jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2002488 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | SELARL INTERBARREAUX RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2020, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la fiche d'évaluation et son compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2019, notifiée le 25 septembre 2020 ;
2°) de condamner le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Landes à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours des Landes les dépens de l'instance, ainsi qu'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision rendue sur sa demande de révision du compte-rendu d'entretien a été prise par une autorité incompétente ;
- les délais prescrits par la règlementation n'ont pas été respectés, s'agissant d'une part de la notification du compte-rendu et, d'autre part, de la réponse rendue sur sa demande de révision
- ces retards traduisent une manœuvre dilatoire constitutive d'un détournement de pouvoir ;
- certaines appréciations notées dans son compte rendu d'évaluation sont injustifiées et infondées ;
- ces appréciations correspondent à une sanction déguisée, pour laquelle il n'a pu ni se justifier ni assurer sa défense, en méconnaissance du principe des droits de la défense ;
- cette situation lui crée un grave préjudice dans sa carrière, et emporte des conséquences personnelles et notamment psychologiques ;
- cette évaluation l'empêche de solliciter sa mutation dans une autre collectivité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2021, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Landes, représenté par Me Hounieu, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge de M. C une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, en l'absence de demande indemnitaire préalable de M. C ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance n° 2100892 du 13 avril 2021 de la juge des référés du tribunal administratif de Pau ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°2014-1526 du 16 décembre 2014
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 22 septembre 2022 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :
-le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- les observations de M. C,
- et les observations de Me Dupeyron, représentant le service départemental d'incendie et de secours des Landes.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, attaché territorial hors classe, exerce les fonctions de directeur administratif et financier du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Landes. Son compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2019 lui a été notifié le 25 septembre 2020. Il en a sollicité le même jour la révision. Son recours a été rejeté par une décision qui lui a été notifiée le 29 octobre 2020. M. C demande au tribunal d'annuler le compte rendu définitif au titre de l'année 2019 et de condamner le service départemental d'incendie et de secours des Landes à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, lorsque le juge administratif est saisi à la fois d'une décision administrative et du refus de faire droit au recours gracieux ou hiérarchique présenté à l'encontre de cette même décision, les moyens critiquant les vices propres dont serait affectée la décision rejetant le recours gracieux ou hiérarchique, laquelle ne se substitue pas à la décision initiale, ne peuvent être utilement invoqués. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision notifiée le 29 octobre 2020 rejetant la demande de révision de son compte-rendu d'entretien professionnel formé par M. C ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, Aux termes de l'article 6 du décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 : " Les modalités d'organisation de l'entretien professionnel sont les suivantes : / 1° Le fonctionnaire est convoqué huit jours au moins avant la date de l'entretien par le supérieur hiérarchique direct ; / 2° La convocation est accompagnée de la fiche de poste de l'intéressé et d'un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu ; / 3° Le compte rendu porte sur les thèmes prévus à l'article 3 ainsi que sur l'ensemble des autres thèmes qui, le cas échéant, ont été abordés au cours de l'entretien ; / 4° Dans un délai maximum de quinze jours, le compte rendu est notifié au fonctionnaire qui, le cas échéant, le complète par ses observations sur la conduite de l'entretien ou les différents sujets sur lesquels il a porté, le signe pour attester qu'il en a pris connaissance et le renvoie à son supérieur hiérarchique direct ; / 5° Le compte rendu, complété, le cas échéant, des observations de l'agent, est visé par l'autorité territoriale ; / 6° Le compte rendu est versé au dossier du fonctionnaire par l'autorité territoriale et communiqué à l'agent ; (). ". Aux termes de l'article 7 du même décret : " I. - L'autorité territoriale peut être saisie par le fonctionnaire d'une demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. / Cette demande de révision est exercée dans un délai de quinze jours francs suivant la notification au fonctionnaire du compte rendu de l'entretien. L'autorité territoriale notifie sa réponse dans un délai de quinze jours à compter de la date de réception de la demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. (). ".
4. D'une part, M. C fait valoir que son compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2019 lui a été notifié au-delà du délai de quinze jours imparti par les dispositions précitées de l'article 6 du décret du 16 décembre 2014. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le compte-rendu de l'entretien professionnel du 12 février 2020 lui a été notifié le 20 février suivant, soit dans le délai de quinze jours. La date du 25 septembre 2020, étant la date à laquelle M. C a reçu les observations de l'autorité territoriale datées du 2 mars 2020. Il soutient d'autre part que la réponse à sa demande, du 25 septembre 2020, de révision de son compte-rendu d'entretien professionnel lui a été notifiée au-delà du délai de quinze jours, prévu par les dispositions également précitées de l'article 7 de ce même décret. Cette circonstance, établie par les pièces du dossier, aussi regrettable qu'elle soit n'a toutefois pas privé le requérant d'une garantie et il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'elle aurait exercé une influence sur le sens de la décision. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté en ses deux branches.
5. En troisième lieu, si M. C soutient que les décisions en litige ont été prises en méconnaissance du principe général des droits de la défense, ce moyen manque en fait dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a présenter des observations le 25 septembre 2020 et sollicité à cette occasion la révision du compte-rendu de son entretien professionnel.
6. En quatrième lieu, il ressort du compte-rendu contesté que sur quatre items d'évaluation, intitulés " avoir le sens du contact et des relations humaines ", " posséder des capacités à maintenir la cohésion d'équipe ", " posséder des capacités à prévenir et gérer des conflits " et " posséder des capacités à prévenir, à résoudre les conflits et à la médiation ", l'évaluateur a porté une appréciation " en cours d'acquisition " et a commenté " doit faire preuve de mesure dans ses relations avec les autres cadres de l'établissement ". Si M. C fait valoir qu'il ne sait pas dans quels contextes s'inscrivent ces commentaires, et estime qu'ils sont infondés, il admet toutefois avoir des difficultés relationnelles de longue date avec deux directeurs, rappelant d'ailleurs, dans ses observations sur l'entretien, que l'ambiance de travail n'est pas très bonne et qu'il existe de fortes divergences d'opinions entre les deux directeurs et lui, aboutissant même à des oppositions sur le management et la gestion. Ainsi, et alors même qu'il affirme ne pas les comprendre, il n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les appréciations relatives à ses qualités relationnelles formulées dans son compte-rendu. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sur son évaluation doit être écarté.
7. En cinquième lieu, compte tenu des motifs exposés au point précédent, M. C n'est pas fondé à soutenir que les observations émises dans son évaluation constituent une sanction déguisée à son encontre ou un détournement de pouvoir. Il s'ensuit que ce moyen doit également être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
10. Il ne résulte pas de l'instruction, ainsi que l'oppose en défense le service départemental d'incendie et de secours, que M. C aurait adressé à son administration une réclamation indemnitaire préalable en vue d'obtenir la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison des appréciations portées par son supérieur hiérarchique sur son compte-rendu d'évaluation professionnelle. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'absence de liaison du contentieux doit être accueillie et que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par M. C, partie perdante à l'instance, à l'encontre du service départemental d'incendies et de secours des Landes. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées au même titre par ce dernier.
12. Enfin la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. C ne peuvent en tout état de cause qu'être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le service départemental d'incendies et de secours des Landes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au service départemental d'incendies et de secours des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La présidente
V. QUEMENERLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026