jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001917 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | MARCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2020, Mme B A, représentée par Me Marcel demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2020 par laquelle le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a rejeté sa demande de remise gracieuse des indus de revenu de solidarité active et de prime de Noël mis à sa charge par des décisions du 11 juillet 2019 et du 16 décembre 2019 à hauteur de la somme totale de 18 740,27 euros ;
2°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'absence de déclaration de ses séjours réguliers en Espagne ne sauraient constituer une fraude, et en tout état de cause, l'omission de déclaration de résidence stable en France n'était pas délibérée ;
- elle n'est pas en capacité financière de rembourser la somme qui lui est réclamée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2021, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 24 août 2022, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La demande d'aide juridictionnelle de Mme A a été rejeté par une décision en date du 29 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 8 septembre 2022 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Marcel, qui confirme les écritures en insistant sur l'absence d'intention délibérée et donc de fraude, dès lors qu'elle se trouvait en Espagne dans le cadre de ses études et qu'elle se trouve actuellement dans une situation difficile, notamment sur le plan médical.
Le département des Hautes-Pyrénées et la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques n'étant ni présents ni représentés à l'audience.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A était bénéficiaire du revenu de solidarité active. Par une décision du 11 juillet 2019 le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (INK 001) d'un montant de 11 544,04 euros au titre de la période de juillet 2017 à décembre 2019 et deux indus de prime de Noël d'un montant respectif de 152,45 euros au titre des années 2017(ING 001) et 2018 (ING 002). Par une seconde décision, en date du 11 décembre 2019, le directeur de ce même organisme lui a notifié un nouvel indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 5 633,88 euros au titre de la période de juillet 2016 à juin 2017 et un indu de prime de noël d'un montant de 152,45 euros au titre des années 2016 (ING 003). Ces indus ont été mis à sa charge au motif que le contrôle de sa situation avait révélé qu'elle résidait en Espagne de façon régulière depuis 2016. Mme A a sollicité la remise gracieuse de ses indus. Estimant que ceux-ci présentaient un caractère frauduleux, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a rejeté sa demande par une décision du 11 août 2020. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la remise gracieuse :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. D'autre part, les décrets du 27 décembre 2017, du 14 décembre 2018 et du 10 décembre 2019 visés plus haut prévoient que tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci et que la dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. Pour l'application des dispositions mentionnées aux points 2 et 3, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
6. Par ailleurs, pour bénéficier du revenu de solidarité active, l'allocataire doit résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
7. En l'espèce, ainsi que cela a été dit au point 1, l'indu de revenu de solidarité active provient de ce que Mme A n'a jamais déclaré à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques avoir séjourné de manière habituelle en Espagne au titre de la période en litige. Pour convaincre de sa bonne foi, la requérante fait valoir, d'une part, que ses déplacements entre la France et l'Espagne étaient justifiés par la poursuite de son cursus universitaire, dans le cadre d'un Master professionnel à distance, et la nécessité de maitriser parfaitement la langue espagnole, d'autre part, que son conseiller Pôle Emploi était parfaitement au courant de ses démarches. Il résulte toutefois de l'instruction, et n'est au demeurant pas contesté par Mme A, que durant cette période elle a continué de transmettre ses déclarations trimestrielles de ressources sans jamais signaler son changement de situation, et les pièces produites aux débats, en particulier la synthèse de ses entretiens personnalisés avec son conseiller Pôle emploi ne permettent pas d'établir que, comme elle le soutient, elle l'aurait effectivement informé de ce changement. Dans ces conditions, l'absence de déclaration aux services de la caisse d'allocations familiales, réitérée dans le temps, par Mme A de ses nombreux séjours à l'étranger caractérise un manquement à ses obligations déclaratives. Dans ces conditions, elle doit être regardé comme ayant commis de fausses déclarations faisant obstacle à ce qu'elle puisse bénéficier d'une remise gracieuse tant en ce qui concerne le revenu de solidarité active qu'en ce qui concerne la prime d'activité.
8.Enfin compte tenu de ce qui a été dit au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision 11 août 2020 doit être écarté comme inopérant.
9.Il résulte de tout ce qui précède qu'à supposer même que Mme A puisse être regardée comme justifiant de l'état de précarité qu'elle invoque, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 11 août 2020 refusant de lui accorder la remise gracieuse des indus en litige doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par Mme A, qui a la qualité de partie perdante à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au département des Pyrénées-Atlantiques et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026