mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CAMBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2020, et des mémoires et pièces enregistrés les 28 septembre 2020, 27 janvier 2022 et 21 février 2022, Mme K J épouse I, Mme D H, Mme B C et Mme G A, représentées par Me Cambot, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Jean-de-Luz en tant qu'elle classe en zone naturelle les parcelles cadastrées section AL n°s 218, 220, 221, 235 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- le rapport de présentation du PLU ne justifie pas le choix du classement de leurs parcelles en zone N, et ces dernières ne sont pas incluses dans les zones d'intérêt écologique identifiées dans ce rapport ou dans le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ;
- ce classement est incohérent avec le PADD et, également, entaché d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que lesdites parcelles constituent une " dent creuse " au regard des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- par ailleurs, lesdites parcelles classées par le plan local d'urbanisme (PLU) en zone naturelle ne présentent aucune des caractéristiques requises pour être classées en zone N au regard des dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2021 la communauté d'agglomération Pays Basque, représentée par Me Dunyach, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et demande au tribunal de mettre à la charge des requérantes une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle précise que les requérantes ne justifient pas de leur intérêt à agir, et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 2 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 4 mars 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coto pour les requérantes et celles de Me Dunyach pour la communauté d'agglomération Pays Basque.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Jean-de-Luz. Par la présente requête, Mme K J épouse I et autres demandent au tribunal l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe en zone naturelle (zone N) les parcelles cadastrées section AL n°s 218, 220, 221 et 235 leur appartenant.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'insuffisance du rapport de présentation :
2. L'article L. 151-4 du code de l'urbanisme impose, notamment, que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement.
3. Les requérantes soutiennent que le rapport de présentation ne justifie nullement le classement en zone naturelle des parcelles en cause, dès lors, d'une part, qu'il se réfère aux analyses de l'état initial de l'environnement, lesquelles n'intègrent pas les parcelles en litige, dans les secteurs porteurs d'intérêts écologiques à l'échelle communale, et, d'autre part, qu'elles ne sont pas davantage comprises dans les secteurs naturels identifiés que la commune entend valoriser. Cependant, il ressort des pièces du dossier que, partant du constat de deux grands types de paysages, le littoral de la commune largement urbanisé et présentant un riche passé historique ainsi qu'un potentiel de densification de cette urbanisation, et des collines " en arrière-plan " sur lesquelles les activités agricoles sont en recul et soumises à une forte pression urbaine, le rapport de présentation identifie des paysages " agro-pastoraux " et justifie de la volonté de maitriser le développement urbain et de protéger et valoriser la présence d'espaces agricoles et naturels, en identifiant des espaces naturels homogènes. En outre, le secteur dans lequel se trouvent les parcelles en litige est identifié comme répondant à des enjeux de préservation d'un urbanisme paysager " en arrière-plan " du site urbain, marqué par une sensibilité paysagère très forte, tandis que son zonage répond à un objectif de gestion économe et rigoureuse de l'espace, passant notamment par la rationalisation de l'espace dévolu au développement urbain. Enfin, si certes le rapport de présentation n'identifie pas le secteur dans lequel s'insèrent les parcelles litigieuses dans ceux retenus comme ayant un intérêt écologique particulier, ce secteur n'est pas davantage inclus dans l'enveloppe urbaine communale existante et projetée, ou dans les nouveaux secteurs de développement urbain. Dans ces conditions, et dès lors au demeurant que le rapport de présentation n'a pas à justifier du classement de chaque parcelle du territoire communal, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté.
En ce qui concerne le classement en zone naturelle des parcelles :
4. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes, en outre, de l'article R. 151 24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; () 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / ".
5. Par ailleurs, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation, au regard notamment des intérêts du site sur lequel il se situe. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un détournement de pouvoir.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'une des ambitions des auteurs du plan local d'urbanisme a été, tout en respectant les identités patrimoniales du territoire communal, de s'engager dans une moindre artificialisation des sols, de limiter la consommation foncière et l'étalement urbain, tout en tenant compte des besoins en logements, ce qui a entrainé le déclassement de parcelles anciennement constructibles, situées dans des secteurs périphériques. En outre, l'axe 5 du projet de développement et d'aménagement durables (PADD) vise la revalorisation du patrimoine naturel, notamment des boisements énumérés, dont celui d'Antérénéa. En l'espèce, les parcelles située route d'Antérénéa, anciennement classées en zone UD, désormais classées en zone N, sont attenantes aux parcelles cadastrées sections AL n°s 234, 217, 219, 222 et 158 dont le classement est contesté dans le requête n° 2001567 présentée par M. et Mme E I. Elles sont situées au nord-est du territoire communal, à plusieurs kilomètres du centre bourg, dont elles sont séparées par des parcelles restées à l'état naturel, ainsi que par l'autoroute A63. Elles sont, par ailleurs, en contact avec plusieurs espaces classés en zones A et N, composés de parcelles vierges de construction et de boisements. Le secteur en cause se situe à proximité d'espaces dits de pérennisation de l'activité agricole, ainsi que d'espaces naturels classés. Les parcelles présentent ainsi à tout le moins un potentiel paysager, et ne sont pas dépourvues de tout intérêt écologique au sens de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme. Enfin, si les parcelles litigieuses sont partiellement construites, accueillant une maison d'habitation ainsi que des annexes, constitutives de constructions non agricoles, cette circonstance ne suffit pas à interdire leur classement en zone N. Ainsi, compte tenu du parti pris d'aménagement de la commune et de la vocation du secteur dans lequel ces parcelles s'insèrent, le classement en zone N des parcelles en litige n'est pas incohérent avec le PADD, ne procède pas d'une inexacte application des dispositions de l'article R. 151-24 précité et, enfin, n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Enfin, conformément à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, alors applicable, l'extension de l'urbanisation doit se réaliser, soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement.
8. Les requérantes ne peuvent utilement se prévaloir d'une méconnaissance, par la communauté d'agglomération, des dispositions de l'articles L. 121-8 du code de l'urbanisme, issues de la loi Littoral, pour contester le classement en zone naturelle de leurs parcelles, dès lors qu'à supposer même que des parcelles pourraient, en application de ces dispositions, être ouvertes à l'urbanisation, les auteurs du plan local d'urbanisme, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, peuvent décider de ne pas ouvrir à l'urbanisation de telles parcelles, sous réserve, que leur appréciation ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, ne soit pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un détournement de pouvoir. Il ressort des pièces du dossier que si le secteur est desservi par les réseaux, et comprend une dizaine de constructions, parmi lesquelles se trouvent des immeubles à vocation d'habitation individuelle, au regard de ses caractéristiques ainsi que de sa faible densité, le secteur correspond à un espace d'urbanisation diffuse, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce qu'en raison de son urbanisation, les parcelles constitueraient une simple " dent creuse " et que, en conséquence, leur classement en zone N serait pour ce motif entaché d'erreur manifeste d'appréciation, ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mmes I et autres doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la communauté d'agglomération, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mmes I et autres, une somme au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mmes I et autres, une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Pays Basque et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme K I et autres, est rejetée.
Article 2 : Mmes I et autres verseront à la communauté d'agglomération Pays Basque la somme globale de 1 000 euros (mille euros), au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme K J épouse I à Mme D H, à Mme B C, à Mme G A et à la communauté d'agglomération Pays Basque.
Copie pour information sera adressé à la commune de Saint-Jean-de-Luz.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Signé : S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,
Signé : M. F
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026