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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2002119

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2002119

lundi 19 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2002119
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantPECASSOU-CAMEBRAC & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 octobre 2020, ainsi que des mémoires et pièces enregistrés le 10 décembre 2021, le 28 février 2022, le 15 avril 2022 et le 17 juin 2022, M. B C, représenté par Me Mandile, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 22 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux formé à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, de prononcer l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe en zone naturelle la parcelle cadastrée section AO n° 48, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux formé à son encontre ;

3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Pays Basque de rétablir le classement de ladite parcelle en zone urbaine ;

4°) et de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 2 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie d'un intérêt à agir dès lors qu'il est résident de Lahonce et qu'il est propriétaire de plusieurs terrains, notamment de la parcelle dont le classement est contesté ;

- la délibération du 26 juillet 2016 prescrivant la révision générale du plan local d'urbanisme de la commune n'a pas été notifiée à l'ensemble des personnes visées aux articles L. 153-22 et L. 132-7 du code de l'urbanisme ;

- la délibération du 22 février 2020 a été adoptée dans des conditions irrégulières dès lors que les conditions de convocation des conseillers figurant à l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales n'ont pas été respectées ;

- les dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales relatives au droit d'information des conseillers communautaires ont été méconnues dès lors que le lien vers le site internet permettant de consulter le PLU de Lahonce a été transmis aux conseillers moins de cinq jours avant la séance du conseil communautaire, ne permettant pas à ces derniers de disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de l'ensemble des nombreux points figurant à l'ordre du jour ; par ailleurs, ces mêmes dispositions ont également été méconnues puisque les informations communiquées aux conseillers sont insuffisantes voire inexistantes ;

- le rapport de présentation du plan local d'urbanisme est insuffisant et méconnait les dispositions des articles L. 151-4 et R. 151-2 du code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme adopté n'est pas compatible avec le schéma de cohérence territoriale (SCoT), en méconnaissance des dispositions de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme ;

- il existe, également, des incohérences entre le document graphique, sa traduction dans le règlement du plan local d'urbanisme et les orientations du programme d'aménagement et de développement durables (PADD) ;

- le classement en zone naturelle de la parcelle est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme, ainsi que d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense et des pièces, enregistrés le 26 mai 2021, le 10 décembre 2021, le 24 février 2022 et le 12 mai 2022, la communauté d'agglomération Pays Basque, représentée par Me Logeais, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond. En cas de besoin, il est demandé au tribunal de faire application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme afin de procéder à une éventuelle régularisation et, en tout état de cause, de mettre à la charge du requérant une somme de 4 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle précise que :

- le requérant ne justifie pas de sa qualité de propriétaire des parcelles dont le classement est contesté ;

- à titre subsidiaire, le moyen tiré de la méconnaissance de l'obligation de notification de la délibération de 2016 est irrecevable en application de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme et aucun des autres moyens soulevés n'est fondé ;

- enfin, en cas de besoin, le tribunal pourrait sursoir à statuer afin de laisser à la communauté d'agglomération un délai pour régulariser l'éventuelle irrégularité dont pourrait être entachée la décision et la délibération attaquée.

Par une ordonnance du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 13 juillet 2022 à 12 heures.

Un mémoire présenté pour la communauté d'agglomération Pays Basque a été enregistré le 12 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,

- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Logeais pour la communauté d'agglomération Pays Basque.

Une note en délibéré présentée pour M. C a été enregistrée le 6 décembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque (CAPB) a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce. M. C a formé un recours gracieux à l'encontre de cette délibération et, par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler, à titre principal, la délibération du 22 février 2020, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux formé à son encontre ou, à titre subsidiaire, de prononcer l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe en zone naturelle (zone N) la parcelle cadastrée section AO n° 48 lui appartenant.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la notification de la délibération du 26 juillet 2016 par laquelle le conseil municipal de Lahonce a prescrit la révision générale de son document d'urbanisme :

2. Aux termes de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure () d'un plan local d'urbanisme () ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause. / Les dispositions de l'alinéa précédent sont également applicables à l'acte prescrivant l'élaboration ou la révision d'un document d'urbanisme () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du 26 juillet 2016 par laquelle le conseil municipal de Lahonce a prescrit la révision générale de son plan local d'urbanisme était entrée en vigueur depuis plus de six mois lorsque le moyen tiré de son irrégulière notification à l'ensemble des personnes visées aux articles L. 153-22 et L. 132-7 du code de l'urbanisme, a été soulevé devant le tribunal. Ce moyen est, par suite, irrecevable.

En ce qui concerne les conditions d'adoption de la délibération du 22 février 2020 du conseil communautaire approuvant le PLU de Lahonce :

4. Aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relative au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. / Pour l'application des dispositions des articles L. 2121-8, L. 2121-9, L. 2121-11, L. 2121-12, L. 2121-19 et L. 2121-22, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus s'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus. Ils sont soumis aux règles applicables aux communes de moins de 3 500 habitants dans le cas contraire ". Aux termes de l'article L. 2121-10 du même code, dans sa rédaction en vigueur : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-12 dudit code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. () ". Et selon l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les membres du conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays Basque ont été convoqués le 14 février 2020, pour la séance du conseil communautaire du 22 février 2020, soit plus de cinq jours avant cette date. S'il ressort également des pièces du dossier qu'un mail a été adressé aux conseillers le 17 février 2020, il se borne à transmettre un nouveau lien de téléchargement du dossier afférent au PLU, et ne saurait dès lors être regardé comme valant nouvelle convocation des conseillers.

6. D'autre part, la convocation du 14 février 2020, était accompagnée de l'ordre du jour dans lequel figure un point 67 relatif à l'adoption du plan local d'urbanisme de Lahonce, et d'une note de synthèse explicative, ainsi que de divers documents comprenant, en particulier, un projet de la délibération d'adoption du plan local d'urbanisme (PLU) de Lahonce reprenant l'exposé des motifs ayant conduit la commune à prescrire une révision générale de son PLU, les étapes de la procédure suivie ainsi que les enjeux retenus dans le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), le contenu du rapport de la commissaire enquêtrice, ainsi que le sens complet de son avis, et les évolutions apportées au projet à la suite de l'enquête publique, assorties de leurs justifications détaillées. Dans ces conditions, les conseillers communautaires ont, en l'espèce, disposé d'une information suffisante pour exercer utilement leur mandat.

7. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les conseillers communautaires n'auraient pas été mis à même d'exercer, en tant que de besoin, leur droit à l'information en prenant connaissance du dossier relatif au PLU de Lahonce, avant la réunion ou en demandant des précisions en séance, afin d'être à même de délibérer en toute connaissance de cause. Il s'ensuit, que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 2121-10, L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales doivent être écartés.

En ce qui concerne les insuffisances du rapport de présentation :

8. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. () / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / () ".

9. Si le requérant soutient, d'abord, que le rapport de présentation se borne à justifier le choix de déclasser des parcelles de la zone U et de les classer en zone A ou N, par la seule volonté de recentrer l'urbanisation, il ressort toutefois des pièces du dossier que le rapport de présentation est divisé en plusieurs parties qui permettent d'expliquer les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation, le zonage et le règlement. S'agissant plus particulièrement du parti d'aménagement retenu par les auteurs du PLU, il est fait mention de la nécessité de réduire le nombre de surfaces urbanisées, dont la moitié se situera dans les enveloppes urbaines existantes, afin de maîtriser la consommation des espaces et de respecter les objectifs fixés par le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes. Par ailleurs, plusieurs objectifs sont pris en compte, tels que la préservation de la biodiversité, des paysages ainsi que la volonté de maintenir et de développer l'agriculture. Les auteurs du PLU de Lahonce ont précisé qu'il s'agissait d'opérer un recentrage du développement du bourg en évitant l'urbanisation linéaire et diffuse, et que le document d'urbanisme a " relayé dans le zonage " naturel ", une surface importante conformément aux enjeux biodiversité et paysagers identifiés sur le territoire ".

10. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort des pièces du dossier que la commissaire enquêtrice a émis, le 17 janvier 2020, un avis favorable au projet, assorti de 9 recommandations et de 4 réserves, en retenant que le rapport de présentation était complet et exposait les éléments nécessaires à la révision générale du PLU. Enfin, il ressort également des pièces du dossier que la communauté d'agglomération a répondu à l'avis transmis par le représentant de l'Etat sur le projet de PLU en ce qui concerne la production de logements sociaux et la réalisation de ces logements, que cet objectif doit être atteint par le biais des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) prévues ainsi que par la création d'un emplacement réservé sur une parcelle classée en zone UB.

11. Ainsi, et dès lors que le rapport de présentation n'a pas à justifier du zonage de chaque parcelle, le moyen tiré de ce que le rapport de présentation méconnaîtrait les exigences de l'article L.151-4 de code de l'urbanisme, tel que soulevé, doit être écarté.

En ce qui concerne l'incompatibilité du PLU avec le schéma de cohérence territoriale (SCoT) applicable :

12. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune de Lahonce avec le SCoT de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes, applicable à cette commune, est un des motifs retenus pour justifier la révision générale du PLU de la commune de Lahonce. En outre, les mentions et orientations générales figurant au rapport de présentation et au programme d'aménagement et de développement durables (PADD) du plan local d'urbanisme en litige, tendant à réduire la consommation des espaces afin de maintenir l'identité communale lahoncienne et à limiter le développement des zones urbaines existantes, répondent, d'une part, à la volonté de ne pas dépasser les objectifs du SCoT en matière de consommation des espaces, en valorisant les espaces naturels, agricoles et forestiers, et tiennent compte, d'autre part, du zonage retenu par ledit schéma. A cet égard, la circonstance que des parcelles situées dans des secteurs où pourrait être envisagée une " densification " de l'urbanisation sont classées en zone A ou N, alors que le SCoT fixe comme objectif le maintien d'espaces agricoles " suffisamment vastes " pour pérenniser l'activité agricole et de préserver l'avenir en " protégeant durablement les espaces agricoles, naturels et forestiers ", ne suffit pas à établir qu'à l'échelle de l'ensemble du territoire, et en prenant en compte l'ensemble des orientations suffisamment précises adoptées, le plan local d'urbanisme contrarie les objectifs qu'impose ce schéma. Il en est de même de la circonstance que le PLU a prévu de classer en zone A et N des parcelles appartenant à des secteurs, certes identifiés comme faisant partie de l'enveloppe urbaine, comme c'est le cas de la parcelle cadastrée section AO n° 48 située dans le secteur Artigaux, dès lors au demeurant qu'en l'espèce, l'environnement immédiat de la parcelle litigieuse, correspond à une urbanisation diffuse et que la parcelle est mitoyenne de vastes secteurs naturels situés à l'ouest. Du reste, il ressort de l'analyse des avis des personnes publiques associées consultées sur le projet de PLU que, dans son avis du 3 octobre 2019, le syndicat mixte du SCoT de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes a considéré que le PLU de Lahonce était compatible avec ce schéma de cohérence territoriale, soulignant que " les grands attendus du SCoT " avaient été valablement pris en compte. Dès lors, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'incohérence entre le règlement du PLU et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) :

14. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. " En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Et aux termes de l'article L. 101-2 du même code : " " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants :/ 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité ; / () ".

15. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans ce projet, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan à une orientation ou à un objectif de ce projet ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

16. Il ressort des pièces du dossier que le PADD a fixé comme objectif d'assurer des possibilités de diversification de l'activité agricole et souligne la nécessité de préserver le potentiel des espaces de production agricole, en conservant un espace agricole fonctionnel et accessible au sein du territoire communal, et en diminuant la pression foncière urbaine sur ces espaces. Cet objectif se traduit dans le règlement par une restriction des possibilités de réaliser des constructions à usage d'habitations, non nécessaires à l'activité agricole. Si le requérant se prévaut de l'avis de la chambre d'agriculture ainsi que de celui de la commissaire-enquêtrice, afin de dénoncer la restriction abusive qui serait portée aux extensions des bâtiments agricoles, ces circonstances ne permettent pas d'établir une incohérence entre le règlement du plan local d'urbanisme et le projet d'aménagement et de développement durables. Au demeurant, il ne ressort pas de ces avis, qui sont favorables au projet de PLU, que le règlement du PLU serait incohérent avec les autres documents composant le PLU, quand bien même ces avis sont assortis de recommandations et de réserves. Par suite, le moyen tiré de ce que le document graphique et le règlement seraient incohérents avec le PADD, ainsi d'ailleurs qu'avec le rapport de présentation, en restreignant les extensions des bâtiments agricoles de sorte que la diversification des activités agricoles ne serait pas possible, ne peut être qu'écarté.

En ce qui concerne le classement de la parcelle cadastrée section A0 n° 48 :

17. En vertu de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme précité, le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger et il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. Et aux termes de l'article R. 151-24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison :/ 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ;/ 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ;/ 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; () ".

18. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à modifier le zonage ou les activités autorisées dans une zone déterminée. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

19. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Lahonce, qui se situe non loin de Bayonne, aux abords de l'Adour, est un village qui se caractérise par une urbanisation diffuse, marqué également par de multiples zones boisées et agricoles. A ce titre, afin de préserver l'identité communale, les auteurs du plan local d'urbanisme se sont fixés comme objectifs, dans le programme d'aménagement et de développement durables (PADD), de limiter l'artificialisation des sols et l'étalement urbain ainsi que la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers, et d'assurer le maintien de l'empreinte naturelle du territoire de la commune, d'enrayer la réduction du nombre d'exploitations agricoles et de contribuer à une agriculture diversifiée.

20. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que si le projet d'aménagement et de développement durables de la commune de Lahonce entend lutter contre l'urbanisation linéaire en favorisant l'ouverture à l'urbanisation dans des secteurs faisant déjà partie des enveloppes urbaines existantes, il définit aussi comme objectifs la limitation de la consommation d'espaces grâce à un nombre restreint de zones ouvertes à l'urbanisation, à la lutte contre l'étalement urbain et à la préservation de l'identité naturelle et rurale de Lahonce. Cette volonté de limiter les zones à urbaniser s'est notamment traduite par le " déclassement " de parcelles anciennement classées en zone urbanisable, bien que parfois situées à l'intérieur des enveloppes urbaines existantes.

21. Il ressort également des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AO n° 48 se situe dans le quartier " Artigaux ", à dominante résidentielle et boisée. Si la parcelle n'est pas éloignée d'un lotissement de taille réduite " Kantaldi ", au nord de la RD 312, et est identifiée, dans le rapport de présentation, comme faisant partie de l'enveloppe urbaine communale de Lahonce, elle s'inscrit dans un secteur d'urbanisation diffuse, à l'identité naturelle fortement marquée, incluant à l'ouest une zone forestière, ainsi que par quelques parcelles bâties classées également en zone N, avec des boisements identifiés comme étant à protéger et comprenant, au sud, le ruisseau Condisteguy, vers lequel le terrain descend et présente une certaine déclivité, soulignée en défense. Il ressort encore des pièces du dossier qu'a été pris en compte, dans le choix du zonage des parcelles du secteur, la volonté de maîtriser les risques d'étalement urbain afin de respecter les objectifs précédemment évoqués, à savoir protéger les différents enjeux présents dans la zone prise dans sa globalité, et de réaliser une coupure urbaine. Dès lors, bien que la parcelle du requérant, de superficie importante, comprend une construction et est desservie par les réseaux, elle n'est pas dépourvue de tout potentiel environnemental et de tout intérêt écologique, au sens de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme précité.

22. Il s'ensuit, qu'en raison du parti pris d'urbanisme retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme de Lahonce, et eu égard au caractère du secteur dans lequel cette parcelle s'insère, en adoptant le classement contesté en zone N de cette dernière, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont ni fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme, ni entaché leur décision d'erreur manifeste d'appréciation.

23. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la communauté d'agglomération Pays basque, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Dès lors, les conclusions présentées en défense par la communauté d'agglomération Pays Basque tendant à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la communauté d'agglomération Pays Basque, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au requérant une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Pays Basque et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.

Article 2 : M. C versera à la communauté d'agglomération Pays Basque la somme de 1 000 (mille) euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la communauté d'agglomération Pays Basque.

Une copie pour information sera adressée à la commune de Lahonce.

Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Perdu, présidente,

Mme Duchesne, conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

Signé : S. PERDUL'assesseure la plus ancienne,

Signé : M. A

La greffière,

Signé : P. UGARTE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Signé : P. UGARTE

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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