lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001959 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | PECASSOU-CAMEBRAC & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2020, ainsi qu'un mémoire enregistré le 12 juillet 2021, Mme B A, représentée par Me Cazeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce, en tant qu'elle approuve le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée section AP n° 358 lui appartenant ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son intérêt à agir est certain ;
- il appartient à l'administration de justifier de la compétence de M. C pour signer la délibération approuvant le PLU ;
- ce classement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; il est incohérent avec le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ainsi qu'avec les objectifs du schéma de cohérence territoriale (SCoT) ; la commissaire enquêtrice a également commis une erreur en répondant aux observation émises que la parcelle serait pour partie constructible ;
- la parcelle cadastrée section AP n° 358 ne présente aucune des caractéristiques requises pour être classée en zone A.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2021, la communauté d'agglomération Pays Basque, représentée par Me Logeais, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme afin de procéder à une éventuelle régularisation, et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle précise qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé et, qu'en cas de besoin, le tribunal pourrait sursoir à statuer afin de laisser à la communauté d'agglomération un délai pour régulariser l'éventuelle irrégularité dont pourrait être entachée la délibération attaquée.
Par une ordonnance du 28 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 18 février 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cazeau pour la requérante et celles de Me Logeais pour la communauté d'agglomération Pays Basque.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe en zone agricole (zone A) la parcelle cadastrée section AP n° 358, propriété de la requérante.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 23 décembre 2019, pris en application des dispositions de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales, régulièrement publié au recueil des actes de cet établissement public, le président de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a donné à M. C, directeur général des services de la communauté d'agglomération, délégation pour signer notamment les copies des délibérations du conseil communautaire figurant au registre. Le moyen ne peut donc, en tout état de cause, qu'être écarté.
3. En second lieu, en vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". Aux termes, par ailleurs, de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes, en outre, de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone agricole, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation, au regard notamment des intérêts du site sur lequel il se situe. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un détournement de pouvoir.
5. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Lahonce, qui se situe non loin de Bayonne, aux abords de l'Adour, est un village qui se caractérise par une urbanisation faible et diffuse, et qui comprend de multiples zones boisées et agricoles. A ce titre, afin de préserver l'identité communale, les auteurs du plan local d'urbanisme se sont fixés comme objectifs, dans le programme d'aménagement et de développement durables (PADD), de limiter l'artificialisation des sols et l'étalement urbain ainsi que la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers, et d'assurer le maintien de l'empreinte naturelle du territoire de la commune, d'enrayer la réduction du nombre d'exploitations agricoles et de contribuer à une agriculture diversifiée.
6. Il ressort également des pièces du dossier que la parcelle AP n° 358 est classée en zone A dans le plan local d'urbanisme en litige, qu'elle est vierge de construction et s'étend sur une superficie de plus de 7 800 m2. Elle est située au nord-ouest du territoire communal, dans le secteur " Lacoueder ", quartier à dominante pavillonnaire diffus, marqué par la présence de plusieurs espaces boisés et des prairies. En contact, au nord et au nord-est, avec des parcelles construites classées dans une zone urbanisée (UD), elle jouxte également une vaste zone agricole à l'ouest et un autre secteur naturel et agricole, plus au sud. Si elle est située non loin du cœur du village, elle ne se situe cependant nullement dans l'enveloppe urbaine de la commune, ni d'ailleurs dans celle du quartier Lecoueder, le rapport de présentation précisant que dans le secteur dans lequel s'insère la parcelle, l'urbanisation s'est développée " le long des voies, relayant les espaces agricoles à des franges arrières au tissu urbains, ou à des fortes pentes ". La parcelle AP n° 358 se trouve à l'arrière d'une parcelle construite, et accuse une certaine déclivité.
7. Si le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de Bayonne et du Sud des Landes encourage une urbanisation dans les secteurs déjà construits, il affirme également le rôle des trames vertes et tend à protéger les espaces naturels et agricoles, et a d'ailleurs identifié cette parcelle dans une zone agricole. Par suite, aucune incompatibilité entre le plan local d'urbanisme de Lahonce en tant qu'il procède à ce classement et le SCoT ne peut être retenue.
8. En outre, quand bien même la parcelle serait desservie par certains réseaux et n'est plus exploitée, et en dépit de la circonstance que la commissaire enquêtrice l'a considérée comme étant partiellement constructible dans sa réponse aux observations de Mme A durant l'enquête publique, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'eu égard au parti pris d'aménagement de la commune et de la vocation du secteur dans lequel cette parcelle s'insère, son classement en zone A serait incohérent avec le programme d'aménagement et de développement durables (PADD). Pour les mêmes raisons, eu égard aux caractéristiques de la parcelle et de sa localisation, son classement ne procède pas d'une inexacte application des dispositions de l'article R. 151-22 précité, et n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Enfin, les circonstances alléguées tirées de ce que les riverains pourraient s'opposer à la reprise d'une activité agricole sur cette parcelle, en raison des nuisances notamment sonores que cela pourrait engendrer, et qu'un classement en zone constructible de ladite parcelle n'aurait pas eu pour conséquence d'entraîner une extension de l'urbanisation, ce qu'au demeurant la CAPB conteste, sont sans incidence sur la légalité du classement en zone agricole de la parcelle objet du présent litige.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Dès lors, les conclusions présentées en défense par la communauté d'agglomération Pays Basque tendant à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la communauté d'agglomération Pays Basque, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la requérante une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Pays Basque et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 1 000 euros (mille euros), au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la communauté d'agglomération Pays Basque.
Une copie pour information sera adressée à la commune de Lahonce.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Signé : S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,
Signé : M. D
La greffière,
Signé : P. UGARTE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : P. UGARTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026