jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er février 2021 et le 31 janvier 2022, M. A C, représenté par Me Malo, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision implicite de rejet du directeur du centre hospitalier de la Côte Basque de sa demande d'indemnisation du 12 octobre 2020 ;
2°) de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque au paiement de la somme de 34 048,88 euros en réparation de ses préjudices ;
3°) à titre subsidiaire, de prescrire une expertise portant sur l'origine de l'infection dont il a souffert au cours de son hospitalisation et les préjudices subis ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque les entiers dépens de l'instance ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de la Côte Basque pour les dommages résultant de l'infection nosocomiale subie par M. C est engagée sur le fondement de l'alinéa 2 de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ; M. C a présenté à compter du 30 septembre 2019 une infection à staphylocoque aureus sur voie veineuse périphérique pour laquelle il a bénéficié d'un traitement antibiotique lors de son hospitalisation au sein du centre hospitalier et que cette infection n'était ni présente, ni en incubation lors de son entrée à l'hôpital ; aucune cause étrangère à l'origine de l'infection n'est démontrée ; en conséquence, l'infection dont a été victime M. C est incontestablement de nature nosocomiale ; la diminution de sa fièvre pendant son séjour est une conséquence logique du traitement et non d'un caractère très relatif de l'infection comme l'indique le centre hospitalier ; le requérant ne présente aucune séquelle de cette infection qui n'est donc pas à l'origine d'une quelconque incapacité permanente partielle ;
- la décision de rejet de sa demande d'indemnisation par le directeur du centre hospitalier est irrégulière et doit être annulée ;
- M. C est fondé à demander la condamnation du centre hospitalier à lui régler les frais d'hospitalisation exclusivement en lien avec son infection nosocomiale et restés à sa charge à hauteur de 19 048,88 euros dans la mesure où son hospitalisation du 4 octobre 2019 au 21 octobre 2019 est uniquement en lien avec cette infection ;
- son hospitalisation ayant été prolongée de 17 jours, M. C est fondé à demander l'indemnisation de son déficit fonctionnel temporaire en résultant à hauteur de 425 euros ;
- les souffrances endurées pendant ces 17 jours d'hospitalisation en lien avec son infection nosocomiale seront évaluées à 3 sur une échelle allant jusqu'à 7 et seront indemnisées à hauteur de 6 000 euros ;
- son préjudice moral causé par ces 17 jours d'hospitalisation en lien avec son infection nosocomiale, lesquels ont entraîné une saisie administrative sur son compte bancaire et le contraignent à des démarches contentieuses, sera réparé à hauteur de 8 575 euros ;
- à titre subsidiaire, le tribunal désignera un expert aux fins de déterminer l'origine de l'infection et d'évaluer les préjudices en étant issus ;
- en tout état de cause, M. C est fondé à demander que soit mise à la charge du centre hospitalier la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2021, le centre hospitalier de la Côte Basque, représenté par Me Cariou, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de M. C ;
2°) de mettre à la charge de M. C la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de M. C les entiers dépens ;
4°) à titre subsidiaire, de prescrire l'expertise judiciaire sollicitée par le requérant à ses frais avancés ;
5°) de donner à l'expert la mission habituelle en la matière ;
6°) de désigner un expert en infectiologie ;
7°) de rejeter les conclusions de M. C présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
8°) de surseoir à statuer sur les dépens.
Il fait valoir que :
- l'origine de l'infection du requérant n'est pas arrêtée, la qualification d'infection nosocomiale relevant des seuls dires du requérant ; il n'est pas établi qu'elle aurait été acquise lors de son hospitalisation au centre hospitalier de la Côte Basque ; le syndrome infectieux était très relatif, le patient ayant été noté sans fièvre par exemple le 8 octobre 2019 ;
- sa demande indemnitaire n'est pas fondée ; la prise en charge de M. C met surtout en évidence un suivi neurologique lié à un engourdissement de l'hémicorps gauche et à une suspicion d'accident vasculaire cérébral (AVC) ; M. C a bénéficié de soins en lien avec ces troubles neurologiques après le 30 septembre et aurait bénéficié d'un tel suivi neurologique en tout état de cause, indépendamment de la survenance de son infection ;
- la demande d'annulation du titre de recettes n'est en outre pas fondée car reposant uniquement sur l'existence d'une infection nosocomiale non avérée, en l'absence d'avis médical à ce sujet ;
- à titre subsidiaire, le centre hospitalier ne s'oppose pas à l'expertise judiciaire demandée mais propose les missions d'expertise à retenir sur la détermination de l'origine de l'infection et sur les préjudices temporaires et permanents à retenir.
Par ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Malo, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 2 août 1958, travaille à Dakar. Le 27 septembre 2019, M. C a été admis au service des urgences du centre hospitalier de la Côte Basque sur prescription de son médecin traitant pour suspicion d'AVC. Un risque de cancer ayant été mis en évidence à la suite d'un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM), le personnel soignant a décidé de l'hospitaliser. Il a été informé le 30 septembre 2019 qu'il souffrait d'une sclérose en plaque. Cependant, le même jour, il a développé une forte fièvre. Un examen bactériologique a révélé le 6 octobre 2019 la présence de " staphylococcus aureus " (staphylocoque doré). Il a été admis à sortir de l'hôpital le 21 octobre 2019. Par courrier du 12 août 2020, réceptionné le 19 août 2020, M. C a présenté une demande préalable indemnitaire à hauteur de 34 048,88 euros. Une décision implicite de rejet est née. Par une requête enregistrée le 1er février 2021, M. A C demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque au paiement de la somme de 34 048,88 euros en réparation de ses frais d'hospitalisation et de ses préjudices et, à titre subsidiaire, de prescrire une expertise portant sur l'origine de l'infection dont il a souffert au cours de son hospitalisation ainsi que sur la détermination des préjudices en étant issus.
Sur les conclusions à fin d'expertise :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ".
3. La prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Une telle expertise n'est ordonnée, le cas échéant, que si le Tribunal s'estime insuffisamment éclairé pour se prononcer sur les conclusions dont il est saisi. Il appartient ainsi au juge, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment, le cas échéant, des rapports des expertises prescrites antérieurement s'ils existent, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon le demandeur, la mesure sollicitée.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - () Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. II. - Lorsque la responsabilité () d'un établissement, service ou organisme mentionné au I () n'est pas engagée, () une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'incapacité permanente ou de la durée de l'incapacité temporaire de travail. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'incapacité permanente supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 () une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de () l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque () l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".
5. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
6. En vertu des dispositions du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements, services ou organismes dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. Toutefois en vertu des dispositions de l'article L. 1142-1-1 du même code, les dommages résultant d'infections nosocomiales correspondant à un taux d'atteinte à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25%, ainsi que les décès provoqués par des infections nosocomiales sont réparés au titre de la solidarité nationale. Ces dispositions trouvent également à s'appliquer dans le cas où une infection nosocomiale a entraîné la perte d'une chance d'éviter de tels préjudices. Elles ne font pas obstacle à ce que la responsabilité d'un établissement de santé au titre d'une infection nosocomiale ayant entraîné des conséquences répondant aux conditions de l'article L. 1142-1-1 puisse être recherchée directement par la victime elle-même sur le fondement des fautes commises par cet établissement.
En ce qui concerne la nécessité d'ordonner une expertise
7. Il résulte de l'instruction que M. C a été hospitalisé du 27 septembre 2019 au 21 octobre 2019 au sein du centre hospitalier de la Côte Basque pour un suivi neurologique. Il a développé des fièvres le 30 septembre 2019. Une culture bactériologique sur voie veineuse périphérique a révélé le 6 octobre 2019 la présence d'un staphylocoque doré contre lequel un traitement antibiotique lui a été administré. Aucune expertise médicale permettant de déterminer l'origine de cette infection et les éventuels préjudices en étant issus n'a été diligentée. Par ailleurs, le centre hospitalier conteste le caractère nosocomial de cette infection, considérant qu'elle pourrait avoir une cause étrangère en raison notamment de l'activité professionnelle à l'étranger du requérant mais ne s'oppose pas à la tenue d'une expertise médicale. Par suite, l'état du dossier ne permettant pas au tribunal de se prononcer de manière éclairée sur les conclusions dont il est saisi, il y a lieu d'ordonner, avant dire-droit, une expertise médicale aux fins précisées ci-après.
En ce qui concerne la mise en cause de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales
8. Il résulte de l'instruction qu'en l'absence d'expertise médicale, le taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique résultant de l'infection dont M. C prétend avoir été atteint ne peut pas être déterminé en l'état. En conséquence, il y a lieu d'appeler à la cause l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, chargé de l'indemnisation, au titre de la solidarité nationale, des dommages résultant d'une infection nosocomiale, sous réserve des conditions prévues par l'article L. 1142-1 du code de la santé publique précité, afin que l'office soit en mesure d'assister à l'expertise médicale ordonnée par le présent jugement.
D É C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. C, procédé par un médecin infectiologue, désigné par le président du tribunal administratif, à une expertise avec mission pour l'expert de :
1° Se faire communiquer tous documents et pièces utiles relatifs à l'état de santé et au dossier médical de M. A C, en particulier les dossiers d'admission et les feuilles de suivi infirmier, se rapportant notamment aux soins et interventions réalisés entre le 27 septembre 2019 et le 21 octobre 2019 au centre hospitalier de la Côte Basque ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces des dossiers médicaux de M. C ; procéder à l'examen de M. C ;
2° Décrire l'état de santé de M. C et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier de la Côte Basque le 27 septembre 2019, les conditions dans lesquelles il a été pris en charge et soigné dans cet établissement ; décrire l'état pathologique du requérant ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués ;
3° Réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'accomplissement des soins, ainsi que, éventuellement, dans le fonctionnement ou l'organisation du service, en précisant si les soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de M. C et aux symptômes qu'il présentait, et si ces soins présentaient, en l'espèce, des difficultés particulières ;
4° Dire si, pendant son séjour ou à l'issue de son séjour hospitalier, M. C a bien été victime d'une infection ; dans une telle hypothèse, préciser :
o la nature du germe, son caractère endogène ou exogène et les circonstances évitables ou inévitables de la contamination ;
o les dates précises auxquelles les premiers signes ont été constatés, le diagnostic porté en précisant, s'il y a lieu, les causes extérieures et étrangères à l'hospitalisation et aux soins ;
o les origines plausibles de l'infection en indiquant si M. C présentait des facteurs favorisant la survenue ou le développement de cette infection ; l'état du patient à son entrée dans l'établissement de santé ;
5° Dire si, compte-tenu de l'état antérieur du patient et en l'état des données acquises de la science médicale, l'établissement hospitalier concerné a pris toutes les dispositions nécessaires pour éviter le risque d'infection, ou si celui-ci se serait réalisé quelles que soient les précautions prises ;
6° Préciser si les protocoles d'aseptisation en vigueur étaient conformes aux normes et aux données actuelles de la science et s'ils ont été respectés ; se faire communiquer à cette fin les éléments pertinents et notamment :
o les protocoles de préparation des patients en vigueur au centre hospitalier de la Côte Basque, dans les services dans lesquels M. C a été pris en charge ;
o les résultats des prélèvements bactériologiques effectués en 2019 ;
o les rapports du comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) de l'établissement pour l'année 2019 ;
7° Préciser si une enquête médicale, paramédicale et bactériologique a été effectuée et démontre de façon certaine et exclusive que l'infection que M. C a présentée était d'origine nosocomiale ;
8° Indiquer si le ou les manquement(s) éventuellement constaté(s) commis par le centre hospitalier de la Côte Basque ont fait perdre à M. C une chance de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader ; chiffrer la perte de chance (pourcentage ou coefficient) ;
9° Dire si l'infection que M. C a présentée, a entraîné une incapacité permanente partielle et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
10° Dire si l'état de santé de M. C est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de M. C ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressé devra à nouveau être examiné ;
11° Indépendamment de la responsabilité éventuelle d'un professionnel ou établissement, dire si les préjudices subis par le patient sont directement imputables à un acte de prévention de diagnostic ou de soins et lequel, dire quelles sont les causes possibles de ce dommage et rechercher si d'autres pathologies ont pu interférer sur les événements à l'origine de la présente expertise et expliquer en quoi elles ont pu interférer ; en évaluer l'incidence ;
12° Dire si l'on est en présence de conséquences anormales au regard de l'état de santé du patient, comme de l'évolution prévisible de celui-ci ;
13° Donner toutes précisions sur les préjudices subis par M. C en lien avec les faits en litige :
a) donner son avis sur les dépenses de santé rendues nécessaires par l'état de M. C en lien avec l'infection subie ; préciser, dans le cas où certaines hospitalisations, certaines consultations médicales ou paramédicales ou certains achats de produits pharmaceutiques ne seraient pas tout entiers imputables au dommage litigieux, dans quelle proportion ils peuvent être rattachés à ce dernier ;
b) déterminer les préjudices temporaires et les préjudices permanents ;
c) déterminer le cas échéant les pertes de revenus professionnels, l'incidence professionnelle ainsi que les autres dépenses liées au dommage corporel qui seraient en lien avec les faits en cause ;
d) décrire et évaluer le cas échéant les souffrances physiques, psychiques ou morales subies en lien avec les faits en cause ;
e) donner au tribunal tous autres éléments d'information nécessaires à la réparation de l'intégralité du préjudice subi par M. C à raison des faits en litige.
14° De manière générale, donner toute information utile à la solution du litige ;
15° Déposer un pré-rapport afin de permettre aux parties de faire valoir contradictoirement leurs observations préalablement au dépôt du rapport définitif.
Article 2 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tout sachant, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le Tribunal.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par le tribunal.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-4 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de M. C, du centre hospitalier de la Côte Basque et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, appelé à la cause.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe par voie dématérialisée avant le 15 février 2023, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par la présidente du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-11 du code de justice administrative.
Article 8 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance, y compris la charge définitive des dépens.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au directeur du centre hospitalier de la Côte Basque et à l'Office national de l'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Copie en sera transmise à l'expert désigné par la présidente du tribunal et à la caisse des français de l'étranger.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
Z. D
La présidente,
signé
M. BLa greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026