jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 18 septembre 2020, le 19 septembre 2020, le 7 octobre 2020, le 8 octobre 2020, et le 10 novembre 2020, Mme B E demande au tribunal d'annuler la décision du 17 juin 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 260,37 euros, ensemble la décision du 14 septembre 2020 par laquelle cette même autorité ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette d'un montant de 65,09 euros.
Elle soutient que :
- elle est dans l'incapacité financière de rembourser cette somme ;
- elle a toujours correctement déclaré ses revenus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2022, la caisse d'allocations familiales des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de Mme D a été entendu, puis les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E est bénéficiaire de la prime d'activité depuis le mois de février 2018. Par décision du 10 juin 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes a mis à sa charge un indu de prime d'activité de 260,37 euros au titre des mois de novembre 2018 à janvier 2019. Elle en a sollicité la remise gracieuse. Par une décision du 14 septembre 2020, la caisse d'allocations familiales lui a accordé une remise partielle à hauteur de 65,09 euros. Par la présente requête, Mme E sollicite une remise totale de l'indu restant à sa charge, d'un montant de 195,28 euros.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité en litige résulte de la prise en compte des ressources perçues par Mme E et non déclarées au titre des mois de novembre 2018 à janvier 2019. Pour justifier, au soutien de sa demande de remise gracieuse, de son état de précarité, la requérante produit ses déclarations de chiffres d'affaires sur la période de janvier 2020 et desquelles il ressort que son activité n'a généré aucune ressource. Toutefois, et alors qu'il appartient au juge d'apprécier la situation de l'allocataire à la date à laquelle il statue, la requérante n'apporte aucun élément, ni aucune précision sur le montant actuel des revenus et des charges de son foyer. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle se trouve dans une situation de précarité qui ferait obstacle au règlement de sa dette, dont elle s'est au demeurant acquittée en cours d'instance, et qui justifierait qu'une remise gracieuse supplémentaire lui soit accordée. Dans ces conditions, à supposer même que sa bonne foi ne soit pas remise en cause, sa requête tendant à l'annulation de la décision du la décision du 14 septembre 2020 doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et à la caisse d'allocations familiales des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe 22 septembre 2022.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au préfet des Landes en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
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