mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001853 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2001853 le 23 septembre 2020, et un mémoire enregistré le 5 septembre 2022, Mme C A, représentée par Me Caroline Laveissière, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 avril 2020 par laquelle la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a décidé, au vu de l'avis du comité médical se prononçant en faveur de son inaptitude à l'exercice de ses fonctions, de son reclassement dans le corps des secrétaires administratifs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, et lui a proposé la mise en place d'une période de préparation à ce reclassement ainsi que ses modalités, ensemble la décision du 23 juillet 2020 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux formé à l'encontre de la première décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure en l'absence de participation d'un médecin psychiatre à la séance du comité médical départemental, ce qui méconnaît les articles 5 et 6 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- elles sont entachées d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 6 septembre 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- par un arrêté du 8 juin 2021, elle a annulé les arrêtés des 17 juin 2020 et 23 juillet 2020 l'affectant au lycée Charles Despiau dans le cadre d'une période de préparation au reclassement, et par un arrêté du 9 juin 2021, Mme A a été réaffectée à titre provisoire du 1er septembre 2021 au 31 août 2022 à l'agence comptable du lycée Charles Despiau à Mont-de-Marsan dans le cadre d'un retour à l'emploi dans le corps des attachés ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2002287 le 19 novembre 2020, et un mémoire enregistré le 5 septembre 2022, Mme A, représentée par Me Laveissière, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 mai 2020 par laquelle la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a refusé de la reclasser dans le corps des ingénieurs d'études et la décision implicite par laquelle elle a rejeté son recours gracieux exercé le 19 juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des articles 2 et 2-2 du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 dès lors qu'aucun projet de préparation au reclassement recueillant son accord ne lui a été proposé dans le délai de 2 mois à compter de la réception de l'avis du comité médical départemental ;
- par voie d'exception, la décision du 23 avril 2020 décidant de son reclassement est illégale dès lors qu'elle a été prise par une autorité incompétente, qu'elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de participation d'un médecin psychiatre à la séance du comité médical départemental en méconnaissance des articles 5 et 6 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 et qu'elle est entachée d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elles sont entachées d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'est pas inapte à occuper tous les emplois de catégorie A.
Par un mémoire enregistrés le 6 septembre 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- par un arrêté du 8 juin 2021, elle a annulé les arrêtés des 17 juin 2020 et 23 juillet 2020 l'affectant au lycée Charles Despiau dans le cadre d'une période de préparation au reclassement, et par un arrêté du 9 juin 2021, Mme A a été réaffectée à titre provisoire du 1er septembre 2021 au 31 août 2022 à l'agence comptable du lycée Charles Despiau à Mont-de-Marsan dans le cadre d'un retour à l'emploi dans le corps des attachés ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 juillet 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 relatif au reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- et les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Legrand, secrétaire administrative de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, a été titularisée dans le corps des attachés d'administration d'Etat à compter du 1er septembre 2016, à la suite de son admission au concours interne d'accès aux instituts régionaux d'administration (IRA), et a été affectée au sein de la direction académique des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) des Landes. Confrontée à des difficultés pour assumer l'ensemble de ses obligations professionnelles, Mme A a été reconnue, par suite d'altérations de son état de santé, inapte à l'exercice de ses fonctions d'attachée. Par une décision du 23 avril 2020, la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine, rectrice de l'académie de Bordeaux, a décidé de son reclassement dans le corps des secrétaires administratifs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et lui a proposé une période de préparation à ce reclassement. Par une décision du 26 mai 2020, cette même autorité a refusé de la reclasser dans le corps des ingénieurs d'études. Par la requête enregistrée sous le n° 2001853, Mme A demande l'annulation de la décision du 23 avril 2020, ensemble la décision du 23 juillet 2020 rejetant son recours gracieux et, par la requête enregistrée sous le n° 2002287, Mme A demande l'annulation de la décision du 26 mai 2020, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux contre cette décision.
Sur la jonction :
2. Les présentes requêtes enregistrées sous les numéros 2001853 et 2002287, présentées par Mme A à l'encontre de décisions prises dans le cadre d'une procédure de reclassement pour inaptitude précédée d'une période de préparation concernent des demandes dont le bien-fondé dépend d'éléments de fait et de considérations de droit qui sont liés et présentent à juger des questions connexes. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Après son affectation au sein de la direction académique des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) des Landes, dès le mois de juin 2017, Mme A a été placée à plusieurs reprises en arrêt maladie et en congé longue maladie du 6 septembre 2017 au 31 mars 2018. Après un avis favorable à sa reprise, émis par le comité médical départemental le 22 mars 2018, elle a repris son activité dès le 1er avril 2018. Constatant qu'elle rencontrait des difficultés malgré un allègement de ses missions, son employeur a de nouveau saisi le comité médical, lequel a émis, le 19 juillet 2019, un avis d'aptitude de l'intéressée à exercer ses fonctions sans restriction, avec aménagement de poste si besoin à étudier avec le médecin de prévention. Mme A a consulté ce dernier, le 11 octobre 2018, sans solliciter d'aménagement de son poste qui lui paraissait compatible avec son état de santé. Le médecin de prévention préconisait cependant d'éviter les situations relationnelles difficiles ou collectives, et de privilégier des fonctions de gestionnaire. A l'appui de son évaluation professionnelle annuelle, qu'elle a d'ailleurs contestée, son employeur estime que Mme A ne parvient toujours pas à assumer l'ensemble de ses obligations professionnelles, de sorte que, le 9 octobre 2019, il a de nouveau saisi le comité médical de la situation de cet agent.
4. Dans son avis du 23 janvier 2020, le comité médical départemental a émis un avis favorable au reclassement professionnel de Mme A, qui présente une inaptitude absolue et définitive à l'exercice de ses fonctions d'attachée d'administration, mais peut faire l'objet d'un reclassement pour inaptitude physique. C'est ainsi que le 23 avril 2020, la rectrice de l'académie de Bordeaux a décidé de son reclassement dans le corps des secrétaires administratifs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et l'a informée de la mise en place d'une période de préparation à ce reclassement, conformément aux dispositions de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 et du décret du 30 novembre 1984. Mme A a accusé réception de cette décision le 6 mai 2020 et a sollicité à cette occasion un reclassement dans le corps des ingénieurs d'étude, filière des ingénieurs et personnels techniques de recherche et de formation (ITRF). Par une décision du 26 mai 2020, la rectrice de l'académie de Bordeaux a refusé de donner une suite favorable à cette demande au motif que son inaptitude à exercer les fonctions d'attachée d'administration rendait impossible le reclassement dans un corps de catégorie A dont les missions s'apparentent à celles du corps des attachés. Par un arrêté du 17 juin 2020, la rectrice de l'académie de Bordeaux, l'a affectée à titre provisoire dans le cadre d'une préparation au reclassement professionnel, au lycée Charles Despiau à Mont-de-Marsan, du 15 juin au 31 août 2020. Cette affectation a été reconduite par un arrêté du 23 juillet 2020 pour la période du 1er septembre 2020 au 14 juin 2021. Le 6 décembre 2020, Mme A a sollicité la prolongation de la période de préparation au reclassement jusqu'au terme de son congé de maternité prévu du 7 avril au 27 juillet 2021, ce qui a été accepté le 25 janvier 2021. Prenant acte d'un bilan positif par l'agent comptable du Lycée Despiau auprès duquel Mme A était affectée, et d'un avis d'aptitude à exercer ses fonctions d'attachée d'administration d'Etat sans restriction, rendu le 18 février 2021 par le comité médical départemental sur recours gracieux exercé à l'encontre de l'avis du 23 janvier 2020, la rectrice de l'académie de Bordeaux a, par un arrêté du 8 juin 2021, annulé dans les arrêtés des 17 juin 2020 et 23 juillet 2020, les dispositions relatives au dispositif de préparation au reclassement. Enfin, par un arrêté du 9 juin 2021, la rectrice de l'académie de Bordeaux a renouvelé l'affectation à titre provisoire de Mme A auprès de l'agent comptable du Lycée Charles Despiau, pour l'année scolaire 2021-2022.
5. Aux termes de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 alors en vigueur : " Lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite d'altération de son état de santé, inapte à l'exercice de ses fonctions, le poste de travail auquel il est affecté est adapté à son état de santé. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ce fonctionnaire peut être reclassé dans un emploi d'un autre corps ou cadre d'emplois en priorité dans son administration d'origine ou, à défaut, dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, s'il a été déclaré en mesure de remplir les fonctions correspondantes. () / Le fonctionnaire reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions a droit, selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat, à une période de préparation au reclassement, avec traitement d'une durée maximale d'un an. Cette période est assimilée à une période de service effectif. (). " L'article 2 du décret du 30 novembre 1984 alors en vigueur dispose : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son corps, l'administration, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ".
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A a contesté à la fois l'avis d'inaptitude à exercer ses fonctions d'attachée émis par le comité médical départemental le 23 janvier 2020, et tous les actes et décisions pris en conséquence pour initier son reclassement professionnel. Il en est ainsi de la décision du 23 avril 2020, lui proposant une préparation à son reclassement dans le corps des secrétaires administratifs. Parallèlement, Mme A avait sollicité le reclassement dans le corps des ingénieurs d'étude, autre corps de catégorie A que son corps d'origine, et elle a contesté le refus opposé à cette demande. Ce faisant, Mme A doit être regardée comme contestant le principe d'un reclassement dans un corps de catégorie inférieure à son corps d'origine.
7. Toutefois, en précisant dans ces dernières écritures, qu'elle a finalement été affectée à un poste dont les fonctions correspondent aux emplois de son corps de catégorie A, Mme A doit être considérée comme ayant obtenu satisfaction en cours d'instance, ainsi que le souligne le rectorat en défense. Dès lors, compte tenu de l'intervention de l'arrêté du 8 juin 2021 annulant les dispositions relatives au dispositif de préparation au reclassement prévu dans les arrêtés du 17 juin 2020 et du 23 juillet 2020, la rectrice de l'académie de Bordeaux a implicitement mais nécessairement rendue sans objet les conclusions dirigées contre les décisions attaquées relatives à ce dispositif de préparation au reclassement.
8. Il s'ensuit qu'à la date du présent jugement, les conclusions présentées par Mme A ont perdu leur objet, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées dans les requêtes n° 2001853 et n° 2002287 déposées par Mme A.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la rectrice de l'académie de Bordeaux et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé : M. BLa présidente,
Signé : S. PERDU
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
N°2001853
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026