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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2002280

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2002280

jeudi 23 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2002280
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTHOUY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 novembre 2020, l'association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), représentée par Me Thouy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2020 du préfet du Gers relatif à la mise en œuvre d'actions de régulation de la faune sauvage relevant de missions d'intérêt général sur demande de l'autorité administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en tant qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 120-1 du code de l'environnement relatives à la participation du public ;

- l'instruction ministérielle du 31 octobre 2020 qui n'a pas été publiée au bulletin officiel en méconnaissance des dispositions de l'article R. 312-7 du code des relations entre le public et l'administration, est inapplicable et ne pouvait pas servir de fondement à l'arrêté contesté ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure car l'avis de la commission départementale de la chasse et de la faune prévu par l'article R. 421-9 du code de l'environnement et l'instruction ministérielle du 31 octobre 2020 n'a pas été recueilli et la procédure de consultation de cette commission prévoyant une convocation cinq jours au moins avant la date de la réunion a été manifestement méconnue ;

- elle est entachée d'un défaut d'avis du président de la fédération départementale de chasse ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 3 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire en tant qu'elle autorise pour les battues un nombre de participants limité à trente personnes par action de chasse alors que le décret interdit les rassemblements de plus de six personnes et que les activités de chasse et de régulation ne font pas partie des exceptions à cette interdiction ;

- elle autorise la chasse d'espèces animales qui ne sont pas visées par l'arrêté du 3 juillet 2019 et qui par conséquent, n'entrent pas dans le champ des dérogations visées par l'instruction ministérielle du 31 octobre 2020 qui détermine les espèces dont la régulation constitue en période de confinement une mission d'intérêt général au sens de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 20 octobre 2020 ;

- elle autorise la destruction par tir des corneilles noires et pie bavardes, laquelle n'est possible au regard de l'arrêté du 3 juillet 2019 qu'entre la clôture générale de la chasse (28 février 2021 pour le Gers) et le 31 mars au plus tard et non en cette période de l'année ;

- elle s'inscrit en violation directe de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 20 octobre 2020 en ce que la régulation du pigeon ramier, du renard et du grand cormoran ne relève pas d'un motif général justifiant de déroger à l'interdiction de déplacements des personnes hors de leur lieu de résidence ;

- elle a été édictée en violation du principe d'action préventive prévu à l'article L. 110-1 du code de l'environnement.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2021, le préfet du Gers oppose un non-lieu à statuer en tant que l'arrêté contesté ne produit plus d'effet de droit à titre principal et conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'arrêté contesté réduisant le champ d'application des règles de chasse des arrêtés préfectoraux pris pour la saison 2020/2021, il n'y avait pas lieu de le soumettre à la participation du public en application de l'article L. 120-1 du code de l'environnement ;

- l'instruction ministérielle du 31 octobre 2020 ne fonde pas juridiquement l'arrêté contesté et son absence de publication au bulletin officiel du ministère de la transition écologique a seulement pour effet que l'administration ne peut pas s'en prévaloir à l'égard des administrés ;

- les conditions de convocation et de réunion de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage sont sans effet sur la légalité de l'acte attaqué dans la mesure où il ne relève pas du champ de compétence de cette commission en application de l'article R. 421-9 du code de l'environnement ; la commission a toutefois été consultée dans un souci de concertation ;

- l'arrêté contesté ne méconnaît pas les dispositions de l'article 3 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 dans la mesure où la chasse ne se pratique pas sur la voie publique, sur laquelle porte l'interdiction de rassemblement de cet article, ni sur le domaine public ;

- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 dès lors que les actions prévues par cet arrêté ont pour objet de lutter contre les dégâts de gibier aux cultures et aux différentes activités agricoles dans le département et que n'ont été retenues que les espèces pouvant causer des dégâts aux cultures (chevreuil, sanglier, cerf, pigeon ramier), aux piscicultures (grand cormoran), aux élevages avicoles (renard) et d'autres espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (corneille noire, ragondin et pie bavarde) ; le ragondin est classé comme nuisible au niveau national par l'arrêté du 2 septembre 2016 ; le grand cormoran fait l'objet d'un arrêté spécial.

Par un mémoire en intervention au soutien de la défense, enregistré le 26 novembre 2020, la fédération départementale des chasseurs du Gers, représentée par Me Lagier, conclut au rejet de la requête.

Par ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022.

Un mémoire en intervention au soutien de la défense présenté pour la fédération départementale des chasseurs du Gers a été enregistré le 16 janvier 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 30 novembre 2020 n° 2002277, par laquelle le juge des référés a rejeté la requête tendant à la suspension de l'arrêté du 10 novembre 2020 par lequel le préfet du Gers a fixé les espèces relevant d'actions de chasse de régulation et a défini les modalités des opérations de chasse au regard des contraintes imposées par le décret du 29 octobre 2020.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé ;

- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'association pour la protection des animaux sauvages demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2020 par lequel le préfet du Gers a défini les activités cynégétiques autorisées au titre d'une mission d'intérêt général jusqu'au 1er décembre 2020.

Sur l'intervention de la fédération départementale des chasseurs du Gers :

2. Aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'environnement : " Les associations dénommées fédérations départementales des chasseurs participent à la mise en valeur du patrimoine cynégétique départemental, à la protection et à la gestion de la faune sauvage ainsi que de ses habitats. Elles assurent la promotion et la défense de la chasse ainsi que des intérêts de leurs adhérents. / () Elles conduisent des actions de prévention des dégâts de gibier et assurent l'indemnisation des dégâts de grand gibier dans les conditions prévues par les articles L. 426-1 et L. 426-5. / Elles élaborent, en association avec les propriétaires, les gestionnaires et les usagers des territoires concernés, un schéma départemental de gestion cynégétique, conformément aux dispositions de l'article L. 425-1. / Elles conduisent également des actions pour surveiller les dangers sanitaires impliquant le gibier ainsi que des actions participant à la prévention de la diffusion de dangers sanitaires entre les espèces de gibier, les animaux domestiques et l'homme. / () Elles contribuent, à la demande du préfet, à l'exécution des arrêtés préfectoraux autorisant des tirs de prélèvement. Elles agissent dans ce cadre en collaboration avec leurs adhérents. () ".

3. La fédération départementale des chasseurs du Gers, dont les missions générales sont définies à l'article L. 421-5 du code de l'environnement précité et dont l'intérêt particulier est de maintenir, dans le département du Gers, une activité de chasse, même partielle, durant la période de confinement, présente un intérêt à intervenir au soutien du défendeur. Il s'ensuit que son intervention à la présente instance est admise.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Gers :

4. Aux termes de l'article L. 141-1 du code de l'environnement : " Lorsqu'elles exercent leurs activités depuis au moins trois ans, les associations régulièrement déclarées et exerçant leurs activités statutaires dans le domaine de la protection de la nature et de la gestion de la faune sauvage, de l'amélioration du cadre de vie, de la protection de l'eau, de l'air, des sols, des sites et paysages, de l'urbanisme, ou ayant pour objet la lutte contre les pollutions et les nuisances et, d'une manière générale, œuvrant principalement pour la protection de l'environnement, peuvent faire l'objet d'un agrément motivé de l'autorité administrative ". Aux termes de l'article L. 142-1 du même code : " () / Toute association de protection de l'environnement agréée au titre de l'article L. 141-1 ainsi que les fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique et les associations agréées de pêcheurs professionnels justifient d'un intérêt pour agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l'environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l'agrément dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément ".

5. Œuvrant, selon ses statuts, pour la protection de la faune et de la flore, la réhabilitation des animaux sauvages et la conservation du patrimoine naturel en général, notamment pour assurer la garantie de la stricte application des lois et règlements ayant trait à la faune et à la flore ainsi qu'aux écosystèmes dont elles dépendent, agréée " pour la protection de la nature " et reconnue d'utilité publique par arrêté du 11 décembre 2008, l'ASPAS dispose d'un intérêt pour agir contre l'arrêté du préfet du Gers en date du 10 novembre 2020, lequel autorise, à titre dérogatoire, les déplacements de chasseurs pour détruire certaines espèces animales pendant le confinement sanitaire. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Gers doit être rejetée.

Sur l'exception de non-lieu à statuer sur la requête opposée par le préfet du Gers :

6. D'une part, un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours contentieux formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

7. D'autre part, aux termes de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, dans sa version applicable au litige : " I. - Tout déplacement de personne hors de son lieu de résidence est interdit à l'exception des déplacements pour les motifs suivants en évitant tout regroupement de personnes : () 8° Participation à des missions d'intérêt général sur demande de l'autorité administrative. ".

8. Par arrêté du 10 novembre 2020, le préfet du Gers a adopté les mesures de régulation de la faune sauvage relevant de missions d'intérêt général sur demande de l'autorité administrative en application de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 précité. Toutefois, il n'est pas contesté que l'arrêté attaqué a reçu exécution jusqu'au 1er décembre 2020. Par suite, l'exception de non-lieu présentée par le préfet du Gers doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement : " I.- Le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement, est applicable aux décisions, autres que les décisions individuelles, des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration. () Ne sont pas regardées comme ayant une incidence sur l'environnement les décisions qui ont sur ce dernier un effet indirect ou non significatif. ()".

10. Il résulte de ces dispositions que les décisions administratives qui ont une incidence sur l'environnement doivent être précédées d'une consultation du public. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 25 mai 2020, soumis à consultation du public du 18 mars au 9 avril 2020 inclus, la préfète du Gers a fixé les modalités de la campagne de chasse 2020 / 2021 dans ce département. L'arrêté litigieux autorise, pendant le confinement et ce, à titre dérogatoire, les activités de régulation et de chasse de certaines espèces déterminées de façon limitative. Dès lors, ayant une portée restreinte par rapport à celle de l'arrêté du 25 mai 2020, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme ayant un effet significatif sur l'environnement, alors qu'au demeurant la chasse était déjà ouverte depuis le 13 septembre 2020 dans le département du Gers pour l'ensemble des espèces concernées. Dans ces conditions, le préfet du Gers n'était pas tenu d'organiser une procédure de participation du public avant de prendre l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure tiré de l'absence de mise en œuvre d'une procédure de participation du public doit être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Font l'objet d'une publication les instructions, les circulaires ainsi que les notes et réponses ministérielles qui comportent une interprétation du droit positif ou une description des procédures administratives. Les instructions et circulaires sont réputées abrogées si elles n'ont pas été publiées, dans des conditions et selon des modalités fixées par décret. (). ". Aux termes de l'article L. 312-3 du même code : " Toute personne peut se prévaloir des documents administratifs mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-2, émanant des administrations centrales et déconcentrées de l'Etat et publiés sur des sites internet désignés par décret.() ".

12. L'illégalité d'un acte administratif réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application de cet acte réglementaire ou s'il en constitue la base légale. Une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte.

13. Il ressort des pièces du dossier que la note du 31 octobre 2020 de la secrétaire d'Etat chargée de la biodiversité adressée aux préfets de départements se borne à inviter les préfets à prendre des mesures dérogatoires au confinement en matière de régulation de la faune sauvage. Dans ces conditions, elle ne constitue pas la base légale de la décision attaquée. Par suite, l'exception d'illégalité soulevée concernant l'absence de publication de cette note en méconnaissance des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration ne peut être qu'écartée.

14. De même, cette note se borne à demander aux préfets de saisir par écrit le président de la fédération départementale de chasse aux fins de fixer d'un part, des objectifs de prélèvement dans le département et d'autre part, les conditions sanitaires de mise en œuvre des dérogations. Elle ne constitue pas non plus la base légale d'une telle consultation. En tout état de cause, le préfet du Gers fait valoir que l'avis du président de la fédération départementale des chasseurs a été recueilli lors d'une réunion tenue le 4 novembre 2020. Par suite, le moyen selon lequel l'arrêté méconnaîtrait l'obligation de consultation du président de la fédération départementale de chasse instituée par la note ne peut qu'être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-29 du code de l'environnement : " I.- La commission départementale de la chasse et de la faune sauvage concourt à l'élaboration, à la mise en œuvre et au suivi, dans le département, de la politique du gouvernement dans le domaine de la chasse et de la protection de la faune sauvage (). / II. -Dans les cas et selon les modalités prévus par les dispositions législatives ou réglementaires, la commission : 1° Se prononce sur les périodes, les modalités et pratiques de chasse, ainsi que sur celles de destruction des animaux classés susceptibles d'occasionner des dégâts (). ". Aux termes de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf urgence, les membres de la commission reçoivent, cinq jours au moins avant la date de la réunion, une convocation comportant l'ordre du jour et, le cas échéant, les documents nécessaires à l'examen des affaires qui y sont inscrites ".

16. Un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

17. D'une part, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que l'avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage a été recueilli le 4 novembre 2020. D'autre part, il n'est pas contesté que le délai de cinq jours de convocation de cette commission n'a pas été respecté. Cependant, compte tenu de l'objet de l'arrêté en litige et des règles strictes d'organisation des dérogations à l'interdiction de déplacement de personne hors de son lieu de résidence fixées par le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, l'irrégularité commise ne peut être regardée comme ayant eu une incidence sur le sens de la décision prise par le préfet, ni comme ayant privé les membres de la commission saisie d'une garantie. En outre, il y a lieu de considérer que l'instauration par décret d'un confinement sanitaire a créé une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article R. 133-8 précité. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

18. D'une part, aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'environnement : " I. - Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l'air, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. Ce patrimoine génère des services écosystémiques et des valeurs d'usage. (). / II. - Leur connaissance, leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état, leur gestion, la préservation de leur capacité à évoluer et la sauvegarde des services qu'ils fournissent sont d'intérêt général et concourent à l'objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s'inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants : () 2° Le principe d'action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à l'environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable. Ce principe implique d'éviter les atteintes à la biodiversité et aux services qu'elle fournit ; à défaut, d'en réduire la portée ; enfin, en dernier lieu, de compenser les atteintes qui n'ont pu être évitées ni réduites, en tenant compte des espèces, des habitats naturels et des fonctions écologiques affectées ; / Ce principe doit viser un objectif d'absence de perte nette de biodiversité, voire tendre vers un gain de biodiversité ; () ". Aux termes de l'article L. 420-1 du même code : " La gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats est d'intérêt général. La pratique de la chasse, activité à caractère environnemental, culturel, social et économique, participe à cette gestion et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines en assurant un véritable équilibre agro-sylvo-cynégétique. () ". Aux termes de l'article L. 425-6 du même code : " Le plan de chasse détermine le nombre minimum et maximum d'animaux à prélever sur les territoires de chasse. Il tend à assurer le développement durable des populations de gibier et à préserver leurs habitats, en prenant en compte les documents de gestion des forêts mentionnés à l'article L. 122-3 du code forestier et en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques. () ". Aux termes de l'article L. 427-8 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat désigne l'autorité administrative compétente pour déterminer les espèces d'animaux susceptibles d'occasionner des dégâts que le propriétaire, possesseur ou fermier peut, en tout temps, détruire sur ses terres et les conditions d'exercice de ce droit. ". Aux termes de l'article R. 425-1-1 du même code : " Le plan de chasse est obligatoire pour les cerfs élaphes, daims, mouflons, chamois, isards et chevreuils. () ". Aux termes de l'article R. 427-6 du même code : " I. - Après avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage, le ministre chargé de la chasse fixe par arrêté trois listes d'espèces d'animaux classées susceptibles d'occasionner des dégâts : 1° La liste des espèces d'animaux non indigènes classées susceptibles d'occasionner des dégâts sur l'ensemble du territoire métropolitain, précisant les périodes et les modalités de leur destruction ; 2° La liste des espèces d'animaux indigènes classées susceptibles d'occasionner des dégâts dans chaque département, établie sur proposition du préfet après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage réunie en sa formation spécialisée mentionnée au II de l'article R. 421-31, précisant les périodes et les territoires concernés, ainsi que les modalités de destruction. Cette liste est arrêtée pour une période de trois ans, courant du 1er juillet de la première année au 30 juin de la troisième année ; 3° La liste complémentaire des espèces d'animaux classées susceptibles d'occasionner des dégâts par un arrêté annuel du préfet qui prend effet le 1er juillet jusqu'au 30 juin de l'année suivante. Cette liste précise les périodes et les modalités de destruction de ces espèces. II. - Le ministre inscrit les espèces d'animaux sur chacune de ces trois listes pour l'un au moins des motifs suivants : 1° Dans l'intérêt de la santé et de la sécurité publiques ; 2° Pour assurer la protection de la flore et de la faune ; 3° Pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles ; 4° Pour prévenir les dommages importants à d'autres formes de propriété. Le 4° ne s'applique pas aux espèces d'oiseaux. Le préfet détermine les espèces d'animaux susceptibles d'occasionner des dégâts en application du 3° du I du présent article pour l'un au moins de ces mêmes motifs. Les listes des espèces d'animaux classées susceptibles d'occasionner des dégâts ne peuvent comprendre d'espèces dont la capture ou la destruction est interdite en application de l'article L. 411-1. ".

19. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, dans sa version applicable au litige : " I. - Afin de ralentir la propagation du virus, les mesures d'hygiène définies en annexe 1 au présent décret et de distanciation sociale, incluant la distanciation physique d'au moins un mètre entre deux personnes, dites barrières, définies au niveau national, doivent être observées en tout lieu et en toute circonstance. II. - Les rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports qui ne sont pas interdits en vertu du présent décret sont organisés en veillant au strict respect de ces mesures. Dans les cas où le port du masque n'est pas prescrit par le présent décret, le préfet de département est habilité à le rendre obligatoire, sauf dans les locaux d'habitation, lorsque les circonstances locales l'exigent. ". Aux termes de l'article 3 du même décret: " I. - Tout rassemblement, réunion ou activité sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, qui n'est pas interdit par le présent décret, est organisé dans des conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l'article 1er. () III. - Les rassemblements, réunions ou activités sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public autres que ceux mentionnés au II mettant en présence de manière simultanée plus de six personnes sont interdits. Ne sont pas soumis à cette interdiction : 1° Les rassemblements, réunions ou activités à caractère professionnel ; 2° Les services de transport de voyageurs ; 3° Les établissements recevant du public dans lesquels l'accueil du public n'est pas interdit en application du présent décret ; 4° Les cérémonies funéraires organisées hors des établissements mentionnés au 3°, dans la limite de 30 personnes ; 5° Les cérémonies publiques mentionnées par le décret du 13 septembre 1989 susvisé. La dérogation mentionnée au 3° n'est pas applicable pour la célébration de mariages.".

20. En premier lieu, il ressort des dispositions précitées de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 qu'elles permettent, à titre dérogatoire, un certain nombre de déplacements individuels " en évitant tout regroupement de personnes ". Elles ont ainsi une portée distincte des dispositions du III de l'article 3 du même décret qui prévoient que " les rassemblements, réunions ou activités sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public autres que ceux mentionnés au II mettant en présence de manière simultanée plus de six personnes sont interdits ". Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté autorise les battues des sangliers, cerfs et chevreuils pour un nombre limité de participants à trente personnes par action de chasse. Toutefois, les battues ainsi autorisées par l'arrêté attaqué ne constituent pas, en tant que telles, des rassemblements ou activités mettant en présence de manière simultanée plus de six personnes sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public au sens de l'article 3 du décret n° 2020-1310 précité. En outre, il ressort de l'arrêté que les points de rendez-vous doivent être en extérieur, sans collation commune, que les participants doivent mettre en œuvre les comportements " barrière ", notamment limiter le covoiturage qui est effectué avec le port du masque, respecter une distance de deux mètres entre chaque personne, porter le masque obligatoirement durant l'ensemble des déploiements des participants, n'avoir aucun contact physique, et n'avoir aucun échange d'objet. Les renseignements requis sont recueillis par téléphone avant la battue. Le directeur de batture assure l'enregistrement des participants pour le suivi des cas contacts ainsi que le renseignement du registre de battue. Par ailleurs, la requérante soutient que la prescription selon laquelle le directeur de battue doit informer les participants des consignes de sécurité sanitaire et technique en extérieur dans le respect de la distanciation physique et des gestes barrière, ne peut s'effectuer dans le respect du principe d'une distance de deux mètres, au regard notamment de l'âge avancé de la majorité des chasseurs dans le Gers ayant des capacités auditives moindres. Toutefois, une telle affirmation n'est pas établie au regard du nombre de participants limité à trente personnes et de la possibilité d'une disposition en cercle des chasseurs. Par suite, en tant qu'il autorise les battues aux sangliers, chevreuils et cerfs, l'arrêté attaqué ne méconnaît pas les dispositions de l'article 3 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020.

21. En deuxième lieu, il ressort des dispositions des articles L. 420-1, R. 425-1-1 et R. 427-6 du code de l'environnement, que la pratique de la chasse participant et contribuant à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines, la chasse des espèces faisant l'objet d'un plan de chasse et de celles susceptibles d'occasionner des dégâts sont présumées être d'intérêt général lorsqu'elles sont réalisées dans les conditions prévues par ces dispositions. Or, il ressort de la lecture de l'arrêté contesté que sont déterminées comme activités cynégétiques relevant d'une mission d'intérêt général au sens du 8 du I de l'article 4 du décret n° 2020-1310 précité le sanglier, le cerf, le chevreuil. Sont également définies en tant qu'espèces animales susceptibles d'occasionner des dégâts aux activités agricoles et forestières, le renard, la corneille noire, la pie bavarde, le ragondin, le pigeon ramier et le grand cormoran.

22. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le chevreuil et le cerf font l'objet d'un plan de chasse dans le département du Gers. Dans ces conditions, le préfet du Gers n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 8° du I de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 en autorisant la chasse du chevreuil et du cerf par l'arrêté attaqué.

23. D'autre part, par arrêté du 2 septembre 2016 relatif au contrôle par la chasse des populations de certaines espèces non indigènes et fixant, en application de l'article R. 427-6 du code de l'environnement, la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces non indigènes d'animaux classés nuisibles sur l'ensemble du territoire métropolitain, le ragondin a été désigné comme espèces non indigènes que l'on peut chasser sur le territoire européen de la France et dans sa zone maritime, dans le cadre de mesures de gestion visant à leur éradication, au contrôle de leur population ou à leur confinement. Il s'ensuit que le préfet du Gers n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 8° du I de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 en autorisant la chasse du ragondin par l'arrêté attaqué.

24. En revanche, par arrêté du 3 juillet 2019 pris pour l'application de l'article R. 427-6 du code de l'environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, le renard, la corneille noire et la pie bavarde ont été désignées comme espèces susceptibles d'occasionner des dégâts pour le département du Gers. Or, en application de l'article 2 de l'arrêté du 3 juillet 2019, la corneille noire et la pie bavarde peuvent être détruites à tir entre la date de clôture générale de la chasse, en l'espèce le 28 février 2021 en application de l'arrêté du 25 mai 2020 précité, et le 31 mars suivant au plus tard. La période de destruction à tir peut être prolongée jusqu'au 10 juin suivant lorsque l'un au moins des intérêts mentionnés à l'article R. 427-6 du code de l'environnement est menacé entre le 31 mars et le 10 juin et jusqu'au 31 juillet suivant pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles, sur autorisation individuelle délivrée par le préfet et dès lors qu'il n'existe aucune autre solution satisfaisante. Ces dispositions n'habilitent pas le préfet du Gers à autoriser la destruction des corneilles noires et des pies bavardes, par tir, durant le mois de novembre, alors que la période pendant laquelle le tir de ces animaux est autorisé par l'article 2 de l'arrêté ministériel du 3 juillet 2019 avait expiré, au plus tard, le 31 juillet 2020. En outre, l'administration n'apporte aucun élément permettant de justifier de la nécessité de la régulation de ces espèces en dehors des périodes prévues par l'arrêté ministériel du 3 juillet 2019. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que la dérogation à l'interdiction des déplacements personnels pendant la période de confinement sanitaire, pour autoriser, pendant cette période, la destruction par tir des corneilles noires et des pies bavardes, n'a été justifiée par aucun motif d'intérêt général permettant de déroger à cette interdiction en application du 8° du I de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2010.

25. Le sanglier et le pigeon ramier font partie des espèces pouvant être classées nuisibles par arrêté préfectoral annuel sur le fondement du 3° du I de l'article R. 427-6 du code de l'environnement précité. Il ressort des pièces du dossier que le pigeon ramier et le sanglier ne font pas l'objet d'un tel classement par arrêté du préfet du Gers pour la saison 2020/2021. Cependant, s'agissant du sanglier, par arrêté préfectoral du 15 juillet 2020, un plan de gestion cynégétique du sanglier dans les réserves des associations communales de chasse agréées du département pour la campagne de chasse 2020/2021 a été adopté au regard de l'intérêt de la gestion du sanglier dans les réserves de chasse et de faune sauvage des associations communales de chasse agréées en raison des dégâts qu'ils occasionnent sur l'ensemble du territoire de l'association et sur les communes limitrophes. En outre, le sanglier provoque des dégâts dans les cultures et pour des coûts qui sont en essor constant, les indemnisations versées aux exploitants agricoles au titre des dégâts causés par les sangliers en 2017/2018, 2018/2019 et 2019/2020 s'élevant respectivement à 140 930,65 euros, 216 019,81 euros et 493 002,95 euros. S'agissant du pigeon ramier, la fédération départementale des chasseurs du Gers a présenté un rapport en date du 5 novembre 2020, lequel est visé par l'arrêté attaqué, attestant du niveau de présence de pigeons ramiers dans le Gers. Ce département accueille un hivernage massif dès la fin octobre de pigeons ramiers, lesquels occasionnent des dégâts aux cultures lors de cette période de semi. Cependant, les pigeons ramiers n'y nichent pas au printemps. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions du 8° du I de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 que le préfet du Gers a autorisé les déplacements individuels des chasseurs afin de mener les opérations de chasse du sanglier et du pigeon ramier.

26. Enfin, par arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection, le grand cormoran a été désigné en tant que tel en application des dispositions de l'article L. 411-1 du code de l'environnement. Cependant, sur le fondement des dispositions de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, l'arrêté du 26 novembre 2010 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les grands cormorans et de l'arrêté du 27 août 2019 fixant les quotas départementaux dans les limites desquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les grands cormorans, l'arrêté préfectoral du 14 octobre 2020 a autorisé la régulation du grand cormoran en eaux libres et en piscicultures durant la saison de chasse 2020/2021 dans le Gers. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la dérogation à l'interdiction des déplacements personnels pendant la période de confinement sanitaire, pour autoriser, pendant cette période, le tir du grand cormoran, n'a été justifiée par aucun motif d'intérêt général permettant de déroger à cette interdiction en application du 8° du I de l'article 4 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020.

27. En troisième et dernier lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance du principe d'action préventive et corrective posé par l'article L. 110-1 du code de l'environnement précité.

28. Dans ces conditions, il s'ensuit que la destruction, à titre dérogatoire jusqu'au 1er décembre 2020, du cerf, du chevreuil, du renard, du ragondin, du grand cormoran, du sanglier, et du pigeon ramier, dans les conditions prévues par les dispositions du code de l'environnement et des arrêtés correspondants, participe d'une mission d'intérêt général, sans que l'association requérante ne puisse utilement se prévaloir de ce que les dégâts causés par le pigeon ramier, qui n'interviendraient pas en novembre ou décembre, seraient de faible ampleur et de ce que les prélèvements de grands cormorans qui se nourrissent dans les plans d'eau, ne seraient pas susceptibles de réduire les dégâts aux cultures, aux forêts et aux biens ou que leurs dégâts sur les espèces de poissons protégées ou menacées ou dans les piscicultures seraient de faible ampleur.

29. En revanche, il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 10 novembre 2020 du préfet du Gers doit être annulé en tant qu'il déroge à l'interdiction des déplacements personnels pendant la période de confinement sanitaire, pour autoriser, pendant cette période et jusqu'au 1er décembre 2020, la destruction par tir des corneilles noires et des pies bavardes.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à l'association pour la protection des animaux sauvages au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'intervention de la fédération départementale des chasseurs du Gers est admise.

Article 2 : L'arrêté du 10 novembre 2020 du préfet du Gers est annulé en tant qu'il déroge à l'interdiction des déplacements personnels pendant la période de confinement sanitaire, pour autoriser, pendant cette période et jusqu'au 1er décembre 2020, la destruction par tir des corneilles noires et des pies bavardes.

Article 3 : L'Etat versera à l'association pour la protection des animaux sauvages une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association pour la protection des animaux sauvages, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la fédération départementale des chasseurs du Gers.

Copie en sera adressée au préfet du Gers.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Corthier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

La rapporteure,

Signé

Z. B

La présidente,

Signé

M. A

La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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