jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2002290 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 novembre 2020 et le 9 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 28 avril 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a confirmé la cessation de ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active, ainsi que l'indu mis à sa charge, d'un montant de 11 416,28 euros ;
2°) de la décharger du paiement du solde de cet indu ;
3°) d'enjoindre au département des Landes de lui reverser les sommes déjà retenues dans le cadre de la procédure de recouvrement et de la rétablir rétroactivement dans ses droits au revenu de solidarité active depuis le mois d'octobre 2017.
Elle soutient que :
- le litige portant sur ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active, seul le département est compétent pour défendre ; par conséquent, les écritures en défense de la caisse d'allocations familiales seront écartées ;
- elle a été informée par une lettre du 25 mai 2018 de l'ouverture de droits au revenu de solidarité active à compter d'octobre 2017 sans toutefois que l'allocation ne lui soit versée ; elle a contesté l'inexécution de cette décision ; le silence gardé sur sa réclamation confirme, en réalité, un refus de prestations ; ce refus est illégal car, comme vient de le juger le Conseil d'Etat, les capitaux placés ne doivent pas être intégrés dans les ressources, l'organisme payeur ne devant tenir compte que des seuls revenus de ces capitaux que sont les intérêts perçus ; elle a donc droit à l'allocation de revenu de solidarité active depuis octobre 2017 ;
- l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge par un courrier du 12 février 2019 est prescrit dès lors qu'il porte sur les mois de février 2015 à décembre 2016, soit une période bien antérieure au délai de deux ans de la prescription prévu à l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles ;
- la décision du 12 février 2019 l'informant d'un indu de revenu de solidarité active est entachée d'une insuffisance de motivation en ce qu'elle ne permet pas de contrôler la réalité des motifs retenus par le département des Landes ; les éléments de calcul de l'indu ne sont pas indiqués ; elle est, par suite, privée du droit de bénéficier d'une procédure contradictoire ;
- la matérialité du montant des indus n'est pas établie ;
- l'administration a méconnu le droit de communication prévu à l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dans la mesure où elle n'a pas été informée de l'origine et de la teneur des informations obtenues auprès des tiers ;
- l'indu n'est pas fondé ; elle n'était pas tenue de déclarer au titre de ses ressources trimestrielles le montant des capitaux placés mais seulement des intérêts produits ; or, il est manifestement peu probable que le défaut de déclaration de ces intérêts, qui doivent être pris en compte au titre du mois de leur perception, soient la cause des indus en litige ; enfin et par ailleurs, contrairement à ce que fait valoir le département dans sa décision du 12 février 2019, la déclaration trimestrielle ne comporte pas un item relatif aux intérêts des capitaux placés ;
- elle n'a jamais fraudé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu de revenu de solidarité active est fondé dès lors que la requérante a dissimulé certains revenus ;
- la nouvelle demande de revenu de solidarité active déposée par la requérante le 23 octobre 2017 était incomplète et ne permettait donc pas le paiement des allocations demandées ;
- l'agent de la caisse d'allocations familiales des Landes est intervenu de manière légale dans le cadre de sa mission de contrôle.
Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de Mme B a été entendu, puis les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis 2009. Un rapport émis le 16 décembre 2016 par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales des Landes a conclu à la découverte de revenus non déclarés par Mme C. Par une décision du 16 février 2017, la caisse d'allocations familiales lui a notifié un indu de 18 585,50 euros dont 11 416,28 euros au titre du revenu de solidarité active, qualifié de frauduleux par la commission administrative de la caisse d'allocations familiales le 5 avril 2017. Une pénalité administrative a été prononcée par le département des Landes le 28 septembre 2017. Une nouvelle demande de revenu de solidarité active a été formée par la requérante le 23 octobre 2017. Par une décision du 25 mai 2018, la caisse d'allocations familiales des Landes lui a accordé le revenu de solidarité active à compter du mois d'octobre 2017. Par un courriel du même jour, la caisse d'allocations familiales a de nouveau informé la requérante de l'incomplétude de son dossier. Par une décision du 12 février 2019, le département des Landes lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 11 416,28 euros. Mme C a formé un recours administratif à l'encontre de cette décision ainsi qu'à l'encontre de l'absence de versement du revenu de solidarité active le 27 février 2019 auprès du président du conseil départemental des Landes, réceptionnée le 28 février 2019. Une décision implicite de rejet est née le 28 avril 2019 du silence gardé par l'administration. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant suspension du versement du revenu de solidarité active :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette prestation d'aide sociale qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction ; qu'au vu de ces éléments il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. Mme C a formulé le 23 octobre 2017 une demande de revenu de solidarité active auprès de la caisse d'allocations familiales des Landes. Par des courriers du 14 décembre 2017 et du 5 avril 2018, cette dernière a adressé à Mme C une demande d'informations complémentaires. Par une décision du 25 mai 2018, la caisse d'allocations familiales a notifié à Mme C un avis de paiement du revenu de solidarité active à partir d'octobre 2017, d'un montant de 539,68 euros. Par un courriel du même jour, la caisse d'allocations familiales a de nouveau informé la requérante de l'incomplétude de son dossier. Dans son mémoire en défense, la caisse d'allocations familiales des Landes soutient avoir suspendu le versement du revenu de solidarité active dans l'attente des documents réclamés à Mme C relatifs à un plan d'épargne logement et à un placement.
4. Il résulte donc de l'instruction que Mme C a présenté un dossier de demande de revenu de solidarité active incomplet et qu'elle s'est abstenue de le régulariser, malgré les demandes répétées de la caisse d'allocations familiales. Par suite, ses conclusions tendant à obtenir l'annulation de la décision du 28 avril 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a confirmé la suspension du versement du revenu de solidarité active ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge administratif d' apprécier, au regard de l' argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d' ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. La caisse d'allocations familiales, organisme serveur du revenu de solidarité active, peut, à ce titre, valablement produire ses observations. Il n'y a donc pas lieu d'écarter ses écritures des débats.
7. En premier lieu, aux termes de l'article L262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance. ".
8. Il résulte de l'instruction qu'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 11 416,28 euros a été mis à la charge de Mme C par la caisse d'allocations familiales des Landes par une décision du 16 février 2017. Par une décision du 5 avril 2017, la commission administrative de la caisse d'allocations familiales des Landes a qualifié cet indu de frauduleux. En application des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, la prescription biennale n'est pas applicable, en cas de fraude, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les sommes réclamées seraient prescrites, de sorte que ce moyen sera écarté.
9. En deuxième lieu, la décision de rejet née le 28 avril 2019 du silence gardé par le président du conseil départemental des Landes a eu pour effet de se substituer à la décision initiale du 12 février 2019, de sorte que les moyens soulevés à l'encontre de cette décision, tirés de l'insuffisance de motivation et de l'absence de matérialité du montant des indus, sont irrecevables.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande. ".
11. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales a eu connaissance de ressources non déclarées par la requérante dans le cadre du contrôle effectué au domicile de cette dernière le 23 novembre 2016 et au cours duquel cette dernière a elle-même fourni les documents faisant apparaître ces revenus non déclarés (relevés de compte bancaire et d'épargne, justificatifs de capitaux placés, avis d'imposition). Ces documents qui ont servi à déterminer les ressources du foyer et à calculer les indus de revenu de solidarité active en litige n'ont pas été obtenus dans le cadre du droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale. Par suite, dans la mesure où il n'est pas établi que les services de la caisse d'allocations familiales ont mis en œuvre le droit de communication prévu par le code de la sécurité sociale, la requérante n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des règles relatives à l'exercice de ce droit.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles : " () Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale. () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () ".
13. Il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient la requérante, l'agent ayant procédé au contrôle de sa situation le 23 novembre 2016 a été agréé par une décision du directeur général de la caisse nationale des allocations familiales du 20 octobre 2010, a prêté serment le 28 septembre 2010, et a été mandaté expressément par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Landes le 11 mars 2015. Le moyen doit donc être écarté.
14. En cinquième lieu, si Mme C soutient que l'indu en litige n'est pas fondé et qu'elle n'a commis aucune fraude, il résulte de l'instruction que le contrôle effectué à son domicile le 23 novembre 2016 par un agent de la caisse d'allocations familiales a révélé l'existence de revenus, notamment une pension alimentaire ainsi que des placements, qui n'ont pas été déclarés par la requérante dans le cadre de ses déclarations trimestrielles pour le revenu de solidarité active. Dès lors, l'indu frauduleux de revenu de solidarité active d'un montant de 11 416,28 euros mis à sa charge par le département des Landes est fondé.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme C doivent être rejetées.
Sur la demande de décharge :
16. Compte tenu du rejet des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 28 avril 2019, les conclusions à fin de décharge de la requête de Mme C doivent être également rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement de rejet n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au département des Landes et à la caisse d'allocations familiales des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La présidente,
V. QUEMENERLa greffière,
A.STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
N°2002290
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026