lundi 20 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100277 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FRANCOISE ASSUS-JUTTNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2021, Mme B F, représentée par Me Vimont, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Lectoure à lui verser les sommes de 27 237,88 euros au titre des travaux de récupération des eaux qui pourraient migrer sous la maison et de 13 528,34 euros au titre des travaux d'embellissement, en réparation du préjudice que lui ont causé des infiltrations d'eau dans un immeuble à usage d'habitation ;
2°) de condamner la commune de Lectoure à lui verser la somme de 1 500 euros par mois à compter de février 2014, jusqu'à la réalisation des travaux par la commune, soit la somme de 127 500 euros arrêtée au 1er février 2021, au titre du préjudice de jouissance ;
3°) de condamner la commune de Lectoure à lui verser la somme de 290 000 euros au titre du préjudice patrimonial à défaut de réalisation des travaux sur le bastion ;
4°) d'enjoindre à la commune de Lectoure de procéder à la réfection complète des réseaux pluviaux sis sur le bastion, complétée par une modification du traitement de surface avec pentes convergentes vers les regards étanches du pluvial ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Lectoure la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise liquidés à la somme de 8 381,44 euros.
Elle soutient que :
- le premier expert désigné par le tribunal a clairement identifié l'origine de l'infiltration d'eau dans sa propriété, provenant du ruissellement par infiltration à partir du domaine public de la commune ; il a considéré que ce phénomène, apparu en 2012, était très certainement consécutif à une modification de la réception et de l'évacuation des eaux d'infiltration en souterrain de la surface du bastion, et a identifié trois interventions ayant eu lieu sur cet espace : des sondages effectués par l'INRAP en 2009, le remplacement d'arbres avec fouilles et le traitement de surface en 2011 ; il a préconisé une réfection complète des réseaux pluviaux sur le bastion, l'adjonction d'ouvrages permettant la récupération des eaux susceptibles de migrer sous la surface de la maison ; le bureau d'études BETS Aigoin confirme le bien-fondé de l'analyse du premier expert et de la solution technique préconisée ;
- la seconde experte, désignée en remplacement du premier, décédé avant d'avoir pu déposer son rapport, n'a procédé qu'à l'inspection du réseau d'eaux pluviales et en a tiré des conclusions erronées ; elle est sortie du cadre de la mission d'expertise en écartant la responsabilité de la commune ; sa volonté d'installer des piézomètres dans l'immeuble en cause, très coûteuse, a été rapportée par ordonnance du 18 juin 2019 du président du tribunal ; cette experte se méprend sur l'étendue des travaux réalisés par la mère de la requérante, en 2000, qui se sont limités à une restauration intérieure et sont sans relation avec les dommages subis ; les volumes d'eau en cause sont de nature à rendre impropres à leur destination même des locaux non nobles ; l'arrière de la maison, utilisé autrefois pour stocker des produits de pharmacie, était sain ;
- aucune infiltration n'avait eu lieu avant la réalisation des travaux sur le bastion ;
- la responsabilité sans faute de la commune de Lectoure, propriétaire de l'ouvrage public, est engagée dès lors que la requérante subit un dommage anormal et spécial causé par la défaillance du bastion et de son réseau pluvial ;
- les écoulements d'eau à l'origine du dommage proviennent tant des travaux publics réalisés à l'occasion de la réfection du bastion que des réseaux d'eaux pluviales non entretenus et non étanches, comme l'a analysé le BETS Aigoin ;
- la commune de Lectoure doit être condamnée à l'indemniser à hauteur de 27 237,88 euros pour la réalisation des travaux préconisés par le premier expert, sur sa propriété, ainsi que de la somme de 13 528,34 euros de travaux d'embellissement et de mesures conservatoires, après indexation suivant l'indice du coût de la construction au 4e trimestre 2019 ;
- le préjudice locatif lié à l'impossibilité de louer le bâtiment sud doit être indemnisé à hauteur de 1 500 euros par mois, à compter du mois de février 2014, soit la somme de 127 500 euros ;
- son bien est invendable en l'état de sorte que la commune sera condamnée à l'indemniser de ce préjudice patrimonial à hauteur de 290 000 euros, selon l'évaluation d'un expert immobilier, si elle ne réalise pas les travaux susceptibles de mettre fin aux désordres ;
- la commune doit réaliser la réfection complète des réseaux pluviaux sur le bastion et modifier le traitement de surface pour remédier aux désordres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2021, la commune de Lectoure, représentée par Me Rabhi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le rapport d'expertise n'établit aucun lien de causalité direct et certain entre les travaux effectués par la commune et les désordres allégués ;
- l'immeuble en cause était autrefois un garage, transformé en habitation ; les travaux d'aménagement ont été menés, aux dires de l'expert, sans respecter les dispositions du DTU 20.1 pour les maçonneries enterrées de première catégorie, et sont à l'origine des désordres allégués ;
- à titre subsidiaire, les travaux de reprise préconisés par l'expert n'ont vocation qu'à rénover les murs de l'immeuble de la requérante ; leur indemnisation entraînerait un enrichissement sans cause.
Par ordonnance du 7 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 décembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 7 janvier 2020, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par Mme A.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- et les observations de Me Vimont, représentant Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B F est propriétaire d'un ensemble immobilier, cadastré 346 et 581, situé 2 avenue André Magne, en contrebas de la place du bastion, dans la commune de Lectoure (Gers). Après un épisode de fortes pluies, le 6 août 2012, sa mère, Mme E F, alors propriétaire de la maison sise au nord de l'ensemble et habitant les lieux, a alerté le maire quant au ruissellement d'eau dans la propriété. De nouvelles inondations ont eu lieu à plusieurs reprises en 2013 et 2014, signalées au maire par courrier du 4 février 2014. Mme E F a fait dresser des procès-verbaux de constat d'huissier les 7 et 17 février 2014. Une première expertise, diligentée par l'assureur des propriétaires, a conclu à une importante entrée d'eau provenant de la façade enterrée et a fait état de l'existence d'un lac souterrain sous le bastion. Le 19 janvier 2015, Mme E F a sollicité de la commune qu'elle procède d'urgence à la réfection d'une partie du réseau de canalisation des eaux pluviales surplombant sa propriété et qu'elle lui communique le plan d'évacuation des eaux pluviales, sans obtenir de réponse. Un nouveau constat d'huissier a été dressé le 15 février 2016, établissant la persistance d'infiltrations et l'écoulement d'un filet d'eau. Mme E F et Mme B F ont saisi le juge des référés du tribunal à fin d'ordonner une expertise pour déterminer les causes du désordre et décrire les travaux nécessaires. Le rapport d'expertise a été déposé le 13 décembre 2019. Mme B F a sollicité l'indemnisation de son préjudice par lettre du 22 juin 2020, reçue le 29 juin 2020. Elle demande au tribunal de condamner la commune de Lectoure à lui verser les sommes de 27 237,88 euros au titre des travaux de récupération des eaux qui pourraient migrer sous la maison et de 13 528,34 euros au titre des travaux d'embellissement, en réparation du préjudice que lui ont causé des infiltrations d'eau dans un immeuble à usage d'habitation, la somme de 1 500 euros par mois à compter de février 2014, jusqu'à la réalisation de travaux par la commune, soit la somme de 127 500 euros arrêtée au 1er février 2021, au titre du préjudice de jouissance, et la somme de 290 000 euros au titre du préjudice patrimonial à défaut de réalisation des travaux sur le bastion, ainsi que d'enjoindre à la commune de Lectoure de procéder à la réfection complète des réseaux pluviaux sis sur le bastion, complétée par une modification du traitement de surface avec pentes convergentes vers les regards étanches du pluvial.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages permanents que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. La mise en jeu de la responsabilité sans faute d'une collectivité publique pour dommages de travaux publics à l'égard d'un justiciable qui est tiers par rapport à un ouvrage public ou une opération de travaux publics est subordonnée à la démonstration par cet administré de l'existence d'un dommage anormal et spécial directement en lien avec cet ouvrage ou cette opération.
3. Dans le cas d'un dommage causé à un immeuble, la fragilité ou la vulnérabilité de celui-ci ne peuvent être prises en compte pour atténuer la responsabilité du maître de l'ouvrage, sauf lorsqu'elles sont elles-mêmes imputables à une faute de la victime. En dehors de cette hypothèse, de tels éléments ne peuvent être retenus que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable.
En ce qui concerne la cause des désordres :
4. Mme F est propriétaire d'un ensemble immobilier édifié sur le glacis, au sud et en contrebas de la promenade du Bastion, ouvrage défensif érigé à la fin du XVIe siècle à Lectoure. Elle soutient que les premiers désordres, consistant en un déversement des eaux pluviales dans sa propriété, sont apparus en août 2012, après un épisode de fortes pluies. Toutefois, ce déversement ponctuel n'est pas en cause dans le présent litige. Elle soutient également que, dans le courant de l'année 2013 et au début de l'année 2014, sont apparues d'importantes infiltrations d'eau au travers du mur nord, enterré, du rez-de-chaussée de la maison située au sud de l'ensemble immobilier, provoquant l'inondation des pièces situées le long de ce mur nord, une bibliothèque, une cuisine et une salle d'eau. Les venues d'eau ont été constatées par un huissier, en février 2014, puis à nouveau en février 2016. Lors des réunions d'expertise ont été constatés un écoulement d'eau continu au travers du mur enterré, au niveau d'un percement effectué en pied de mur pour faciliter cet écoulement, un pied de mur très humide à cet endroit, des traces d'humidité avec salpêtre et cloquage des peintures sur toute la hauteur du rez-de-chaussée dans les pièces situées au nord de la maison sud mais également, sur une hauteur moindre, dans les pièces situées au sud, et des traces d'humidité dans la cage de l'escalier d'accès au premier étage. Mme F s'appuie sur les conclusions exposées dans les notes expertales du premier expert judiciaire pour imputer la survenue des écoulements d'eau à l'origine du dommage tant aux travaux publics réalisés à l'occasion de la réfection du bastion, après la tempête Klaus de janvier 2009, qu'au réseau d'eaux pluviales non entretenu et non étanche du bastion.
5. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise et des notes d'expert, que la commune de Lectoure a procédé à la réfection du réseau d'eaux pluviales du Bastion en 2003, comme en attestent les factures produites. Si le premier expert judiciaire a pu douter de la fiabilité du plan du réseau d'eaux pluviales fourni par les services techniques de la commune, en raison de ses lacunes et imprécisions, il est constant, toutefois, que la réfection du réseau a été menée une dizaine d'années avant que Mme E F ne constate des infiltrations au travers du mur enterré de la maison sud. Aucune autre pièce ne permet d'établir qu'une réfection du réseau aurait été menée ultérieurement. Par ailleurs, si cet expert a estimé, après avoir procédé à une mise en eau du réseau public d'eaux pluviales, avec adjonction de fluorisine, que des fuites provoquaient de nombreuses infiltrations autour des arrivées et départs dans les différents regards, il a également constaté que les écoulements au travers du mur enterré étaient exempts de traces de fluorisine si bien qu'aucun lien direct n'est établi entre les éventuelles fuites affectant le réseau et l'eau s'infiltrant au travers du mur enterré du rez-de-chaussée de la maison sud. Enfin, un examen par caméra du réseau public d'eaux pluviales, réalisé en avril 2019, n'a pas révélé de désordres majeurs, hormis une canalisation cassée mais chemisée. Par suite, Mme F n'établit pas que les travaux de réfection du réseau d'eaux pluviales du Bastion, réalisés dix ans seulement avant le constat du désordre en cause, ou que son fonctionnement défectueux, alors que ce réseau est récent et en bon état, seraient la cause du désordre constaté.
6. D'autre part, il résulte de l'instruction que la tempête Klaus, en janvier 2009, a abattu 26 des 52 marronniers plantés sur la promenade du Bastion. Avant de procéder au remplacement des arbres, un diagnostic archéologique, consistant en sept tranchées d'une profondeur variant de 2,10 à 4,30 mètres, soit un volume excavé d'une vingtaine à une quarantaine de m3 par sondage, a été mené par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) en janvier 2010. Les arbres ont été replantés, en novembre 2010, dans des trous de 2,50 mètres de côté et de 0,80 mètre de profondeur, avant remblaiement du Bastion et réfection du sol en gravier. Les travaux se sont achevés en 2011. Il résulte également de l'instruction que les deux experts nommés successivement s'accordent pour estimer " avec une très forte probabilité " que les écoulements d'eau au travers du mur enterré de la maison sud proviennent de l'infiltration des eaux de pluie au travers du sol en remblai du Bastion. L'un et l'autre estiment en outre que la présence de veines d'eau et de résurgences n'est pas exclue, favorisée par la présence d'argiles imperméables sous le remblai et le banc calcaire sur lequel est érigé le Bastion. Ils ont pu constater que le débit des écoulements était corrélé, avec un décalage temporel, aux précipitations. Toutefois, si le premier expert a retenu que " ce phénomène () est très certainement consécutif à une modification de la réception et de l'évacuation des eaux d'infiltration, en souterrain de la surface du Bastion qui a toujours récupéré les eaux de pluie ", et s'il a identifié trois interventions menées avant la survenue du phénomène, à savoir les sondages effectués par l'INRAP puis le remplacement des arbres plantés sur le bastion et le traitement de surface de la place en 2011, le second expert souligne au contraire qu'aucune investigation n'a permis de mettre en évidence des phénomènes autres que des infiltrations naturelles à travers le remblai du bastion. Par ailleurs, si le bureau d'études techniques sollicité par Mme F a pu estimer, en juin 2020, reprenant les constats du premier expert, que les sondages et travaux menés en 2010 et 2011 avaient conduit à une décompression du sol du Bastion, entraînant une modification de la circulation des eaux météoriques qui s'étaient mises en place naturellement au cours des siècles, dont un nouveau cheminement aboutissant contre le mur enterré de la maison sud, le second expert souligne, à l'opposé, qu'aucun élément ne permet d'affirmer que " ces infiltrations, résurgences, veines d'eau, etc. soient d'apparition soudaine et surtout qu'elles soient la conséquence de travaux réalisés par la commune ". Le second expert affirme ainsi qu'" outre le fait que les fouilles les plus profondes maintiennent encore quasiment 8 mètres de hauteur de remblai, les infiltrations à travers ce remblai ne mettraient pas plusieurs mois pour ressurgir " au travers du mur enterré de la maison sud de Mme F, alors qu'aussi bien l'intéressée que le premier expert " ont constaté que le débit est plus important quelques heures après un épisode pluvieux ". Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du courrier adressé par Mme E F au maire de la commune de Lectoure en février 2014 qu'aux dires du précédent propriétaire de la maison, son domicile avait déjà été inondé avant la cession de l'immeuble en juin 1999. Il résulte de ce qui précède que le lien de causalité direct et certain entre la survenue d'infiltrations d'eau au travers du mur enterré de la maison sud, attestée en février 2014, et les fouilles et creusements menés sur le bastion entre janvier et novembre 2010, achevés par la pose d'un sol en gravier en 2011, n'est pas établi. Par suite, la responsabilité de la commune de Lectoure ne peut être engagée, à raison des travaux menés sur cet ouvrage public, ni sur le fondement de la responsabilité sans faute, ni sur celui de la responsabilité pour faute.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme F doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Lorsque le juge administratif statue sur un recours indemnitaire tendant à la réparation d'un préjudice imputable à la présence ou au fonctionnement d'un ouvrage public et qu'il constate que ce préjudice perdure à la date à laquelle il se prononce, il peut, en vertu de ses pouvoirs de pleine juridiction et lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, enjoindre à la personne publique en cause de prendre les mesures nécessaires pour remédier aux désordres résultant de la présence ou du fonctionnement de cet ouvrage.
9. Il résulte de ce qui précède que le lien de causalité direct et certain entre les désordres affectant la propriété de Mme F et le fonctionnement du réseau d'eaux pluviales du Bastion d'une part, les travaux menés sur le Bastion en 2010 et 2011 d'autre part, n'est pas établi. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander qu'il soit enjoint à la commune de Lectoure de procéder à la réfection complète des réseaux pluviaux sur le Bastion et de modifier le traitement de surface pour remédier aux désordres. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les dépens :
10. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". En l'absence de telles circonstances particulières, les frais de l'expertise ordonnée par le président du tribunal administratif de Pau, sur la demande de Mme F, doivent être maintenus à la charge définitive de Mme F, partie perdante.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lectoure, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme F au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme F la somme demandée par la commune de Lectoure, au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise sont laissés à la charge définitive de Mme F.
Article 3 : Les conclusions de la commune présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F et à la commune de Lectoure.
Une copie en sera transmise, pour information, à l'expert.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
A. D La présidente,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026