mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001606 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SLARL CABINET MICHELET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 août 2020 et le 8 décembre 2021, Mme C D, veuve B, représentée par Me Baloup, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays basque a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du pays d'Hasparren, ensemble la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Pays basque a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre cette délibération ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays basque une somme de 3600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le projet arrêté soumis à enquête publique n'a pas pris en compte les observations exposées dans le courrier du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 29 octobre 2019 adressé au président de la communauté d'agglomération Pays basque ;
- aucun avis portant sur l'évaluation environnementale prévu par l'article R. 104-25 du code de l'urbanisme ne figure dans le dossier soumis à enquête, en méconnaissance de l'article L. 122-1 et suivants du code de l'environnement ;
- le rapport de la commission d'enquête méconnaît l'article L. 123-15 du code de l'environnement dès lors que le compte-rendu purement statistique des observations émises par le public durant l'enquête publique n'est pas de nature à éclairer l'organe délibérant sur le contenu de ces observations qui auraient pu conduire à modifier le document d'urbanisme avant son approbation, comme l'autorisent les dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme ;
- aucune enquête publique complémentaire n'a été organisée, en méconnaissance du II de l'article L. 123-14 du code de l'urbanisme, alors que les modifications apportées au projet arrêté ont porté atteinte à l'économie générale du projet ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 1 du centre bourg de Hasparren :
o ne peut être située dans la zone de protection de la chapelle du Sacré-Cœur et de l'église ;
o porte directement atteinte à ses intérêts par la dévalorisation foncière liée aux taux de mixité sociale imposé dans ce secteur à proximité de sa propre maison et de celle de sa fille ;
- la liaison piétonnière vers le lotissement Erdian était initialement prévue pour les véhicules en utilisant la parcelle cadastrée F 1469 appartenant au lotisseur, et non sur ses propres parcelles, et a été abandonnée à la suite des élections municipales de 2008 ;
- il existe une disparité entre les taux de mixité sociale imposée dans les secteurs 1, 2, 3, 4 et 5, et le taux de 60% de mixité sociale imposée dans certains d'entre eux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement de ses parcelles situées dans le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation du centre-bourg en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les emplacements réservés n°1 et n°7 dans la commune de Hasparren ne se justifient plus ;
- il n'existe aucune information sur le projet d'aménagement prévu sur la zone d'activités Pignadas ;
- le plan local d'urbanisme intercommunal en litige ne mentionne pas la voie communale nouvelle que la commune d'Hasparren s'était engagée à créer pour la desserte des nouveaux lots de la zone d'activité du Pignadas lors du compromis de vente de parcelles situées au lieu-dit Lamara et Erreloua ;
- il n'existe pas d'obstacle à ce que les parcelles cadastrées section OB n°s 1496, 2293 et 2295 situées dans cette même zone d'activités soient classées en zone UY.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2021 et le 2 mars 2022, la communauté d'agglomération Pays basque, représentée par Me Gauci, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à une annulation partielle du plan local d'urbanisme intercommunal dont les éléments qui font l'objet du recours sont divisibles de ce document d'urbanisme, à titre infiniment subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour Mme D, veuve B, a été enregistré le 29 décembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Baloup, représentant Mme D, veuve B, et de Me Gauci, représentant la communauté d'agglomération Pays basque.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays basque a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du pays d'Hasparren. Mme D, veuve B, demande l'annulation de cette délibération et de la décision par laquelle le président de cet établissement public de coopération intercommunale a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre cette délibération.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la délibération du 22 février 2020 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme : " L'État () sont associés à l'élaboration () des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. () ". Aux termes de l'article L. 153-16 du même code : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; () ". Aux termes de l'article L. 153-21 du même code : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé () ". Aux termes de l'article R. 153-8 du même code : " Le dossier soumis à l'enquête publique est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et comprend, en annexe, les différents avis recueillis dans le cadre de la procédure. () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis pour avis notamment au représentant de l'État, que cet avis fait partie des pièces du dossier soumis à enquête publique et que l'autorité compétente chargée de l'élaboration de ce document d'urbanisme a la faculté de modifier après cette enquête ce projet afin d'en tenir compte le cas échéant. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet arrêté de plan local d'urbanisme intercommunal n'avait pas pris en compte l'avis émis le 29 octobre 2019 par le préfet des Pyrénées-Atlantiques avant d'être soumis à l'enquête publique est inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'environnement :
" I.- Quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et durant celle-ci, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête informe le public. () L'avis indique en outre l'existence d'un rapport sur les incidences environnementales, d'une étude d'impact ou, à défaut, d'un dossier comprenant les informations environnementales se rapportant à l'objet de l'enquête (). Il fait état, lorsqu'ils ont été émis, de l'existence de l'avis de l'autorité environnementale mentionné au V de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme() ". () ". Aux termes de l'article L. 122-7 du même code : " La personne responsable de l'élaboration d'un plan ou d'un programme soumis à évaluation environnementale en application de l'article L. 122-4 transmet pour avis à l'autorité environnementale le projet de plan ou de programme accompagné du rapport sur les incidences environnementales. () L'autorité environnementale est consultée, en tant que de besoin, sur le degré de précision des informations que doit contenir le rapport sur les incidences environnementales. ".
5. La procédure d'élaboration ou de révision d'un plan local d'urbanisme relève, non de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, comme le soutient la requérante, qui concerne les projets de travaux, d'ouvrages et d'aménagements soumis à étude d'impact, mais de l'article
L. 122-7 du même code relatif à l'évaluation de certains plans et programmes ayant une incidence notable sur l'environnement. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'enquête publique du 26 décembre 2019, que, contrairement à ce que soutient la requérante, l'avis émis le 18 octobre 2019 par la mission régionale d'autorité environnementale de Nouvelle Aquitaine figurait parmi les pièces du dossier soumis à enquête publique. Par suite, le moyen tiré de ce que cet avis n'était pas joint à ce dossier manque en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. () / Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. () ". Aux termes de l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire-enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions et contre-propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ". Si ces dispositions n'imposent pas à la commission d'enquête ou au commissaire enquêteur de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer en livrant ses conclusions, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de la commission d'enquête du 26 décembre 2019, que 469 observations écrites ont été émises par le public au cours de l'enquête publique et que ces observations ont été regroupées par commune et par grands thèmes, la première catégorie englobant les demandes de classement de parcelles en zones constructibles, de changement de zonages et de changement de destination des constructions, la seconde portant sur les suggestions relatives aux dessertes de parcelles, à la protection paysagère, à la mixité sociale et à l'assainissement. Le procès-verbal de synthèse qui accompagne le rapport d'enquête publique et classe les observations du public, indique également que Mme B en a déposé huit, dont quatre relatives à des demandes de classement de parcelles en zones constructibles, deux portant sur la desserte de parcelles, une concernant un emplacement réservé et une en rapport avec la mixité sociale. Le détail précis de l'ensemble des observations de la requérante figure en annexe de ce procès-verbal. En outre, la commission d'enquête indique qu'elle ne répondra pas individuellement à chacune des observations du public, à l'exception de celles minoritaires présentant un intérêt particulier au regard de l'intérêt général du projet. Ainsi, alors que les dispositions précitées des articles L.123-15 et R.123-19 du code de l'environnement n'imposent aucune méthode particulière pour recenser les observations du public, la seule circonstance que la commission d'enquête a recouru à l'analyse thématique précédemment décrite ne suffit pas à démontrer l'absence ou l'insuffisance d'analyse des observations. D'autre part, il résulte de l'annexe au plan local d'urbanisme intercommunal relative aux modifications apportées au projet arrêté de ce document d'urbanisme que le procès-verbal de synthèse des observations du public a été remis le 6 décembre 2019 et a fait l'objet d'un mémoire en réponse par la communauté d'agglomération Pays basque qui a notamment émis un avis favorable à 16 demandes. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la requérante, le conseil communautaire a été suffisamment éclairé sur les observations du public par le rapport de la commission d'enquête. Par suite, ce rapport n'a pas été établi en méconnaissance des dispositions précitées de L. 123-15 du code de l'environnement.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 123-14 du code de l'environnement : " () II.- Au vu des conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, la personne responsable du projet, plan ou programme visé au I de l'article L. 123-2 peut, si elle estime souhaitable d'apporter à celui-ci des changements qui en modifient l'économie générale, demander à l'autorité organisatrice d'ouvrir une enquête complémentaire portant sur les avantages et inconvénients de ces modifications pour le projet et pour l'environnement. Dans le cas des projets d'infrastructures linéaires, l'enquête complémentaire peut n'être organisée que sur les territoires concernés par la modification. () ".
9. Il est loisible à l'autorité compétente de modifier le plan local d'urbanisme après l'enquête publique sous réserve, d'une part, que cette modification procède de l'enquête et, d'autre part, qu'elle ne porte pas atteinte à l'économie générale de ce document. L'atteinte à l'économie générale du plan local d'urbanisme peut résulter de changements qui, par leur nature ou leur ampleur, eu égard à leurs effets propres ou combinés, modifient substantiellement les possibilités de construction et d'usage du sol sur le territoire de la commune par rapport aux choix antérieurs.
10. La seule circonstance que l'annexe au plan local d'urbanisme intercommunal relative aux modifications apportées au projet arrêté en dénombre une soixantaine ne suffit pas à démontrer qu'elles en ont bouleversé l'économie générale. La requérante ne peut, à cet égard, utilement se prévaloir de l'annulation pour ce motif, par jugement du tribunal administratif de Pau du 24 juin 2020, d'une précédente délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays basque portant approbation du plan local d'urbanisme de la commune de Hasparren.
11. En cinquième lieu, il ne résulte d'aucun texte ou principe, que les dispositions régissant une zone de protection des monuments historiques seraient au nombre des règles au regard desquelles doit être appréciée la légalité d'un plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, la seule circonstance que l'orientation d'aménagement et programmation du secteur 1 en centre bourg de Hasparren prendrait place dans la zone de protection des monuments historiques de la chapelle du Sacré Coeur et de l'église Saint Jean-Baptiste n'est pas de nature à entacher la délibération attaquée d'une erreur de droit.
12. En sixième lieu, la circonstance, à la supposer établie, que la proximité de la maison familiale de la requérante et de celle de sa fille avec le périmètre de l'orientation d'aménagement et programmation du secteur 1 en centre bourg d'Hasparren, pour laquelle la réalisation d'au moins 60% de logements locatifs sociaux est imposée, dévaloriserait la valeur foncière de ces propriétés, est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée.
13. En septième lieu, il résulte de l'orientation d'aménagement et programmation du secteur 1 du centre bourg d'Hasparren qu'elle prévoit de relier ce secteur au lotissement dénommé Erdian situé sur son flanc ouest par un chemin piétonnier qui traverse la parcelle cadastrée section OF n° 2409 dont la requérante est propriétaire. Toutefois, en se bornant à demander à ce que soit rétabli le projet d'accès carrossable à ce terrain, prévu initialement sur la parcelle cadastrée section OF n° 1469 avant d'être abandonné, selon ses dires, Mme D, veuve B, n'apporte pas les précisions nécessaires pour apprécier le bien-fondé de l'irrégularité alléguée de la création de ce chemin.
14. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme : " I. Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : () 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces () ".
15. Si Mme D, veuve B, conteste le taux de 60% de logements locatifs sociaux affecté à l'orientation d'aménagement et programmation du secteur 1 du centre bourg de la commune de Hasparren au motif que celle d'Urcuray ne comporte aucune obligation de mixité sociale, il résulte du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Hasparren que les cinq orientations d'aménagement et programmation sectorielles sont assorties d'un objectif en matière de mixité sociale. Elles imposent ainsi un taux de logements locatifs sociaux de 50% dans les secteurs de Yela, de la route de Bonloc et d'Urcuray et de 60 % dans les secteurs du centre bourg et d'Arteeta. Par suite, le moyen tiré de la discordance dans la répartition des objectifs à atteindre en matière de logements sociaux entre les cinq orientations d'aménagement et programmation sectorielles manque en fait.
16. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 151-8 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation des secteurs de zones urbaines ou de zones à urbaniser mentionnées au deuxième alinéa du R. 151-20 dont les conditions d'aménagement et d'équipement ne sont pas définies par des dispositions réglementaires garantissent la cohérence des projets d'aménagement et de construction avec le projet d'aménagement et de développement durables. Elles portent au moins sur : () 2° La mixité () sociale ; () "
17. Si Mme D, veuve B, soutient que le taux de 60% de mixité sociale imposée par l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 1 en centre bourg d'Hasparren est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard d'une part, des besoins réels en matière de logements sociaux, dont elle ne conteste toutefois pas qu'ils soient correctement définis par le rapport de présentation et qu'ils répondent à l'objectif de mixité sociale figurant dans l'un des axes du projet d'aménagement et de développement durables, d'autre part, des conséquences qu'emporterait un tel taux, elle n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
18. En dixième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
19. A supposer que la requérante ait entendu critiquer le classement en zone agricole des parcelles qu'elle détient dans le centre bourg d'Hasparren elle n'identifie pas les parcelles en cause, ni ne développe d'argument permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen, lequel doit, par suite, être écarté.
20. En onzième lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : () 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; () ".
21. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
22. Le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal litigieux prévoit dans la commune d'Hasparren des emplacements réservés dénommés 1-Has et 7-Has respectivement prévus pour une extension du cimetière et pour la création d'un accès à la zone 1 AUh servant de terrain d'assiette à l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 1 en centre bourg. D'une part, la requérante ne peut utilement invoquer, au soutien de la critique de l'emplacement réservé 1-Has, la circonstance que l'accès au périmètre de cette orientation d'aménagement et de programmation s'opère par la voie existante menant au cimetière. D'autre part, la communauté d'agglomération Pays basque fait valoir sans être contestée que l'emplacement 7-Has a pour but d'améliorer l'accès à la zone 1AUh. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la délibération attaquée approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal du pays d'Hasparren, en tant qu'elle institue les emplacements réservés n°s 1 et 7 dans la commune d'Hasparren, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
23. En douzième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : () 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; () ". Aux termes de l'article L. 151-6 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ". Aux termes de l'article R. 151-6 du même code : " Les orientations d'aménagement et de programmation par quartier ou secteur définissent les conditions d'aménagement garantissant la prise en compte des qualités architecturales, urbaines et paysagères des espaces dans la continuité desquels s'inscrit la zone, notamment en entrée de ville. Le périmètre des quartiers ou secteurs auxquels ces orientations sont applicables est délimité dans le ou les documents graphiques prévus à l'article R. 151-10. ".
24. Il résulte du plan local d'urbanisme intercommunal en litige qu'il est prévu, à environ 5 kilomètres au nord du bourg de la commune d'Hasparren, une extension de la zone d'activités économiques du Pignadas le long de la route départementale n° 21 dont le terrain d'assiette a été classé en zone 1 AUy et a fait l'objet à cet effet d'une orientation d'aménagement et de programmation. Cette dernière précise les conditions de desserte de la zone, le respect des courbes de niveau par la voirie interne de la zone et le positionnement des bâtiments, les éléments de végétation, bas-côté, bordures et clôtures d'allure champêtre permettant d'assurer son intégration paysagère, ainsi que les conditions d'aménagement favorisant l'infiltration des eaux de pluie, et prévoit un raccordement futur au réseau public d'assainissement. Par suite, contrairement à ce que soutient la requérante, cette orientation d'aménagement et de programmation répond aux prescriptions des articles L. 151-7 et R. 151-6 du code de l'urbanisme.
25. En treizième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'orientation d'aménagement et de programmation du Pignadas jouxte au sud la parcelle de la requérante cadastrée section OB
n° 1496, qui borde elle-même deux autres parcelles cadastrées section OB nos 2293 et 2295 en nature de bois dont elle est également propriétaire et qui résultent d'une division parcellaire ayant conduit à la vente de celles qui accueillent la zone d'activités actuelle. A ce titre, la requérante ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre de la délibération en litige, du courrier de son conseil du 2 mars 2005 adressé au maire d'Hasparren rappelant le non-respect par la commune d'une clause d'un acte de droit privé résultant du compromis de vente du 26 novembre 2002, qui a précédé l'acquisition le 5 juin 2003 par cette collectivité d'une partie de ses parcelles constituant l'actuelle zone d'activités du Pignadas desservie par la route Erreloua, selon laquelle la requérante devait bénéficier, pour accéder aux parcelles enclavées dont elle demeurait propriétaire, de la voie publique que la commune prévoyait de créer sur les terrains acquis.
26. En dernier lieu, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs du plan ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
27. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement et de développement durables comporte un axe qui prévoit de placer l'économie agricole au cœur du projet d'aménagement du territoire en préservant les espaces agricoles, cet objectif se combinant avec celui visant à limiter la consommation des espaces. Il ressort du site Géoportail accessible tant au juge qu'aux parties, que les parcelles cadastrées section OB n°s 1496, 2293 et 2295 dans la commune d'Hasparren, sont vierges de toute construction, sont en nature de prairie et de bois et ouvrent sur un vaste secteur de même nature à dominante rurale. La requérante ne peut utilement soutenir que ces parcelles auraient dû être classées en zone urbaine UY dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de vérifier qu'un autre classement était possible, mais seulement de s'assurer que le classement retenu n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, la délibération attaquée portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal en litige, en tant qu'il classe les parcelles en cause en zone agricole, n'est pas entachée d'une telle erreur.
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
28. A supposer que la requérante ait entendu invoquer au soutien des présentes conclusions les mêmes moyens que ceux soulevés au soutien des conclusions aux fins d'annulation de la délibération du 22 février 2020, ils doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 11 à 27.
29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme D, veuve B, doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
30. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
31. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme D, veuve B, doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Pays basque et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme D, veuve B, est rejetée.
Article 2 : Mme D, veuve B, versera à la communauté d'agglomération Pays basque une somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme C D, veuve B, et à la communauté d'agglomération Pays basque.
Copie en sera adressée à la commune d'Hasparren.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
F. A
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. UGARTE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026