jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100083 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PEISSE DUPICHOT LAGARDE BOTHOREL ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 janvier 2021 et le 19 mai 2022, l'association Comité de liaison du camping-car, représentée par Me Meininger Bothorel, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2020 du maire d'Azur en tant qu'il réglemente le stationnement des véhicules transportant des bouteilles de gaz ou stockant des eaux usées sur le territoire de cette commune ;
2°) d'enjoindre au maire d'Azur de procéder à l'enlèvement des panneaux de signalisation et des portiques avec barres de hauteur se rapportant aux camping-cars ou autocaravanes, installés sur le territoire de cette commune, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune d'Azur à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Azur la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est fondé sur des faits matériellement inexacts ;
- les atteintes portées par cet arrêté à la liberté de circulation et de stationnement et à la liberté d'aller et venir présentent un caractère de généralité excessif par rapport aux fins recherchées ;
- le périmètre de l'interdiction de stationnement est imprécis ;
- cet arrêté est discriminatoire et porte atteinte au principe d'égalité régissant l'utilisation du domaine public routier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2022, la commune d'Azur, représentée par Me Lonné, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'association requérante, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Diard,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schott, substituant Me Meininger Bothorel, représentant l'association Comité de liaison du camping-car.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 18 novembre 2020, le maire d'Azur a réglementé le stationnement des véhicules transportant des bouteilles de gaz ou stockant des eaux usées sur le territoire de cette commune. Par la présente requête, l'association Comité de liaison du camping-car demande au tribunal d'annuler cet arrêté et de condamner la commune d'Azur à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, () ". Aux termes de l'article L. 2213-2 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : / () 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ; / () ". Aux termes de l'article L. 2213-4 de ce code : " Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l'air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du maire d'Azur du 18 novembre 2020 a, d'une part, interdit du 1er mai au 1er novembre de façon permanente le stationnement des véhicules transportant des bouteilles de gaz ou stockant des eaux usées, c'est à-dire des véhicules aménagés pour le séjour de type camping-cars et autocaravanes, excepté lorsque le stationnement est limité à une heure afin de permettre l'accès aux services publics et aux commerces, dans un périmètre correspondant à une grande partie du territoire de la commune, incluant un vaste secteur autour du centre bourg, ainsi que " le secteur de l'ensemble du lac et son pourtour ", et, d'autre part, réglementé le stationnement de ces mêmes véhicules durant toute l'année et sur l'ensemble du territoire de la commune, interdisant notamment l'utilisation de cales sous les pneus, le déballage de mobilier autour des véhicules, le rejet d'eaux usées et le dépôt de détritus. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les inconvénients que peut provoquer le stationnement des véhicules aménagés pour le séjour aient présenté à Azur un caractère de gravité tel pour la sécurité, la salubrité et la protection des sites qu'ils aient été de nature à justifier légalement à la fois une interdiction générale de stationnement de plus d'une heure de ces véhicules, tant diurne que nocturne, du 1er mai au 1er novembre, sur une grande partie du territoire de la commune, n'incluant pas uniquement les endroits les plus fréquentés, notamment ceux proches du lac. Dans ces conditions, et en dépit de l'existence d'une aire de stationnement aménagée et de campings sur ce même territoire, les restrictions apportées à la liberté de stationnement par l'arrêté du 18 novembre 2020 présentent un caractère de généralité excessif par rapport aux fins recherchées.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du maire d'Azur du 18 novembre 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. L'association Comité de liaison du camping-car ne se prévaut d'aucun préjudice à l'appui de ses conclusions indemnitaires. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, les conclusions indemnitaires présentées par l'association requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que la commune d'Azur fasse procéder à la dépose du portique avec barre de hauteur installé à l'entrée du parking public situé route du Pesquite, qui limite physiquement la hauteur des véhicules pouvant accéder à ce parking, et du panneau de signalisation d'interdiction de stationnement apposé devant le parking situé en face du lac de Soustons et du camping de la Paillotte. Il y a lieu d'enjoindre à la commune d'Azur de procéder à la dépose de ces deux dispositifs dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les dépens :
7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par l'association Comité de liaison du camping-car ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association Comité de liaison du camping-car, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune d'Azur demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
9. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Azur une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association Comité de liaison du camping-car et non compris dans les dépens, en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Azur du 18 novembre 2020 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune d'Azur de faire procéder, dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, à la dépose du portique avec barre de hauteur installé à l'entrée du parking public situé route du Pesquite, ainsi que du panneau de signalisation d'interdiction de stationnement apposé devant le parking situé en face du lac de Soustons et du camping de la Paillotte.
Article 3 : La commune d'Azur versera à l'association Comité de liaison du camping-car une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par l'association Comité de liaison du camping-car est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune d'Azur au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à l'association Comité de liaison du camping-car et à la commune d'Azur.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. DIARDLa présidente,
Signé
F. MADELAIGUE
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026