également délibérer pour étendre à la totalité de son territoire une procédure d'élaboration ou de révision, en application du 1° de l'article L. 153-31, d'un plan local d'urbanisme intercommunal engagée avant la date du transfert de cette compétence, de la modification de son périmètre ou de sa création, y compris lorsque celle-ci résulte d'une fusion. Cette possibilité est ouverte si le projet de plan local d'urbanisme intercommunal n'a pas été arrêté. Cette délibération précise, s'il y a lieu, les modifications apportées aux objectifs définis dans la délibération initiale et expose les modalités de concertation complémentaires prévues. Cette délibération est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. Un débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables est organisé au sein du nouvel établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre compétent, dans les conditions prévues à l'article L. 153-12, avant l'arrêt du projet de plan local d'urbanisme intercommunal étendu à l'ensemble de son territoire. / L'établissement public de coopération intercommunale peut, dans les mêmes conditions qu'au premier alinéa du présent II, fusionner deux ou plusieurs procédures d'élaboration ou de révision de plans locaux d'urbanisme intercommunaux. () ".
3. Il ressort tout d'abord des pièces du dossier que, par délibération du 26 novembre 2015, le conseil de communauté de la communauté de communes du Miey de Béarn a prescrit l'élaboration d'un plan local d'urbanisme intercommunal et a défini les modalités de concertation, à savoir la mise à disposition sur le site internet de la communauté de communes d'éléments d'information sur le contenu et l'avancement des études ainsi que sur la procédure du plan, la mise à disposition du public au siège de la communauté de communes et dans chaque mairie des communes membres d'un dossier d'information sur le plan local d'urbanisme, évoluant en fonction de l'avancée du projet, ainsi que d'un registre de concertation donnant la possibilité à la population d'inscrire ses observations et ses propositions, la possibilité d'écrire au président de la communauté de communes, une information au moyen d'un bulletin diffusé par la communauté de communes, et l'organisation de réunions publiques pour présenter et recueillir les observations du public sur le projet d'aménagement et de développement durables avant le débat au sein des conseils municipaux et du conseil communautaire, ainsi que sur le projet de plan local d'urbanisme avant qu'il ne soit arrêté par le conseil communautaire. Par délibération du 17 décembre 2015, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Pyrénées a à son tour prescrit l'élaboration d'un plan local d'urbanisme intercommunal et a défini les modalités de concertation, à savoir l'organisation de réunions publiques d'écoute et d'information sur le territoire communautaire, l'organisation d'expositions accompagnées d'un registre où seront recueillies les observations de la population, une information sur le bulletin intercommunal et sur le site internet de la communauté d'agglomération, la possibilité pour la population d'émettre ses observations sur un registre mis à disposition dans chacune des communes de la communauté d'agglomération et au siège de cette dernière, enfin la possibilité d'écrire par courrier au président de la communauté d'agglomération. Par arrêté du 11 mars 2016, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a décidé, d'une part, de la fusion au 1er janvier 2017 de la communauté d'agglomération de Pau Pyrénées avec la communauté de communes du Miey de Béarn, en y excluant les communes de Momas et de Caubios Loos, et la communauté de communes Gave et coteaux, en y excluant les communes d'Assat et de Narcastet, d'autre part, de la création de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées. Par délibération du 16 mars 2017, le conseil communautaire de cette dernière a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal et a défini les modalités de concertation, lesquelles étaient identiques à celles définies par la délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Pyrénées du 17 décembre 2015. Un premier débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables a eu lieu au sein cette assemblée le 16 mars 2017. Si les requérants soutiennent qu'aucune réunion publique destinée à présenter et à recueillir les observations du public sur le projet d'aménagement et de développement durables avant le débat au sein des conseils municipaux et du conseil communautaire ne s'est tenue, il résulte des dispositions précitées de l'article L.153-9 du code de l'urbanisme que la délibération du 16 mars 2017 rappelée précédemment a eu nécessairement pour objet de modifier les modalités de concertation en ce qui concerne le territoire couvert par les communes membres de l'ancienne communauté de communes du Miey de Béarn, désormais rattachées à la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées.
4. Il ressort ensuite des pièces du dossier que, par délibération du 28 mars 2019, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées a approuvé le bilan de la concertation, lequel figure en annexe de cette délibération. Il résulte de ce document que dix expositions sur le projet de plan local d'urbanisme intercommunal ont été organisées par la communauté d'agglomération dans les mairies de dix communes ainsi qu'à la médiathèque des Allées à Pau. L'allégation des requérants selon laquelle seule une exposition a été organisée sur ce thème manque donc en fait. En revanche, il ne résulte pas de ce même document que ces expositions étaient accompagnées d'un registre destiné à recueillir les observations de la population, ce que reconnaît d'ailleurs la communauté d'agglomération. Toutefois, un tel registre a été mis à disposition de la population dans chacune des 31 communes concernées par le projet de plan, ainsi qu'au siège de la communauté d'agglomération et il n'est pas démontré que ce document n'était pas à la disposition du public au cours des expositions évoquées précédemment. Enfin, 276 demandes par courriers, par messages électroniques et dans les registres ont été adressées par le public à la communauté d'agglomération, sept réunions publiques réunissant 267 personnes ont été organisées dans les communes de Pau, Artiguelouve, Artigueloutan, Aussevielle, Rontignon, Gan et Lons, et il résulte du rapport de la commission d'enquête que 957 observations ont été émises par le public sur le projet de plan local d'urbanisme intercommunal. Dans ces conditions, l'absence de mise à disposition d'un registre au cours de l'exposition organisée à la médiathèque des Allées à Pau n'a pas privé la population d'une garantie, et n'a pas non plus été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la délibération attaquée.
5. Enfin, un second débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables a eu lieu au cours de la séance du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 31 mai 2018. S'il ressort des pièces du dossier que l'essentiel des modalités de concertation a été exécuté postérieurement à ce débat, il n'est pas démontré que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal a été défini dans ses lignes principales antérieurement à l'exécution de ces modalités. Par suite, le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, applicable aux établissements publics de coopération intercommunale en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la convocation à la séance du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 19 décembre 2019 au cours de laquelle a été approuvée la délibération attaquée est datée du 13 décembre 2019. Cette convocation a été adressée aux membres du conseil communautaire au moyen de l'application informatique dénommée " bureau des élus " qui comportaient l'ordre du jour de la séance et les projets de délibération, dont celui relatif à l'approbation du plan local d'urbanisme intercommunal qui valait note explicative de synthèse. Les requérants ne produisent aucun commencement de preuve selon laquelle cette note n'aurait pas été reçue par les membres du conseil communautaire.
8. D'autre part, l'obligation prévue par les dispositions précitées de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
9. Il ressort des pièces du dossier que le projet de délibération portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal, qui, contrairement à ce que soutiennent les requérants, pouvait faire office de note explicative de synthèse, rappelle les grandes étapes de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme, les modalités de la concertation, les grands principes à partir desquels le projet a été bâti, les pièces constitutives du plan local d'urbanisme, et les consultations faites sur le projet, notamment celles des communes membres, celles des personnes publiques associées et consultées, celle de la mission régionale de l'autorité environnementale et celle de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers (CDPENAF). Il fait une synthèse du résultat de ces consultations et renvoie à deux annexes, l'une concernant les communes membres, l'autre concernant les personnes publiques associées et consultées, la mission régionale d'autorité environnementale et la CDPENAF, chacune établissant la liste des points ayant fait l'objet de remarques et d'observations et la manière dont elles ont été prises en compte par la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées. Il rappelle également les conditions de déroulement de l'enquête publique, la composition du dossier soumis à enquête, le nombre d'observations émises par le public et une synthèse sur l'objet de ces observations, l'avis émis par la commission d'enquête en précisant les recommandations et les réserves formulées, et renvoie à une annexe présentant les observations formulées par le public au cours de l'enquête publique qui ont conduit à modifier le projet de plan local d'urbanisme. Ce projet synthétise enfin les principales modifications apportées au projet de plan local d'urbanisme intercommunal arrêté, qui concernent le rapport de présentation, les orientations d'aménagement et de programmation, le règlement, les documents graphiques et les annexes. Dès lors, ce document permettait aux conseillers communautaires d'appréhender le contexte dans lequel le projet de délibération se situait, de comprendre les motifs des mesures envisagées et de mesurer les implications de leur décision. Par suite, la délibération attaquée n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige, et applicable aux établissements publics de coopération intercommunale en vertu de l'article L. 5211-3 du même code : " Sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires. () ".
11. Il résulte de ces dispositions que la participation au vote permettant l'adoption d'une délibération d'un conseiller communautaire intéressé à l'affaire qui fait l'objet de cette délibération, c'est-à-dire y ayant un intérêt qui ne se confond pas avec ceux de la généralité des habitants de la communauté d'agglomération, est de nature à en entraîner l'illégalité. De même, sa participation aux travaux préparatoires et aux débats précédant l'adoption d'une telle délibération est susceptible de vicier sa légalité, alors même que cette participation préalable ne serait pas suivie d'une participation à son vote, si le conseiller communautaire intéressé a été en mesure d'exercer une influence sur la délibération. Cependant, s'agissant d'une délibération déterminant des prévisions et règles d'urbanisme applicables dans l'ensemble d'une communauté d'agglomération, la circonstance qu'un conseiller communautaire intéressé au classement d'une parcelle ait participé aux travaux préparatoires et aux débats précédant son adoption ou à son vote n'est de nature à entraîner son illégalité que s'il ressort des pièces du dossier que, du fait de l'influence que ce conseiller a exercée, la délibération prend en compte son intérêt personnel.
12. L'un des axes du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal, intitulé " des modes d'occupation et d'utilisation des sols rationalisés " comporte notamment un objectif relatif aux centralités et à l'intensification, lequel prévoit que " toutes formes nouvelles de constructions seront d'abord envisagées en tissu urbain constitué pour le développement résidentiel, et en centralités pour le développement culturel, économique, sportif et de loisirs, le tout si elles y sont compatibles compte tenu des nuisances qu'elles génèrent, des risques qu'elles entraînent, ou de leurs déterminants de fonctionnement . À défaut, ou si le potentiel foncier prioritaire dans le tissu urbain constitué ou en centralités ne permet pas de répondre aux besoins de développement, soit en raison de contraintes naturelles (inondations, topographie), soit en raison d'un impact sur l'infrastructure verte, le développement résidentiel peut s'envisager en extension, d'abord en continuité du tissu urbain constitué, ou à défaut en périphérie ou dans les hameaux où deux critères prévaudront : le renouvellement urbain et la capacité des réseaux d'énergie, d'eau et d'assainissement à accueillir de nouvelles formes de constructions. () L'intensification et le renouvellement sont prioritaires à toutes formes d'extensions. () ". Au titre de l'optimisation foncière, dans le cadre du développement résidentiel, la communauté d'agglomération réduit l'artificialisation de son territoire et l'étalement urbain, c'est-à-dire la consommation d'espaces au-delà des tissus déjà urbanisés, à environ 250 ha pour les 10 prochaines années. Le secteur sud-est dans lequel prend place la commune de Mazères-Lezons, dans sa partie extérieure à la rocade du centre d'agglomération, prévoit la création de 313 logements d'ici 2030. L'autre axe, intitulé " des valeurs fondatrices " comporte notamment un objectif relatif à la cohésion du territoire, lequel prévoit que " l'agriculture doit être perçue comme support de développement écologique, économique et social du territoire de l'agglomération. Il est nécessaire de " stabiliser " le foncier agricole sous pression afin d'offrir un cadre clair et des perspectives à long terme pour les agriculteurs. Les franges agricoles au contact de l'urbanisation doivent faire l'objet d'une recomposition du foncier. () ". En ce qui concerne la plaine du gave de Pau, " il s'agit de préserver de l'urbanisation des zones autour des sites de production et les terres épandables pour assurer le maintien de l'élevage. () ".
13. Il n'est pas sérieusement contesté par la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées que les parcelles cadastrées section AD n° 26 et AI n° 51 dans la commune de Mazères-Lezons, qui étaient classées en zone 2AU sous l'empire du précédent plan local d'urbanisme, et qui sont désormais classées, en totalité pour la première parcelle et en partie pour la seconde parcelle, en zone UBr du plan local d'urbanisme intercommunal, étaient, à la date de la délibération attaquée, la propriété des parents du maire de cette commune, vice-présidente de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AD n° 26 se situe à l'est du secteur urbanisé de la commune dont elle est séparée par une grande parcelle en nature de prairie, elle-même classée dans la même zone, et supporte une construction. La partie de la parcelle cadastrée section AI n° 51 classée en zone UBr, qui supporte différents bâtiments dont il n'est pas contesté qu'ils sont le siège d'une ancienne exploitation agricole, prend place sur le bord opposé de la route du gave qui dessert ces deux terrains. Si ces parcelles ne se situent pas dans le tissu urbain constitué de la commune de Mazères-Lezons et si, contrairement à ce que soutient la communauté d'agglomération, elles ne constituent pas une dent creuse, il n'est pas contesté que le potentiel foncier prioritaire dans ce tissu urbain ne permet pas de répondre aux besoins de développement résidentiel de la commune. La zone UBr constitue ainsi une extension du tissu urbain constitué et s'inscrit donc dans le parti d'aménagement voulu par les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal. Dès lors, l'intérêt de la vice-présidente de la communauté d'agglomération ne se confondait pas avec ceux de la généralité des habitants de cet établissement public de coopération intercommunale. Par ailleurs, si cette élue était présente à la séance du conseil communautaire au cours de laquelle la délibération attaquée a été approuvée, et si les requérants soutiennent qu'elle a participé à des réunions publiques et à la réalisation d'études pour l'élaboration du projet de plan, il n'est pas établi qu'elle a exercé de son influence de telle sorte que la délibération attaquée prenne en compte son intérêt personnel. Par suite, cette dernière n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation () analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. () Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ". Aux termes de l'article R. 151-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le rapport de présentation : () 2° Analyse les capacités de densification et de mutation des espaces bâtis identifiés par le schéma de cohérence territoriale en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 141-3 ainsi que des autres espaces bâtis identifiés par le rapport lui-même en vertu du troisième alinéa de l'article L. 151-4 ; () ".
15. D'une part, si les requérants soutiennent, en se prévalant de l'avis émis le 10 juillet 2019 par la mission régionale d'autorité environnementale de Nouvelle Aquitaine, que dans le " cœur de pays ", lequel regroupe les parties agglomérées des communes de Pau, Idron, Bizanos, Mazères-Lezons, Gelos, Jurançon, Billère, Lons et Lescar, et en dehors du " centre d'agglomération ", lequel regroupe les communes de Pau, Bizanos, Gelos, Jurançon et Billère, ainsi que dans les communes périurbaines, que les capacités de densification des espaces bâtis n'ont été évaluées que sur la base des seules parcelles nues, et non sur celle des parcelles bâties densifiables par division foncière, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation, dans sa partie relative à la justification des choix, qu'il a été pris en compte dans ces secteurs la réalité du tissu urbain existant, en particulier les formes urbaines, et les requérants ne démontrent pas que ces dernières y permettaient une densification des parcelles bâties.
16. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation, dans sa partie relative au diagnostic intercommunal pages 159 à 161, fait un inventaire des seuls parcs de stationnement de véhicules ouverts au public qui disposent d'un contrôle d'accès, lesquels sont tous situés sur le territoire de la commune de Pau. Il ne résulte toutefois pas des dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme que cet inventaire se limite aux seuls parcs de stationnement dotés d'un tel dispositif de contrôle. Par ailleurs, si les requérants n'identifient pas les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme qui se trouveraient entachées d'illégalité du fait que cet inventaire ne distingue pas spécifiquement les véhicules hybrides ou électriques et ne mentionne pas les parcs à vélo, ce document d'urbanisme couvre 31 communes dont 9, qui regroupent 135 000 habitants, ne sont pas des communes rurales. Par suite, les consorts D sont fondés à soutenir que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal revêt un caractère insuffisant sur ce point.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 104-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Font également l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 les documents suivants qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local : 1° Les plans locaux d'urbanisme : a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés ; b) Qui comprennent les dispositions des plans de déplacements urbains mentionnés au chapitre IV du titre Ier du livre II de la première partie du code des transports ; () ". Aux termes de l'article L. 104-4 du même code : " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 : 1° Décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement ; 2° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives ; 3° Expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu. ". L'article R. 151-3 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, prévoit : " Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation : 1° Décrit l'articulation du plan avec les autres documents d'urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l'article L. 122-4 du code de l'environnement avec lesquels il doit être compatible ou qu'il doit prendre en compte ; 2° Analyse les perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; 3° Expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ; () ".
18. Les requérants soutiennent que l'évaluation environnementale est insuffisante en se prévalant de l'avis émis le 10 juillet 2019 par la mission régionale d'autorité environnementale de Nouvelle Aquitaine qui a notamment retenu que l'évaluation des incidences environnementales apparaissait insuffisante compte tenu, d'une part, de l'absence de données issues de visites de terrain qui ne permettait pas d'évaluer convenablement les impacts potentiels du projet sur le territoire, d'autre part, de ce que certains secteurs ouverts à l'urbanisation présentaient des incidences résiduelles fortes, sans explication claire sur les alternatives étudiées.
19. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier qu'en réponse à l'avis émis par la mission régionale d'autorité environnementale, la communauté d'agglomération a complété l'évaluation environnementale, d'une part, page 55 et suivantes, en précisant, par secteur de projet, les sensibilités et enjeux environnementaux, la prise en compte des sensibilités par le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, ainsi que les incidences résiduelles, d'autre part, pages 113 et suivantes, en identifiant chaque zone Natura 2000 ainsi que les habitats et les espèces à protéger, et en précisant les enjeux environnementaux, les projets prévus par le plan local d'urbanisme ainsi que les incidences de ces derniers sur les sites Natura 2000.
20. En particulier, le projet n° 93 et 233 concerne un secteur qui englobe la bretelle d'autoroute A64 et l'allée Catherine de Bourbon, dans le nord de la commune de Pau, et qui comporte, d'une part, dans sa partie sud une zone humide qui longe le cours d'eau Ousse-des-Bois et recoupe les réservoirs de biodiversité et un corridor boisé, d'autre part, dans sa partie nord quelques espaces naturels ouverts et boisés, des éléments de corridors boisés, une partie de réservoir de biodiversité et une zone humide. Si ces espaces constituent un enjeu fort pour la biodiversité et que le plan local d'urbanisme prévoit pour ce secteur, d'une superficie de 25,1 ha, des zones 1 AUY, 2AUmod et 2AUrev, il ressort des pièces du dossier que l'emprise du projet a été réduite au nord et est classée en partie en zone agricole, tandis que la partie sud, qui se situe à proximité de la zone Natura 2000 du gave de Pau, est identifiée par un espace vert protégé ou un espace boisé classé. Les éléments de corridors boisés situés au nord sont protégés par un espace vert protégé ou un alignement d'arbres. Enfin des espaces verts protégés sont identifiés de part et d'autre de l'allée Catherine de Bourbon. Dans ces conditions, contrairement ce que soutiennent les requérants, il n'est pas démontré que les corridors écologiques compris dans l'emprise de ce projet n'ont pas été préservés.
21. L'emprise du projet n° 68 à 70 et 74, qui concerne la zone artisanale et industrielle de Lons et de Lescar, englobe une partie des sites Natura 2000 " barrage d'Artix et saligue du gave de Pau " et " gave de Pau ", ainsi que le réservoir de biodiversité lié à la saligue du gave de Pau. Il recèle au sud et à l'ouest une zone humide potentielle, ainsi que deux éléments de corridors des milieux ouverts au nord. Si cet espace constitue un enjeu fort pour la biodiversité et que le plan local d'urbanisme prévoit pour ce secteur, d'une superficie de 54,6 ha, une zone 2AUYmod, les franges non urbanisées situées au contact du réservoir de biodiversité constituent des espaces verts protégés qui garantissent sa préservation. Par ailleurs, la zone humide potentielle susceptible d'être impactée par le projet est en grande partie urbanisée par la zone d'activité et l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone prévoit de conserver des espaces naturels. Dès lors, les requérants ne sont pas non plus fondés à soutenir que cet espace n'a pas été préservé.
22. Le projet n° 195, 225 et 230, qui concerne un secteur compris dans le périmètre des communes de Pau et de Bizanos, dans le prolongement de la gare ferroviaire, est en grande partie artificialisé mais englobe quelques espaces naturels arborés et des cours d'eau, dont l'Ousse et sa ripisylve qui présentent un intérêt pour la biodiversité. Sa partie sud-ouest est incluse dans le réservoir de biodiversité de la saligue du gave de Pau. Si cet espace constitue un enjeu fort pour la biodiversité et si le plan local d'urbanisme prévoit pour ce secteur, d'une superficie de 19,6 ha, des zones 1AUcm et 2AUmod, le lit du cours d'eau l'Ousse a été classé en zone naturelle et ses abords sont identifiés en espaces verts protégés permettant d'assurer leur préservation. Le périmètre du projet a été réduit dans sa partie sud et n'impacte plus le réservoir de biodiversité de la saligue du gave de Pau, lequel a été classé en espace boisé classé. Le ruisseau traversant les sites selon un axe nord-sud et ses abords sont préservés de l'urbanisation. Enfin, s'il n'est pas prévu de mesures de préservation d'un ruisseau dans sa partie sud, ce qui pourrait altérer le réservoir du corridor de la saligue du gave de Pau ainsi qu'une zone humide, il ressort des pièces du dossier qu'une étude d'impact sur ce sujet a été réalisée à la fin de l'année 2019, et les requérants ne démontrent pas que le classement des zones AU compromettrait la sensibilité environnementale du secteur. Par suite, ces derniers ne sont pas fondés à soutenir que l'évaluation environnementale serait insuffisante sur ce point en ne mentionnant pas les mesures envisagées pour éviter, réduire ou compenser les conséquences dommageables de ce projet sur ce réservoir de biodiversité et cette zone humide.
23. Ensuite, le projet n° 206, qui se situe dans la commune de Lons, concerne la zone dénommée Lanot de Castet qui jouxte la rocade ouest de l'agglomération paloise. Cette zone naturelle abrite des boisements, des prairies humides, des prairies de pâture et de friches, et est traversée par les cours d'eau du Mohedan et de La cabette. Ce réservoir de biodiversité recèle une faune et une flore regroupant plus de 300 espèces, dont cinq présentent un intérêt patrimonial écologique fort. Il constitue également un corridor écologique entre le cours d'eau l'Ousse-des-Bois et les saligues du gave de Pau. Si le plan local d'urbanisme prévoit pour ce secteur, d'une superficie de 27,7 ha, une zone 2AUrev, les abords des cours d'eau ainsi que les haies et boisements principaux ont été identifiés en espace boisé classé, ce qui permet d'assurer leur préservation, et l'emprise de la zone a été réduite pour prendre en compte les enjeux environnementaux, si bien que le secteur constructible est cantonné aux seules terres agricoles. Dès lors, les requérants ne démontrent pas que ce projet présente une sensibilité environnementale telle que l'évaluation environnementale nécessitait de prévoir des mesures d'évitement des impacts et devait justifier les raisons du choix opéré. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de l'évaluation environnementale doit être écarté.
24. En sixième lieu, il résulte tout d'abord des dispositions précitées de l'article L.153-9 du code de l'urbanisme qu'elles offrent la possibilité à une communauté d'agglomération, d'une part, d'achever la procédure d'élaboration d'un plan local d'urbanisme engagée avant la date de sa création, notamment lorsqu'elle est issue d'une fusion, d'autre part, d'étendre cette procédure à la totalité du territoire qu'elle couvre. Ainsi qu'il a été dit au point 3, il ressort des pièces du dossier que, par délibération du 26 novembre 2015, le conseil de communauté de la communauté de communes du Miey de Béarn a prescrit l'élaboration d'un plan local d'urbanisme intercommunal. Par délibération du 17 décembre 2015, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Pyrénées a à son tour prescrit l'élaboration d'un plan local d'urbanisme intercommunal. Par arrêté du 11 mars 2016, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a décidé, d'une part, de la fusion au 1er janvier 2017 de la communauté d'agglomération de Pau Pyrénées avec la communauté de communes du Miey de Béarn, en y excluant les communes de Momas et de Caubios Loos, et la communauté de communes Gave et coteaux, en y excluant les communes d'Assat et de Narcastet, d'autre part, de la création de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées. Dès lors, par sa délibération du 16 mars 2017, le conseil communautaire de cette dernière a pu prescrire l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal en décidant cumulativement de fusionner les procédures d'élaboration des plans locaux d'urbanisme initiées par la communauté de communes du Miey de Béarn et par la communauté d'agglomération de Pau Pyrénées et d'étendre la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées à la totalité du territoire de la communauté d'agglomération du même nom.
25. Il ne résulte pas ensuite des mêmes dispositions qu'une communauté d'agglomération n'aurait pas la possibilité d'achever la procédure d'élaboration d'un plan local d'urbanisme engagée avant la date de sa création alors même que le périmètre du territoire de cette communauté d'agglomération ne correspondrait pas strictement à celui des territoires des établissements publics de coopération intercommunale dont elle est issue. Dans ces conditions, alors même que, ainsi qu'il a été dit au point 24, le périmètre du territoire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées ne comprend pas celui de l'intégralité des communes qui étaient membres de la communauté de communes du Miey de Béarn dont elle est notamment issue, par sa délibération du 16 mars 2017, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées a pu prescrire l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal qui s'étendait, outre sur le territoire de l'ancienne communauté d'agglomération de Pau Pyrénées et sur celui d'une partie de l'ancienne communauté de communes Gave et coteaux, mais également sur une partie du territoire de l'ancienne communauté de communes du Miey de Béarn. Dès lors, cette délibération du 16 mars 2017 n'est pas entachée d'erreur de droit. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à en exciper l'illégalité.
26. En septième lieu, aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ;
b) Le renouvellement urbain, le développement urbain et rural maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ;
d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité ; entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité ; () ". Ces dispositions imposent seulement aux auteurs des documents d'urbanisme d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. En conséquence, le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code l'urbanisme.
27. Les requérants soutiennent que le plan local d'urbanisme intercommunal ne prend pas suffisamment en compte l'objectif de la lutte contre l'étalement urbain, en se prévalant de l'avis émis par la mission régionale d'autorité environnementale de Nouvelle Aquitaine rappelé au point 15, et ne justifie pas de procéder à l'extension du tissu urbain constitué. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation dans sa partie relative à la justification du choix, qu'une évaluation du potentiel de densification du tissu urbain constitué a été faite en prenant en compte, d'une part, la superficie des parcelles, leur sensibilité environnementale et leur exposition risque, d'autre part, des niveaux de densité de construction, lesquels varient en fonction de la desserte des parcelles par les réseaux publics, notamment de transport et d'assainissement, et de leur localisation, à savoir 70 logements par hectare dans les secteurs desservis par le bus à haut niveau de service, 50 logements par hectare dans les zones à urbaniser et 25 logements par hectare dans les secteurs d'urbanisation diffuse en centre d'agglomération, 30 logements par hectare dans les zones à urbaniser et 15 logements par hectare dans les secteurs d'urbanisation diffuse pour le reste du cœur de pays et 8 logements par hectare dans le reste du territoire, voire 6 logements par hectare en l'absence d'assainissement collectif, une densité supplémentaire de 20 logements par hectare pour les parcelles d'une superficie supérieure à 5000 m² étant prévue pour la commune de Gan, polarité majeure, et celle de 15 logements par hectare pour ce même type de parcelles étant prévue pour les polarités intermédiaires. Il en résulte un potentiel brut de densification pour la période 2020 - 2030 de 91 ha en centre d'agglomération, de 202 ha en cœur de pays et 79 ha pour les communes périurbaines. Toutefois, en vue de tenir compte de l'existence d'espaces verts et d'équipements, et, notamment dans les communes périurbaines, des formes urbaines et de la capacité des réseaux, le potentiel de densification retenu présente des superficies de 68 ha en tissu urbain constitué et 12 ha en extension de ce tissu pour 2649 logements dans le centre d'agglomération, 184 ha en tissu urbain constitué et 44 ha en extension de ce tissu pour 4560 logements dans le reste du cœur de pays, auxquels s'ajoutent 6 ha de hameaux, ainsi que 65 ha en tissu urbain constitué et 171 ha en extension de ce tissu pour 2363 logements dans les communes périurbaines, auxquels s'ajoutent 33 ha de hameaux, soit une superficie totale de 266 ha en extension du tissu urbain constitué. Dès lors, au regard de la superficie totale du territoire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées qui s'élève à 34 360 ha, il n'est pas démontré que le plan local d'urbanisme intercommunal ne prendrait pas suffisamment en compte l'objectif de lutte contre l'étalement urbain. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération attaquée ne serait pas compatible avec le principe d'équilibre prévu par les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
28. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ". L'article L. 141-5 du même code dans sa rédaction applicable au litige prévoit que : " Dans le respect des orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, le document d'orientation et d'objectifs détermine : 1° Les orientations générales de l'organisation de l'espace et les grands équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces ruraux, naturels, agricoles et forestiers ; 2° Les conditions d'un développement urbain maîtrisé et les principes de restructuration des espaces urbanisés, de revitalisation des centres urbains et ruraux, de mise en valeur des entrées de ville, de valorisation des paysages et de prévention des risques ; 3° Les conditions d'un développement équilibré dans l'espace rural entre l'habitat, l'activité économique et artisanale, et la préservation des sites naturels, agricoles et forestiers. / Il assure la cohérence d'ensemble des orientations arrêtées dans ces différents domaines. ". Aux termes de l'article L. 142-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " Sont compatibles avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale : 1° Les plans locaux d'urbanisme prévus au titre V du présent livre ; () ".
29. Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
30. Tout d'abord, l'un des objectifs contenus dans le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du grand Pau approuvé le 29 juin 2015 consiste à " organiser le développement résidentiel de manière solidaire et équilibrée ". " Le Grand Pau, avec l'objectif d'atteindre 263 000 habitants à l'horizon 2030, s'inscrit dans la perspective d'un développement soutenu, et par ricochet, dans la mise en œuvre d'une politique ambitieuse en matière de logement. L'objectif de population recherché se traduit ainsi par l'arrivée de 32 000 nouveaux ménages à l'horizon 2030, nécessitant la production moyenne de 1450 logements par an " dont 865 logements en cœur de pays, soit 60 %, 345 logements dans les polarités et communes supports, soit 23 %, et 240 logements dans les autres communes, soit 17 %. L'un des axes du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal, intitulé " des modes d'occupation et d'utilisation des sols rationalisés " comporte notamment un objectif relatif à " la projection, au socle territorial et à la polarisation ", lequel prévoit qu'au regard des hypothèses de croissance démographique, " le schéma de cohérence territoriale projette un besoin de 11 000 logements supplémentaires pour la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées pour les 10 prochaines années 2020-2030. () 80 % des besoins (soit 8900 logements) sont développés dans le cœur de pays, espace infra rocade, par optimisation des potentiels fonciers et par des actions de renouvellement et d'intensification. () ". Si les requérants critiquent le choix retenu dans le plan local d'urbanisme intercommunal de concentrer l'essentiel de la densification urbaine dans le cœur de pays, il ressort des pièces du dossier que le périmètre du schéma de cohérence territoriale du grand Pau s'étend, outre sur celui de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées, sur celui des anciennes communautés de communes du canton d'Arzacq et du canton de Garlin, sur celui de la communauté de communes des Luys en Béarn, sur celui des anciennes communautés de communes du pays de Morlaàs, d'Ousse-Gabas et du canton d'Ossun, et d'une partie des anciennes communautés de communes du Miey de Béarn et gave et coteaux. Compte tenu de la différence de périmètre existant ainsi celui couvert par le schéma de cohérence territoriale et celui couvert par la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées, il n'est pas démontré que le pourcentage de logements prévu par le plan local d'urbanisme intercommunal pour le cœur de pays n'est pas compatible avec celui retenu par le schéma de cohérence territoriale pour le même secteur.
31. Ensuite, un autre objectif contenu dans le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du grand Pau consiste à " s'engager pour une moindre artificialisation des sols ". " À partir du projet d'armature urbaine et rurale, les collectivités mettront en œuvre les objectifs de densités brutes moyennes minimales à l'hectare suivantes : cœur de pays (à la commune) - 30 à 50 logements par hectare ; polarités majeures périurbaines - 20 à 30 logements par hectare ; polarités majeures rurales - 15 à 25 logements par hectare ; communes supports - 15 à 25 logements par hectare ; polarités intermédiaires périurbaines - 15 à 25 logements par hectare ; polarités intermédiaires rurales - 10 à 20 logements par hectare ; autres communes - 8 à 12 logements par hectare (secteur avec assainissement collectif) et 6 logements par hectare et + (secteur d'assainissement non collectif). Plus précisément, dans le cœur de pays, un effort tout particulier est attendu dans le centre d'agglomération, secteur le plus enclin à promouvoir un urbanisme durable. Les opérations structurantes développées à proximité d'une offre de transports collectifs performantes (bus à haut niveau de service, ligne cadencée à 10 minutes) ou dans un rayon de 600 m autour des gares/haltes ferroviaires, doivent mettre en œuvre une densité minimale de 70 logements à l'hectare. Les communes de Pau et de Billère (à l'échelle de la commune) doivent mettre en œuvre une densité minimale de 50 logements par hectare. () ".
32. Il ressort des pièces du dossier que, s'agissant du cœur de pays, la densité minimale de 50 logements par hectare pour les zones à urbaniser dans le centre d'agglomération prévue par le plan local d'urbanisme intercommunal et rappelée au point 28 excède la densité minimale de 30 logements par hectare exigée par le schéma de cohérence territoriale, à l'exception des communes de Pau et Billère pour lesquelles il est exigé une densité minimale de 50 logements par hectare. Or il n'est pas démontré que cette densité minimale ne compenserait pas, dans les secteurs d'urbanisation diffuse, celle de 25 logements par hectare dans le centre d'agglomération et celle de 15 logements par hectare pour le reste du cœur de pays, fixées par le plan local d'urbanisme intercommunal. En revanche, la densité minimale de 6 à 8 logements par hectare selon le type d'assainissement pour les parcelles d'une superficie inférieure ou égale à 5000 m² prévue par le plan local d'urbanisme en ce qui concerne la commune de Gan, polarité majeure périurbaine, et cette même densité minimale pour les parcelles de même superficie prévue par le même document d'urbanisme en ce qui concerne les communes de Denguin, Poey de Lescar, Artiguelouve et Laroin, qui sont des polarités intermédiaires périurbaines, ne respectent pas les densités minimales respectives de 20 à 30 logements par hectare pour les polarités majeures périurbaines et de 15 à 25 logements par hectare pour les polarités intermédiaires périurbaines prescrites par le schéma de cohérence territoriale. Toutefois, sur les 11 000 logements supplémentaires prévus pour la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal prévoit notamment 505 logements pour le secteur Nord-Ouest qui englobe les communes de Denguin, Bougarber, Uzein, Beyrie-en-Béarn, Aussevielle, Poey-de-Lescar et Siros, 491 logements pour le secteur sud-ouest qui englobe les communes de Laroin, Artiguelouve, Saint-Faust, Aubertin et Arbus, et 475 logements pour le pôle majeur de Gan qui englobe les communes de Gan et de Bosdarros. Le non-respect des objectifs du schéma de cohérence territoriale ne concerne donc ni l'ensemble des communes comprises dans ces différents secteurs, ni l'ensemble des parcelles susceptibles d'être densifiées dans les cinq communes en cause. Or, il n'est ni allégué ni établi que les effets du non-respect de ces objectifs sur l'extension du tissu urbain de ces seules communes seraient tels qu'ils ne rendraient pas compatibles le plan local d'urbanisme intercommunal avec les objectifs du schéma de cohérence territoriale du grand Pau.
33. Enfin, le même objectif contenu dans le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du grand Pau que celui rappelé au point 30 consiste également à fixer un objectif global de réduction de la consommation foncière d'au moins 50 %. Le schéma de cohérence territoriale " s'inscrit dans une consommation foncière maximale résidentielle (logements et services, équipements, réseaux liés) de 702 ha sur 10 ans. Toutefois, la moindre consommation foncière doit aussi être portée par les autres fonctions urbaines, notamment dans les espaces dédiés : zones d'activités, zones commerciales. () Ainsi, en croisant l'ensemble des orientations/objectifs relatifs au développement du territoire, le schéma entend utiliser sur 10 ans, pour mettre en œuvre toutes ses fonctions urbaines, près de 852 ha (702 ha pour le résidentiel, 150 ha pour les zones d'activités économiques, 0 ha pour les zones d'aménagement commercial) et fixe ainsi un objectif minimum de réduction de la consommation foncière de 50 %, hors grandes infrastructures et grands équipements. () ". Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation, dans sa partie relative à la justification des choix, que la consommation foncière totale, qui comprend le secteur résidentiel et les secteurs économiques et équipements - infrastructures, s'est élevée à 71 ha par an, dont 50 ha pour le secteur résidentiel, 10,5 ha pour le secteur économique et 10,5 ha pour les équipements et infrastructures, soit 710 ha sur la période considérée de 2005 à 2015, et que l'objectif est donc d'atteindre une consommation annuelle de 35,5 ha dont 25 ha pour le secteur résidentiel, 5,4 ha pour le secteur économique et 5,1 ha pour les équipements et infrastructures, soit 355 ha maximum sur la période comprise dans les années 2020 - 2030, ce qui correspond à 50 % de la consommation foncière constatée au cours de la précédente décennie. Si ce même rapport relève que, s'agissant du secteur résidentiel, les extensions du tissu urbain constitué conduisent à une consommation annuelle foncière de 26,7 ha, soit un dépassement de 6,8 % par rapport aux objectifs de modération de consommation foncière, l'objectif du schéma de cohérence territoriale rappelé précédemment doit être interprété comme visant une diminution de la consommation foncière toutes activités confondues. Par suite, les requérants ne démontrent pas que cet objectif fixé par le plan local d'urbanisme intercommunal ne serait pas compatible avec celui fixé par le schéma de cohérence territoriale du Grand Pau.
34. En neuvième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : () 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; () ". Aux termes de l'article L. 151-5 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. () ". L'article L. 151-8 du même code dispose : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
35. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
36. Ainsi qu'il a été dit au point 12, l'un des objectifs du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal prévoit que si le potentiel foncier prioritaire dans le tissu urbain constitué ou en centralités ne permet pas de répondre aux besoins de développement, soit en raison de contraintes naturelles telles que les inondations ou la topographie, soit en raison d'un impact sur l'infrastructure verte, le développement résidentiel peut s'envisager en extension, d'abord en continuité du tissu urbain constitué, ou à défaut en périphérie ou dans les hameaux sous réserve que ces secteurs remplissent les critères du renouvellement urbain et de la capacité des réseaux d'énergie, d'eau et d'assainissement à accueillir de nouvelles formes de constructions. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation dans sa partie relative à la justification des choix, que les zones classées UH correspondant aux hameaux prennent en compte les dents creuses, la capacité existante des réseaux publics de distribution d'eau et d'électricité, l'intérêt d'un épaississement d'un secteur construit existant, le défaut d'extension linéaire de l'urbanisation, l'atteinte modérée aux paysages, l'éloignement des activités économiques, notamment agricoles, les coupures naturelles et les coupures artificielles telles que les routes, et qu'elles ont été sélectionnées en priorité lorsqu'elles sont à proximité des bourgs et des secteurs les plus construits. La création des zones UH répond donc à l'objectif précédemment rappelé du projet d'aménagement et de développement durables et les requérants n'allèguent ni n'établissent que des hameaux classés dans de telles zones ne répondraient pas à ces critères. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la création des zones UH par le plan local d'urbanisme intercommunal serait incohérente avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables.
37. En dixième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
38. Il ressort du site Géoportail accessible tant au juge qu'aux parties que la parcelle cadastrée section AD n° 15 dans la commune de Mazères-Lezons, d'une superficie de 4210 m², est vierge de toute construction et est en nature de prairie. Si cette parcelle longe sur son côté ouest le cimetière communal et sur son côté sud-ouest l'avenue des Pyrénées qui la sépare du secteur urbanisé de la commune, composé d'une zone 1AUr au premier rang et une zone UAr au second rang, cette zone 1AUr étant assortie d'une orientation d'aménagement et de programmation dénommée Mazères - secteur mairie qui prévoit un programme de 18 logements, elle ouvre au nord et au nord-est sur un vaste secteur en nature de terres cultivées, lui-même délimité par le gave de Pau. Si une zone UBr prend également place à proximité du terrain en cause et qu'elle est également assortie d'une orientation d'aménagement et de programmation dénommée Mazères - rue du gave qui prévoit un programme de 12 logements, elle en est toutefois séparée par le cimetière. Cette parcelle, qui ne se situe pas dans le tissu urbain constitué de la commune de Mazères-Lezons n'est donc pas, contrairement à ce que soutiennent les requérants, insérée entre deux zones assorties d'une orientation d'aménagement et de programmation. À supposer que ce terrain ne recèle pas de potentiel agronomique ou biologique, il doit toutefois être regardé comme faisant partie d'un secteur à vocation agricole. Par suite, eu égard au parti d'aménagement voulu par les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal rappelé au point 12, la délibération attaquée portant approbation de ce document, en tant qu'il classe la partie de la parcelle cadastrée section AD n° 15 en zone agricole, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Les circonstances que ce terrain était classé en zone 2AU sous l'empire du précédent plan local d'urbanisme, ou bien qu'il est desservi par l'ensemble des réseaux publics sont, eu égard à la définition de la zone agricole prévue par l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, sans incidence sur la légalité de ce classement.
39. En onzième lieu, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ".
40. Le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal définit cette zone comme celle correspondant aux zones à dominante d'habitat, caractérisées par des typologies majoritaires de forme individuelle ou intermédiaire dans les communes rurales. Il ressort des pièces du dossier que si la parcelle cadastrée section AD n° 27, d'une superficie de 15 613 m², est vierge de toute construction et ne se situe pas dans le tissu urbain constitué de la commune de Mazères-Lezons, elle borde au sud l'avenue des Pyrénées qui la sépare du secteur urbanisé de cette commune. Elle est également longée sur son côté est par la route du gave, qui dessert également les parcelles cadastrées section AD n° 26 et AI n° 51, dont il n'est pas établi que ses caractéristiques ne seraient pas adaptées au trafic routier consécutif au classement en zone UBr de ces terrains et à l'orientation d'aménagement et de programmation dénommée Mazères - rue du gave dont est assortie la parcelle en cause, qui prévoit un programme de 12 logements. Enfin, il n'est pas soutenu que le potentiel foncier prioritaire dans ce tissu urbain ne permet pas de répondre aux besoins de développement résidentiel de la commune. La zone UBr, qui est composée des trois parcelles précédemment rappelées, constitue ainsi une extension du tissu urbain constitué qui autorise leur constructibilité alors même que l'une d'entre elles ne supporte aucune construction. Par suite, eu égard au parti d'aménagement voulu par les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal rappelé au point 12, et à la description des parcelles cadastrées section AD n° 26 et AI n° 51, la délibération attaquée portant approbation de ce document d'urbanisme, en tant qu'il classe ces terrains en zone UBr, n'est pas non plus entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
41. En douzième lieu aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ".
42. Ainsi qu'il a été dit au point 40, l'orientation d'aménagement et de programmation dénommée Mazères - rue du gave, qui concerne la parcelle cadastrée section AD n° 27, prévoit un programme de 12 logements sur une superficie de 1,5 ha. Cette densité n'excède pas celle de 8 logements par hectare correspondant à une commune rurale dotée d'un réseau public d'assainissement tel que prescrite par le schéma de cohérence territoriale du grand Pau. Les requérants ne peuvent utilement soutenir qu'elle ne se situe pas dans le tissu urbain constitué de la commune de Mazères-Lezons ou qu'elle ne répond pas à l'objectif du projet d'aménagement et de développement durables selon lequel les nouvelles constructions sont prioritairement envisagées dans ce tissu, dès lors que le classement en zone UBr de la parcelle précitée n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Enfin, si le document relatif à cette orientation d'aménagement et de programmation mentionne qu'une attention devra être portée à l'imperméabilisation des sols et à la récupération des eaux de pluie, il précise que, contrairement ce que soutiennent les requérants, la parcelle cadastrée section AD n° 27 ne prend pas place dans une zone inondable, ce qui est confirmé par le document graphique du plan de prévention du risque d'inondation de la commune de Mazères-Lezons approuvé par arrêté préfectoral du 28 février 2002 et annexé au plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, la délibération attaquée portant approbation de ce document d'urbanisme, en tant qu'elle crée l'orientation d'aménagement et de programmation dénommée Mazères - rue du gave, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
43. En treizième lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; () ". L'article R. 151-34 du même code prévoit : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : () 4° Les emplacements réservés aux équipements et installations d'intérêt général en précisant leur destination et les collectivités, services et organismes publics bénéficiaires. ".
44. Le cimetière de la commune de Mazères-Lezons repose sur les parcelles cadastrées section AD n° 8 et 9 d'une superficie totale de 3177 m². La parcelle cadastrée section AD n° 15, qui jouxte ce cimetière, est grevée de l'emplacement réservé n° 19 relatif à l'agrandissement de ce dernier pour une superficie de 2480 m². S'il ressort des pièces du dossier que la population de cette commune s'élevait à 1833 habitants en 2017, qu'une décroissance de la population est enregistrée depuis 1999 et que le nombre annuel de décès est de l'ordre de 25 depuis 2010, les photographies produites par les parties font état de ce que les caveaux et tombes funéraires occupent les deux tiers environ du périmètre du cimetière actuel et les requérants ne justifient pas, contrairement à ce qu'ils allèguent, que de nombreuses sépultures seraient à l'état d'abandon. La circonstance que le recours à la crémation, à la suite d'un décès, serait de plus en plus fréquent ne démontre pas qu'il conduirait à une diminution du nombre des demandes de concessions funéraires. De même, à supposer que l'extension du cimetière imposera l'abattage du mur d'enceinte ouest contre lequel s'appuie un certain nombre de sépultures, il n'est pas établi que cette opération ne serait pas réalisable sans déplacement de ces dernières. Par ailleurs, si l'avenue des Pyrénées, qui longe le côté sud du cimetière, forme un virage à hauteur du projet d'extension de celui-ci qui pourrait constituer un danger pour les usagers de cette voie en raison du manque de visibilité, il n'est pas démontré que l'accès actuel au cimetière, qui offre quant à lui une bonne visibilité, ne permettrait pas de desservir la partie étendue de ce lieu. Enfin, eu égard au taux d'occupation du périmètre du cimetière et à l'augmentation attendue de la population de la commune résultant de la création de nouveaux logements, la superficie correspondant à l'emplacement réservé ne revêt pas un caractère disproportionné. Les requérants ne peuvent utilement soutenir qu'il aurait été préférable d'étendre le cimetière sur une autre parcelle que la leur, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles. Par suite, la délibération attaquée portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal, en tant qu'il crée l'emplacement réservé n° 19 dans la commune de Mazères-Lezons, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
45. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées () un plan local d'urbanisme () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : () 2° En cas d'illégalité pour vice de forme ou de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour () les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. () ".
46. L'illégalité relevée au point 16 relative à l'insuffisance du rapport de présentation constitue un vice de forme commis après le second débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables qui s'est tenu lors de la séance du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 31 mai 2018 et est susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation. Dans ces conditions, les autres moyens invoqués par le requérant n'étant pas fondés, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification de la présente décision afin que, dans ce délai, la communauté d'agglomération procède à la régularisation de l'illégalité relevée précédemment.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions de la requête des consorts D aux fins d'annulation de la délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 19 décembre 2019.
Article 2 : La communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées devra justifier de la régularisation de l'illégalité relevée au point 16 de la présente décision dans un délai de six mois à compter de la date de notification de cette dernière.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par la présente décision sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C D et à la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le président rapporteur,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
L'assesseure,
Signé
F. GENTYLa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026