jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2002024 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2020, M. C A, représenté par Me Vallejo, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de la côte basque à lui verser la somme de 13 670,40 euros au titre de la prime de précarité, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la côte basque la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été irrégulièrement maintenu en situation de précarité à compter du 5 janvier 2017 dès lors que le centre hospitalier de la côte basque a prolongé son contrat à durée déterminée pour une durée d'un an, en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article R. 6152-402 du code de la santé publique sur le fondement desquelles il a été recruté ;
- en vertu des dispositions combinées de l'article L. 1243-8 du code du travail et de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique, en l'absence de signature d'un nouveau contrat à durée déterminée ou d'un contrat à durée indéterminée, il aurait dû bénéficier de la prime de précarité à compter du 5 janvier 2017 ;
- le montant de la prime de précarité qu'il aurait dû percevoir à compter du 5 janvier 2017, jusqu'à l'échéance de l'avenant n° 2 de son contrat à durée déterminée le 5 janvier 2018, représente 10 % de la rémunération totale brute qui lui a été servie durant cette période soit un total de 13 670,40 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2020, le centre hospitalier de la côte basque, représenté par la SCP Noyer-Cazcarra avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 20 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- et les observations de Me Jeanneau, représentant le centre hospitalier de la côte basque.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté en qualité de praticien hospitalier contractuel par le centre hospitalier de la côte basque, à compter du 5 janvier 2015 et pour une durée d'un an, sur le fondement du 4° de l'article R. 6152-402 du code de la santé publique, au service de chirurgie viscérale. Son contrat a été prolongé par deux avenants successifs jusqu'au 5 janvier 2018. Après avoir passé avec succès le concours de praticien hospitalier, M. A a été nommé en qualité de chirurgien des hôpitaux, dans le même établissement, à compter du 1er juin 2017. Le 8 juillet 2020, il a sollicité le versement de l'indemnité de fin de contrat, dite de précarité, prévue par l'article L. 1243-8 du code du travail et applicable aux praticiens hospitaliers contractuels en vertu de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique, qui lui a été refusée par une décision du centre hospitalier de la côte basque du 9 septembre 2020. Il demande au tribunal de condamner l'établissement à lui verser la somme de 13 670,40 euros au titre de cette prime.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 6152-402 du code de la santé publique, sur le fondement duquel M. A a été recruté : " Les praticiens contractuels mentionnés à l'article R. 6152-401 ne peuvent être recrutés que dans les cas et conditions suivants : / () 4° Pour occuper, en cas de nécessité de service et lorsqu'il s'avère impossible d'opérer un tel recrutement en application des dispositions statutaires en vigueur, un poste de praticien à temps plein ou à temps partiel resté vacant à l'issue de chaque procédure statutaire de recrutement. Le contrat peut être conclu pour une période maximale de six mois renouvelable dans la limite d'une durée totale d'engagement de deux ans ; / () Un même praticien ne peut bénéficier, au sein du même établissement, de recrutements successifs en qualité de praticien contractuel au titre d'un ou de plusieurs des alinéas ci-dessus que pour une durée maximale de trois ans. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Les dispositions du code du travail sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives, à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail (). " L'article L. 1243-8 du code du travail dispose que : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. / Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant. ".
4. Il résulte de ces dispositions que si les relations contractuelles entre le praticien contractuel et son employeur ne se poursuivent pas en un contrat de travail à durée indéterminée, l'agent a droit à une indemnité de précarité visant à compenser la situation de précarité dans laquelle il se trouve. Lorsqu'un praticien contractuel, employé dans le cadre de contrats à durée déterminée, est recruté comme praticien hospitalier dans le cadre du statut prévu au 1° de l'article L. 6152-1 du code de la santé publique, la relation de travail se poursuit dans des conditions qui doivent être assimilées, pour l'application de l'article L. 1243-8 du code du travail, à celles qui résulteraient de la conclusion d'un contrat à durée indéterminée.
5. Il résulte de l'instruction que le contrat daté du 26 décembre 2014 par lequel M. A a été recruté pour une durée d'un an à compter du 5 janvier 2015, a été prolongé par un premier avenant du 17 décembre 2015, pour une durée d'un an, puis par un second avenant du 21 décembre 2016, pour une durée supplémentaire d'un an. Le contrat de 2014 ne peut donc être regardé comme ayant pris fin à l'échéance du premier avenant soit en décembre 2016. Sa durée totale, résultant des deux prolongations successives, excède la limite totale d'engagement de deux ans fixée par le 4° de l'article R. 6152-402 du code de la santé publique sur le fondement duquel il a été signé, sans atteindre, cependant, le maximum de trois ans prévu au dernier alinéa de cet article. Toutefois, à supposer que la prolongation par avenant du contrat à durée déterminée au-delà de la limite totale d'engagement prévue par le 4° de l'article R. 6152-402 du code de la santé publique puisse être regardée comme irrégulière, elle ne suffit pas à ouvrir droit au versement de l'indemnité de fin de contrat prévue par l'article L. 1243-8 du code du travail.
6. En outre, par une décision du 7 février 2017, le directeur du centre hospitalier de la côte basque a ouvert au recrutement un poste de praticien hospitalier en chirurgie urologique, par anticipation du départ d'un praticien titulaire, et, par un arrêté du 1er juin 2017, la directrice du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction hospitalière a nommé M. A en qualité de chirurgien des hôpitaux sur le poste déclaré vacant dans cet établissement. Dans ces conditions, le recrutement de M. A en tant que praticien hospitalier, dans le même service, au cours du contrat à durée déterminée dont il bénéficiait, doit le faire regarder, ainsi qu'il a été dit au point 4, comme bénéficiant de la poursuite de la relation de travail dans des conditions qui doivent être assimilées, pour l'application de l'article L. 1243-8 du code du travail, à celles qui résulteraient de la conclusion d'un contrat à durée indéterminée. Il s'ensuit qu'il ne peut prétendre au bénéfice de l'indemnité de précarité prévue par l'article L. 1243-8 du code du travail.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que le centre hospitalier de la côte basque, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier de la côte basque et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera au centre hospitalier de la côte basque une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au centre hospitalier de la côte basque.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. D
La présidente,
Signé
M. B La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026