mercredi 22 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100106 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GELIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 janvier 2021, le 15 mars 2021, le 15 décembre 2021 et le 6 avril 2022, M. F D demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2020 par lequel la préfète des Landes a délivré à M. C une autorisation en vue de la réalisation d'une opération de défrichement en vue d'une mise en culture, avec irrigation, à Parentis-en-Born.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- les préoccupations des riverains ont insuffisamment été prises en compte, malgré l'organisation, le 10 avril 2015 au lieu-dit " Les Bôo le More ", d'une réunion de concertation à l'initiative du maire, en présence du pétitionnaire, à l'occasion de laquelle les riverains ont souligné que le projet était prévu dans une zone calme où vivent des personnes âgées ;
- l'arrêté attaqué a, en outre, été pris à l'issue d'une procédure irrégulièrement menée dès lors que l'ouverture de l'enquête publique n'a pas fait l'objet d'un affichage adéquat, visible de la voie publique ; des panneaux d'affichage ont été prévus sur les pistes DFCI (de défense des forêts contre l'incendie), non ouvertes au public ;
- l'arrêté attaqué n'a pas fait l'objet, par ailleurs, d'un affichage effectif sur le terrain dans les 15 jours de son adoption ;
- les visas de l'arrêté ne mentionnent pas l'étude d'impact ;
- le projet de cultures en agriculture biologique, autorisé par l'arrêté, aura des impacts négatifs sur la qualité de vie des habitants du petit Bôo, du Bôo et du More, en particulier des nuisances sonores et olfactives, seront générées par les engrais biologiques ;
- l'arrêté ne permet pas de connaître la teneur des échanges d'informations entre l'administration et le porteur de projet, après le dépôt du rapport du commissaire enquêteur, alors que ces informations doivent être accessibles au public ;
- par ailleurs, l'arrêté comporte des lacunes : l'article 3 ne permet pas de localiser les points de prélèvement d'eau et le volume maximum de prélèvement autorisé par forage, l'article 12 de l'arrêté ne comporte aucun détail sur les surfaces cultivables pour chaque parcelle tandis que rien n'est précisé concernant l'irrigation des parcelles cadastrées section AS n° 152 et n° 241 ;
- l'arrêté ne précise pas davantage les mesures prévues pour protéger les habitants ;
- l'article 19 de l'arrêté, interdisant les travaux de défrichement pendant la période de nidification, n'a pas été respecté par le porteur de projet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 22 février 2022, M. C, représenté par Me Gélis, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond. Il demande, en outre, que soit mise à la charge de M. D la somme de 2 400 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce que la décision attaquée n'est pas jointe, de même que le nombre de copies exigé par l'article R. 411-3 du code de justice administrative et qu'elle ne comporte, par ailleurs, aucun moyen de droit ;
- par ailleurs, M. D ne justifie d'aucun intérêt pour agir ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 3 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 avril 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code forestier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 novembre 2020, la préfète des Landes a autorisé M. C à réaliser une opération de défrichement d'une surface de 80,85 hectares, ainsi qu'un prélèvement d'eau de 245 000 m3 par an, entre le 1er mai et le 31 octobre, pour la mise en culture d'une surface maximale irrigable de 70 hectares, et ne s'est pas opposé à la déclaration de quatre forages en vue de ce prélèvement, à Parentis-en-Born. Par la présente requête, M. D demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le cadre juridique applicable au litige :
2. Aux termes de l'article L. 214-3 du code de l'environnement : " I.- Sont soumis à autorisation de l'autorité administrative les installations, ouvrages, travaux et activités susceptibles de présenter des dangers pour la santé et la sécurité publique, de nuire au libre écoulement des eaux, de réduire la ressource en eau, d'accroître notablement le risque d'inondation, de porter gravement atteinte à la qualité ou à la diversité du milieu aquatique, notamment aux peuplements piscicoles. () ".
3. En outre, les dispositions de l'ordonnance du 26 janvier 2017, codifiées aux articles L. 181-1 et suivants du code de l'environnement, instituent une autorisation environnementale dont l'objet est de permettre qu'une décision unique tienne lieu de plusieurs décisions auparavant distinctes dans les conditions qu'elles précisent. L'article 15 de cette ordonnance du 26 janvier 2017 prévoit qu'elle entre en vigueur le 1er mars 2017 et que les demandes d'autorisations au titre de la loi sur l'eau régulièrement déposées avant cette date sont instruites et délivrées selon les dispositions législatives et réglementaires dans leur rédaction antérieurement en vigueur et après leur délivrance, elles sont considérées comme des autorisations environnementales et sont, en vertu de l'article L. 181-17 du code de l'environnement soumises à un contentieux de pleine juridiction.
4. Il appartient, dès lors, au juge du plein contentieux d'apprécier le respect des règles de procédure régissant la demande d'autorisation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date de délivrance de l'autorisation et celui des règles de fond régissant l'installation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date à laquelle il se prononce, sous réserve du respect des règles d'urbanisme qui s'apprécie au regard des circonstances de fait et de droit applicables à la date de l'autorisation.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 25 novembre 2020 :
5. En premier lieu, si le requérant soutient que l'organisation, le 10 avril 2015 au lieu-dit "Les Bôo le More ", d'une " réunion de concertation " avec les riverains, à l'initiative du maire de Parentis-en-Born, à laquelle était présent le pétitionnaire, serait insuffisante pour démontrer que les préoccupations de ces derniers ont été prises en compte, dans l'arrêté du 25 novembre 2020, aucune dispositions législatives ou règlementaires ne prévoit l'obligation d'organiser une concertation avec le public préalablement à l'organisation d'une enquête publique, dans le cadre de la procédure d'instruction d'une demande d'autorisation unique présentée au titre de la loi sur l'eau. Ainsi, aucune insuffisante prise en compte, par le préfet, des observations émises lors de cette réunion ne peut, en tout état de cause, être utilement soulevée.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 123-11 du code de l'environnement, relatif à la publicité de l'avis d'ouverture de l'enquête publique : " () III. - L'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête désigne les lieux où cet avis doit être publié par voie d'affiches () / Pour les projets, sont au minimum désignées toutes les mairies des communes sur le territoire desquelles se situe le projet ainsi que celles dont le territoire est susceptible d'être affecté par le projet. () Cet avis est publié quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et pendant toute la durée de celle-ci. IV. - En outre, dans les mêmes conditions de délai et de durée, et sauf impossibilité matérielle justifiée, le responsable du projet procède à l'affichage du même avis sur les lieux prévus pour la réalisation du projet. / Ces affiches doivent être visibles et lisibles de la ou, s'il y a lieu, des voies publiques, et être conformes à des caractéristiques et dimensions fixées par arrêté du ministre chargé de l'environnement ".
7. La méconnaissance de ces dispositions n'est de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle a pu avoir pour effet de nuire à l'information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative.
8. Conformément à ces dispositions, le préfet des Landes a prévu, par l'article 6 de l'arrêté du 18 janvier 2019 portant ouverture de l'enquête publique relative à l'autorisation unique " loi sur l'eau " au titre d'un projet de défrichement et de mise en culture avec irrigation de 108,85 hectares, à Parentis-en-Born, qu'un avis au public serait affiché à la mairie, et sur les lieux ou en un lieu situé au voisinage de l'aménagement, et visible de la voie publique. S'il est soutenu que des riverains ont eu " le sentiment " que cet arrêté n'avait pas fait l'objet d'un affichage " adéquat ", visible de la voie publique, dès lors que des panneaux d'affichage ont été positionnés, par le responsable de projet, sur les pistes DFCI (de défense des forêts contre l'incendie), certes non ouvertes au public, cette seule allégation ne permet pas d'établir que les dispositions précitées ont été méconnues alors qu'il résulte par ailleurs de l'instruction que l'avis d'enquête publique a été publié dans deux journaux locaux et sur le site internet des service de l'Etat dans les Landes, et que des avis ont été recueillis durant l'enquête publique, et des courriers ont été reçus. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les conditions d'affichages n'auraient pas été entièrement respectées et accomplies doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 181-40 du code de l'environnement : " Le projet d'arrêté statuant sur la demande d'autorisation environnementale est communiqué par le préfet au pétitionnaire, qui dispose de quinze jours pour présenter ses observations éventuelles par écrit. () ".
10. Si M. D soutient que l'arrêté ne permet pas de connaître la teneur des échanges d'informations qui auraient eu lieu entre l'administration et le porteur de projet, il résulte des dispositions précitées que ces échanges n'incluent pas les tiers mais se tiennent exclusivement entre les services instructeurs de la demande et le porteur de projet, en l'espèce M. C. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
11. Si, en quatrième lieu, M. D conteste les conditions d'affichage de l'arrêté, les dispositions prévues en matières de publication et d'information des tiers ne sont destinées qu'à conditionner le déclenchement des délais de recours, et leur méconnaissance est sans incidence sur la légalité des décisions administratives. Il en est de même des éventuelles omissions dans les visas des arrêtés ou décisions administratives.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable à la date du dépôt du dossier de demande : " I. -Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, ouvrages et aménagements projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : () 4° Une description des facteurs mentionnés au III de l'article L. 122-1 susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet : la population, la santé humaine, la biodiversité, les terres, le sol, l'eau, l'air, le climat, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris les aspects architecturaux et archéologiques, et le paysage ; / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : / a) De la construction et de l'existence du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de démolition ; / b) De l'utilisation des ressources naturelles, en particulier les terres, le sol, l'eau et la biodiversité, en tenant compte, dans la mesure du possible, de la disponibilité durable de ces ressources ; / c) De l'émission de polluants, du bruit, de la vibration, de la lumière, la chaleur et la radiation, de la création de nuisances et de l'élimination et la valorisation des déchets ; / d) Des risques pour la santé humaine, pour le patrimoine culturel ou pour l'environnement ; ()".
13. Il résulte de l'instruction, notamment de l'étude d'impact du projet déposé par le pétitionnaire, produite en défense dans la présente instance par la préfète des Landes, que les impacts du projet tant sur la population que sur la faune et la flore sont évalués, en phase de travaux et en phase de fonctionnement de l'exploitation agricole, et ont été enrichis de précisions complémentaires à la suite de l'avis de l'autorité environnementale du 19 janvier 2018. S'agissant plus précisément des nuisances sonores liées aux engins forestiers en phase de chantier, et à l'exploitation agricole, l'impact est temporaire et évalué à un niveau faible. Il y a lieu, en outre, de tenir compte des précautions prises par le pétitionnaire et des prescriptions imposées par l'arrêté attaqué qui contribuent à réduire les nuisances invoquées. Il est ainsi prévu, en particulier, que les travaux seront réalisés en journée et durant les jours ouvrables, et que les engins et machines bruyants utilisés devront respecter les normes admissibles définies par les textes réglementaires. En période d'exploitation, les engins agricoles utilisés en période de semis et de récolte, devront emprunter des accès identifiés et un plan de circulation tenant compte des sensibilités du voisinage. S'agissant, par ailleurs, de la qualité de l'air, les principaux rejets atmosphériques générés par l'exploitation agricole sont décrits comme étant les gaz d'échappement des engins agricoles, utilisés de façon périodique, tandis que les périodes d'épandage de fumiers organiques, devront être effectuées hors période de vent et de fortes chaleurs. Le pétitionnaire a, en outre, prévu l'implantation de haies à vocation de brise vent, mesure par ailleurs reprise parmi les prescriptions de l'arrêté attaqué, et l'exploitation agricole de cultures, conduites en agriculture biologique, exclut toute utilisation de produits phytosanitaires. L'impact du projet sur la qualité de l'air est ainsi considéré comme faible. Dans ces conditions, il ne résulte aucunement de l'instruction que l'analyse des impacts du projet sur les habitants, menée dans l'étude d'impact, serait insuffisante et qu'en conséquence, les mesures prévues dans l'arrêté, combinées aux prescriptions relatives à la mise en œuvre d'un programme de suivi complet ne tiendraient pas suffisamment compte des impacts prévisibles, qualifiés de limités, sur lesdits riverains.
14. En sixième lieu, selon la nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6, annexée à l'article R. 214-1 du code de l'environnement, sont soumis à déclaration les ouvrages prévus à la rubrique " 1.1.1.0. Sondage, forage, y compris les essais de pompage, création de puits ou d'ouvrage souterrain, non destiné à un usage domestique, exécuté en vue de la recherche ou de la surveillance d'eaux souterraines ou en vue d'effectuer un prélèvement temporaire ou permanent dans les eaux souterraines, y compris dans les nappes d'accompagnement de cours d'eau (D). ". Aux termes de l'article R. 214-32 du même code : " I.- Toute personne souhaitant réaliser une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration adresse une déclaration au préfet du département où ils doivent être réalisés (). Cette déclaration comprend : () 2° L'emplacement sur lequel l'installation, l'ouvrage, les travaux ou l'activité doivent être réalisés () ; 6° Les éléments graphiques, plans ou cartes utiles à la compréhension des pièces du dossier () ". Aux termes de l'article R. 214-38 du même code, alors applicable : " Les installations, ouvrages, travaux ou activités doivent être implantés, réalisés et exploités conformément au dossier de déclaration et, le cas échéant, aux prescriptions particulières mentionnées aux articles R. 214-35 et R. 214-39. ". Aux termes de l'article R. 214-42 du même code : " Si plusieurs ouvrages, installations, catégories de travaux ou d'activités doivent être réalisés par la même personne sur le même site, une seule demande d'autorisation ou une seule déclaration peut être présentée pour l'ensemble de ces installations. / Il en est obligatoirement ainsi lorsque les ouvrages, installations, travaux ou activités dépendent de la même personne, de la même exploitation ou du même établissement et concernent le même milieu aquatique, si leur ensemble dépasse le seuil fixé par la nomenclature des opérations ou activités soumises à autorisation ou à déclaration, alors même que, pris individuellement, ils sont en dessous du seuil prévu par la nomenclature, que leur réalisation soit simultanée ou successive. () ". Aux termes de l'article R. 214-57 du même code : " Toute installation comprenant un ou plusieurs ouvrages permettant de prélever des eaux souterraines à des fins non domestiques pour l'approvisionnement d'un ou de plusieurs établissements doit être munie d'un dispositif efficace permettant de mesurer les volumes prélevés. () ". Aux termes de l'article R. 214-58 du même code : " L'exploitant responsable d'une installation est tenu de noter, mois par mois, sur un registre spécialement ouvert à cet effet : 1° Les volumes prélevés ; / 2° Le cas échéant, le nombre d'heures de pompage ; / 3° L'usage et les conditions d'utilisation ; / () / 5° Les conditions de rejet de l'eau prélevée ; () ".
15. Il résulte de l'instruction, notamment de l'article 3 l'arrêté attaqué, que parmi les installations, ouvrages, travaux et activités, concernés par l'autorisation, figurent les quatre ouvrages de prélèvement dans la formation sables plio-quaternaire recoupant l'aquifère du sable des Landes, dont les coordonnées Lambert RGF 93 sont précisées, ainsi que la commune, le lieu-dit et les références cadastrales des parcelles sur lesquelles ils sont situées. Quant au volume de prélèvement autorisé, l'arrêté précise que le pétitionnaire est autorisé à prélevé un volume maximum de 245 000 m3 d'eau, entre le 1er mai et le 31 octobre, et pour une surface maximale irrigable de 70 hectares. Dès lors, l'arrêté permet de localiser les points de prélèvement d'eau et de connaître le volume maximum prélevé. La circonstance que rien ne soit précisé sur l'irrigation des parcelles cadastrées section AS n° 152 et n° 241 est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
16. En septième lieu, selon l'article R. 341-1 du code forestier, la demande d'autorisation de défrichement comprend, notamment, l'indication de la superficie à défricher par parcelle cadastrale, et le total de ces superficies. Si le requérant soutient que l'article 12 de l'arrêté préfectoral en litige ne comporte aucun détail sur les surfaces cultivables pour chaque parcelle, il résulte de l'instruction que l'objet de la demande de M. C porte sur le défrichement d'une surface de 80,85 hectares ainsi qu'un prélèvement de 245 000 m3 d'eau par an et que l'article 17 de cet arrêté précise la surface autorisée à défricher par parcelle, sous réserve des prescriptions fixées à l'article 18, sans qu'il n'ait à préciser l'usage précis que le porteur de projet fera du sol une fois défriché. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.
17. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'article 19 de l'arrêté, interdisant les travaux de défrichement pendant la période de nidification, n'a pas été respecté par le porteur de projet, cette allégation relative aux conditions d'exécution de cet arrêté, est sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, la préfète des Landes fait valoir en défense que ces services se sont rendus sur place, ont constaté le non-respect des prescriptions et ont fait cesser les travaux.
18. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par M. C, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. D doivent être rejetées.
Sur frais liés au litige :
19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F D, à la préfète des Landes et à M. A C.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2023.
La rapporteure,
Signé : M. E
La présidente,
Signé : S. PERDU La greffière,
Signé : M. B
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026