vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100630 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 2 |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2021, Mme G H et M. D B, représentés par Me Desfarges, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 novembre 2020 en tant que le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à leur charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité et de les décharger du paiement de cet indu ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée, qui a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, ne comporte aucune des informations prévues par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, et cette omission les a privés d'une garantie ;
- la décision attaquée a méconnu les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration relatives à l'indication du prénom, du nom et de la qualité de l'auteur d'une décision administrative ;
- le recouvrement de l'aide exceptionnelle de solidarité ne pouvait être opéré par une retenue sur les autres prestations dès lors que l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ne s'applique qu'aux indus de revenu de solidarité active ;
- la décision est insuffisamment motivée en ce qu'elle n'indique pas le motif pour lequel l'allocataire n'est plus éligible à l'aide exceptionnelle de solidarité ;
- la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration a été méconnue ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors que les conditions d'attribution de la prime exceptionnelle sont incontestablement réunies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2023, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme H et M. B ne sont fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 janvier 2021.
Mme H a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et de la famille ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme F été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 30 mars 2023 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis le mois de mai 2014. A la suite d'un contrôle de sa situation, le contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques ayant conclu à une communauté de vie avec Mme H, à l'existence de ressources et de séjours à l'étranger non déclarés, ses droits ont été révisés et par une décision du 18 novembre 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à la charge de M. B et de Mme H un trop perçu de 11 482,18 euros correspondant à un indu de 10 709,76 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de mars 2019 à octobre 2020, un indu de 152,45 euros de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et l'indu de 150 euros relatif à l'aide exceptionnelle de solidarité. Par la présente requête, Mme H et M. B demandent l'annulation de cette décision en tant qu'elle met à leur charge le remboursement de la prime exceptionnelle de fin d'année ainsi que la décharge de l'obligation de rembourser la somme de 152,45 euros.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. En premier lieu, il n'est pas démontré, et il ne résulte pas davantage de l'instruction, que la décision attaquée a été prise à la suite d'un traitement algorithmique. Les indus litigieux, en ce compris l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité, ont résulté du contrôle de la situation de M. B donnant lieu au rapport d'enquête établi le 12 octobre 2020 sur la base duquel les droits de l'allocataire ont été révisés. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant et ne peut être qu'écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée du 18 novembre 2020 comporte la signature de son auteur, Mme A E, en sa qualité de responsable du Pôle contrôle interne, ainsi que la mention lisible des nom, prénom et qualité de celle-ci. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration manque en fait.
5. En troisième lieu, la décision attaquée comporte la mention des dispositions de droit dont le directeur de la caisse d'allocations familiales a fait application ainsi que l'indication de la nature de chacune des créances, notamment la prime exceptionnelle de solidarité, leurs montants et l'année ou la période qu'elles concernent, conformément aux exigences des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En quatrième lieu, si, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable", l'article L. 121 2 du même code précise que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction () ".
7. La décision litigieuse émane de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques qui est considérée comme un organisme de sécurité sociale en vertu du b) du 1° du I de l'article R. 111-1 du code de la sécurité sociale. Elle tend seulement à la récupération d'indus, dont celui de l'aide exceptionnelle de solidarité, et ne constitue pas une sanction. Dès lors, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration, une telle décision n'est pas soumise au respect d'une procédure contradictoire préalable. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions énoncées au point 6 est donc inopérant.
8. En cinquième lieu, M. B et Mme H prétendent que l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité aurait été récupéré par retenue sur les autres prestations alors que les dispositions de l'article L. 263-46 du code de l'action sociale et des familles réserveraient ce mode de recouvrement des créances de la caisse d'allocations familiales à l'indu de revenu de solidarité active. Toutefois, ils ne démontrent pas qu'une telle opération de recouvrement par retenue a été opérée pour cet indu, ce qui ne résulte pas davantage de l'instruction. Dans ces conditions et, en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article précité du code de l'action sociale et des familles doit être écarté.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires : " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : / 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ". L'article 2 de ce même décret dispose que : " I. - Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er du présent décret ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 euros sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois d'avril ou de mai ne soit pas nul. () ".
10. Il résulte des conclusions du rapport d'enquête établi le 12 octobre 2020 que les droits de M. B au revenu de solidarité active ont été rectifiés après que le contrôleur assermenté a constaté que celui-ci n'avait pas déclaré l'existence d'une vie commune avec Mme H ainsi que plusieurs séjours à l'étranger et des revenus perçus de tiers. M. B ne conteste pas les éléments pris en compte à la suite de ce contrôle. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la régularisation de la situation de M. B a eu pour conséquence de lui faire perdre ses droits au revenu de solidarité active au titre des mois de mai 2018 à octobre 2020. Dans ces conditions, en raison de l'absence de droit au revenu de solidarité active au titre des mois d'avril ou mai 2020, l'allocataire n'était plus éligible à l'aide exceptionnelle de solidarité. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation en tant qu'elle met à la charge des requérants le remboursement de l'aide exceptionnelle de solidarité, ne sont pas fondés et doivent être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme H et M. B tendant à l'annulation de la décision du 18 novembre 2020 en tant qu'elle concerne l'aide exceptionnelle de solidarité doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à la décharge du remboursement de cet indu et les conclusions accessoires présentées au titre des frais liés au procès.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme H et M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G H, à M. D B et à la caisse d'allocation familiales des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
La présidente
Signé
V. QUEMENERLa greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026